Fort déclin des ours polaires dans l'Arctique canadien

L'ours polaire, considéré comme globalement menacé, a été... (Photo STEVE AMSTRUP, AP)

Agrandir

L'ours polaire, considéré comme globalement menacé, a été placé sous la loi américaine des espèces en danger en 2008.

Photo STEVE AMSTRUP, AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Agence France-Presse
WASHINGTON

La population d'ours polaires dans le nord-ouest de l'Arctique canadien et en Alaska, sur les bords de la mer de Beaufort, a diminué de 40% dans les années 2000, selon une recherche américano-canadienne.

Les auteurs pointent du doigt le réchauffement climatique responsable de la fonte de la banquise, le principal habitat de ces animaux où ils trouvent leur nourriture, principalement des phoques.

Cette étude conduite par les experts de l'Institut américain de géophysique (USGS) constate que le taux de survie des ours adultes et des oursons a été particulièrement bas de 2004 à 2006, la période durant laquelle le déclin de la population de ces animaux menacés a été le plus flagrant.

«Sur les 80 oursons dénombrés et suivis en Alaska entre 2004 et 2007, seuls deux apparemment ont survécu», précise Jeff Bromaghin, un statisticien de l'USGS, le principal auteur de ces travaux parus lundi.

La survie des ours blancs adultes et des oursons dans cette région a apparemment commencé à s'améliorer à partir de 2007, conduisant à une stabilisation de la population à environ 900 ours en 2010, dernière année de cette étude.

Mais le nombre d'oursons ayant survécu a baissé pendant les dix années de cette recherche (2001-2010, suggérant que les conditions sont restées précaires pour la survie des jeunes ours tout juste séparés de leur mère.

Ces scientifiques pensent qu'un accès limité à des phoques durant l'été et l'hiver a sans doute contribué à ce bas taux de survie pendant cette période.

Bien que certains ours dans cette population reviennent sur la côte à l'automne, la plupart restent sur la banquise alors qu'ils migrent vers le nord du bassin arctique et loin du littoral, où il y a moins de phoques.

Le fait que les glaces soient plus fines en hiver, se brisant plus facilement pour dériver, rend sans doute la capture des phoques plus ardue pour les ours.

Toutefois, ces experts n'excluent pas d'autres causes potentielles comme une moindre abondance des phoques.

«Le faible taux de survie dans les années 2000 pourrait avoir résulté d'une combinaison de facteurs», estime Jeff Bromaghin. «Nous ignorons aussi les raisons pour lesquelles la survie de cette population d'ours blancs s'est améliorée à partir de 2007, ce qui fait que nous continuons nos recherches et [continuons] à surveiller ces animaux».

L'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) va utiliser ces nouvelles estimations pour étudier les tendances d'évolution de toutes les populations d'ours polaires dans le monde, estimées au total à 20 000 à 25 000 animaux. Ceux-ci vivent tous dans l'Arctique.

Actuellement quatre de ces populations, dont celle suivie par cette étude, sont considérées en déclin tandis que cinq sont jugées stables. Une d'entre elles est en augmentation. Quant aux neuf autres, les chercheurs estiment que les données sont insuffisantes pour tirer des conclusions.

L'ours polaire, considéré comme globalement menacé, a été placé sous la loi américaine des espèces en danger en 2008.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer