Le requin, victime collatérale de la pêche au thon rouge

Près de 73 millions de requins sont tués... (Photo: Pichi Chuang, Reuters)

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Près de 73 millions de requins sont tués chaque année, principalement pour leurs ailerons, prisés par la cuisine asiatique. Ci-dessus, des travailleurs trient des carcasses de requins dans un entrepôt du sud de Taiwan.

Photo: Pichi Chuang, Reuters

Agence France-Presse
Istanbul, Turquie

Les États pêcheurs de thon rouge, réunis à Istanbul du 11 au 19 novembre pour évaluer les mécanismes en place pour assurer la préservation de cette espèce, doivent aussi renforcer la protection des requins, victimes collatérales de leur activité, ont recommandé mardi des ONG.

Les trois quarts des espèces de requins grands migrateurs victimes de la pêche au thon sont menacés d'extinction, affirme un rapport diffusé par l'association de défense de l'environnement marin Oceana en marge d'une réunion de la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l'Atlantique (CICTA).

Mais moins d'un pour cent des requins pêchés dans l'Atlantique bénéficient de mesures de protection, selon ce rapport.

«Les États pêcheurs de l'Atlantique ne peuvent plus ignorer que des populations de requins sont décimées par les pêcheries de la CICTA», a déclaré Elizabeth Griffin Wilson, une responsable d'Oceana.

L'ONG appelle les 48 États de la CICTA à «interdire la capture d'espèces particulièrement en danger, comme le requin-taupe commun et le requin soyeux», et à limiter les prises pour le requin bleu et le requin-taupe bleu.

La CICTA n'a pour l'instant mis en place des mesures de protection que pour trois espèces de requins: le requin-marteau, le requin océanique et le requin-renard.

L'ONG américaine Pew Environment Group recommande pour sa part l'utilisation de nouveaux matériels, qui permettront aux requins de s'échapper sans porter atteinte au rendement des thoniers, notamment des filins en nylon, aisément sectionnables par un requin, mais pas par un thon, pour relier les hameçons aux longues lignes déployées par les navires de pêche.

«L'interdiction des filins métalliques et celle de capturer certaines espèces aideraient à réduire le grand nombre de requins pris et tués dans les pêcheries de l'Atlantique», a déclaré Jill Hepp, de Pew.

Selon l'association, citant la CICTA, les requins représentaient un quart du total des prises de la pêche à la palangre pélagique (avec de très longues lignes sur lesquelles sont accrochées des milliers d'hameçons, tirées par des navires) entre 1992 et 2003.

Près de 73 millions de requins sont tués chaque année, principalement pour leurs ailerons, prisés par la cuisine asiatique, ajoute Pew.




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