Le Japon au coeur des débats de la Commission baleinière

Un jugement de la Cour internationale de justice... (PHOTO EUGENE HOSHIKO, ARCHIVES AP)

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Un jugement de la Cour internationale de justice a estimé, fin mars, que Tokyo détournait à des fins commerciales la dérogation permettant de chasser en Antarctique dans un but scientifique, la baleine étant notamment prisée pour sa viande au Japon.

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Agence France-Presse
PORTOROZ, Slovénie

La Commission baleinière internationale (CBI) a entamé lundi à Portoroz (Slovénie) sa 65e session, qui promet de vifs débats notamment autour des nouvelles intentions du Japon en matière de chasse.

Cette session, réunissant les représentants des 88 pays de la CBI, avec à leur programme plusieurs dossiers épineux, doit se tenir jusqu'à jeudi.

C'est la toute première depuis le jugement de la Cour internationale de justice (CIJ) qui a estimé, fin mars, que le Japon détournait à des fins commerciales la dérogation permettant de chasser en Antarctique dans un but scientifique. Le Japon était alors le seul pays à recourir à cette exception.

«La commission baleinière a trop longtemps tardé pour adopter des réformes protégeant les baleines de chasses prétendument scientifiques qui sont, en réalité, une couverture pour une moisson de chair de baleine», a déclaré lundi Aimee Leslie, de la délégation du Fonds mondial pour la nature (WWF) présente dans la station slovène pour la conférence.

Au printemps, le Japon a d'abord dit qu'il respecterait la décision de la juridiction onusienne, renonçant à sa campagne 2014-2015 en Antarctique. Mais Tokyo a depuis dévoilé son intention de présenter pour 2015-2016 un programme de chasse scientifique.

Ces intentions sont vigoureusement contestées par d'autres États membres, à commencer par la Nouvelle-Zélande qui doit présenter un projet de résolution visant à mieux réguler la chasse à visée scientifique.

Autre sujet sensible, le quota alloué au Groenland, au titre de la chasse aborigène, que le Danemark souhaiterait voir accru.

Le Groenland est privé de quota depuis 2012, depuis le rejet d'une proposition déjà défendue par Copenhague, incluant une hausse du nombre d'individus pouvant être tués. Mais le Groenland a continué à chasser et aujourd'hui certains, comme Greenpeace, accusent de dérive un territoire où certains restaurants proposent désormais aux touristes des plats à base de baleine.

Déjà abordée lors de précédentes sessions, la création de sanctuaires dans l'Atlantique-Sud sera de nouveau sur la table, mais devra être approuvée par 75 % des pays. La création de sanctuaires vise à sécuriser des zones même si à l'avenir le moratoire sur la chasse devait être levé ou allégé.

La Norvège et l'Islande font partie de la CBI, qui est chargée de veiller au «développement ordonné» de la chasse et à la conservation des baleines. Mais elles ont rejeté le moratoire de 1986 et continuent la chasse commerciale.

Depuis la mise en place de ce moratoire, les populations sont globalement en augmentation, mais certaines espèces restent très menacées, comme la baleine grise du Pacifique nord-ouest, la baleine franche de l'Atlantique nord-ouest et la baleine bleue, espèce emblématique, car c'est le plus grand animal de la planète. Les baleines sont également victimes de collisions avec les bateaux et de la pollution sonore.




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