Les négociations pour protéger la forêt boréale sont rompues

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Les pourparlers pour protéger la forêt boréale avaient commencé en 2010.

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Ross Marowits
La Presse Canadienne
MONTRÉAL

Trois années de négociations entre Produits forestiers Résolu et des groupes environnementaux visant à protéger la forêt boréale canadienne semblent vouées à l'échec, les parties ne pouvant s'entendre quant aux portions de territoire devant être protégées.

Résolu a affirmé mardi ne pas pouvoir accepter une proposition des environnementalistes qui aurait, selon la compagnie, menacé des milliers d'emplois dans des municipalités isolées.

«Les dernières demandes des organisations environnementales qui nous ont été présentées lundi soir étaient si extrêmes, étaient si draconiennes qu'elles auraient forcé la fermeture de multiples usines, la cessation de multiples projets à travers le Québec et l'Ontario», a dit le porte-parole de l'entreprise Seth Kursman.

Des groupes environnementaux et Produits forestiers Résolu ont fait savoir mardi que leurs négociations dans le cadre de l'Entente sur la forêt boréale canadienne (EFBC) étaient rompues.

Déjà, Greenpeace et la coalition Canopy s'étaient récemment retirés des discussions prétextant qu'il n'y a eu aucun résultat depuis 2010.

Résolu (TSX:RFP) a déclaré mardi être déçue de l'incapacité des différents intervenants de s'entendre sur un plan pour trouver un équilibre entre les efforts de conservation et les considérations sociales et économiques.

«Ce qu'ils souhaitaient est le retrait de zones pour l'exploitation bien au-delà de ce que nous étions prêts à accepter puisqu'il s'agirait d'un total déséquilibre avec les trois principes directeurs de la durabilité», a évoqué le porte-parole de Résolu.

Les pourparlers ont commencé en 2010 lorsque sept organisations environnementales et 19 compagnies forestières ont convenu de se pencher sur les moyens de protéger le caribou des bois, une espèce menacée, tout en permettant l'accès aux entreprises à 72 millions d'hectares de forêt publique.

La Société pour la nature et les parcs et ForestEthics ont dit «suspendre leurs travaux» avec Résolu, tout en «demeurant engagés» dans la poursuite des travaux avec d'autres compagnies signataires.

L'Association des produits forestiers du Canada avait décrit l'Entente sur la forêt boréale canadienne (EFBC) comme la plus vaste et la plus complexe entente de ce genre jamais conclue dans le monde.

Ce mardi, l'Association a dit «regretter» que ses partenaires environnementaux aient suspendu les négociations dans le nord-ouest de l'Ontario et au Québec, mais a affirmé être «heureuse» qu'ils restent «déterminés à poursuivre le travail nécessaire» pour l'EFBC.

«Chaque semaine, une centaine de membres du personnel de ces entreprises travaillent dans des comités régionaux et nationaux partout au pays pour mettre en oeuvre l'Entente, (...) de Terre-Neuve aux montagnes Rocheuses», a fait valoir l'Association.

«Après une période de réflexion qui leur convient, nous encourageons nos partenaires environnementaux à revenir à la table avec Résolu», a-t-on ajouté.

Résolu affirme avoir fait une série de propositions, lors d'une dernière ronde intensive de négociations, qui comprenait notamment la conservation de 204 000 hectares additionnels de forêt dans le nord-ouest ontarien.

L'entreprise dit avoir aussi accepté de porter le pourcentage total de zones protégées à 12 pour cent au Québec, soit l'équivalent de 692 000 hectares de forêt québécoise, avec priorité aux meilleurs habitats pour les caribous des bois.

Le chef de la direction Richard Garneau estime que les communautés rurales et nordiques ainsi que les Premières Nations «ont déjà suffisamment payé le prix des défis économiques et de la concurrence auxquels l'industrie a fait face au cours de la dernière décennie».

Plusieurs groupes environnementaux ont affirmé que la volonté de continuer à travailler avec d'autres sociétés forestières demeurait solide, en dépit de la décision de suspendre les discussions avec Résolu.

«Nous sommes très heureux des solutions révolutionnaires auxquelles nous sommes parvenus dans le cadre de l'EFBC avec des compagnies telles que Tembec, Alberta Pacific Forest Industries, et Millar Western Forest Products, respectivement du nord-est de l'Ontario et de l'Alberta» a déclaré Patrick Nadeau, directeur général de la Société pour la nature et les parcs (SNAP Québec).

Ces groupes disent avoir suspendu les travaux jusqu'à ce que Résolu «puisse s'engager envers un plan de conservation scientifiquement défendable qui donnerait au caribou une chance de survie raisonnable».

«Nous croyons que Résolu ne respecte pas son engagement d'assurer la survie du caribou dans les forêts où elle opère. À notre avis, Résolu n'a jusqu'à maintenant pas prouvé qu'elle désirait parvenir à un équilibre entre ses intérêts économiques et la survie locale d'une espèce menacée à l'échelle du Canada» a soutenu Todd Paglia de ForestEthics.

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