Des groupes américains s'en prendraient aux importations de crabes des neiges canadiens

La baleine noire de l'Atlantique Nord est une... (PHOTO Stephan Savoia, archives Associated Press)

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La baleine noire de l'Atlantique Nord est une espèce en voie de disparition au Canada. Pêches et Océans Canada estime qu'il n'en reste qu'environ 500 dans le monde.

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Mia Rabson
La Presse Canadienne
Ottawa

Une alliance de groupes environnementaux aux États-Unis se prépare à demander à Washington de bannir les importations de crabes des neiges du Canada à moins que le gouvernement fédéral n'accentue ses efforts pour sauver les baleines noires de l'Atlantique Nord menacées.

Une autre baleine noire a été retrouvée morte dans l'Atlantique cette semaine, portant à 16 le nombre de mammifères de l'espace menacés qui sont morts au large de la côte est du Canada et des États-Unis depuis l'été.

Des investigations ont montré que la plupart de ces baleines étaient mortes après avoir été heurtées par des bateaux ou prises au piège dans des gréements de pêche, et que 13 de ces décès étaient survenus dans le golfe du Saint-Laurent.

Kristen Monsell, une avocate pour le Centre pour la diversité biologique, a soutenu qu'un article de la Fishermen's Protective Act aux États-Unis permet à la Maison-Blanche d'interdire les importations de poissons ou de fruits de mer d'un pays si cette pêche nuit aux efforts de préservation d'une espèce menacée.

Mme Monsell a indiqué que le crabe des neiges était visé, car le Canada ne compte pas de réglementation contraignante en vigueur pour les gréements ou les lignes reliés au crabe des neiges qui pourrait contribuer à éviter que les baleines soient piégées dans ces pièces d'équipement. Selon elle, le Canada a reconnu que sept baleines noires s'étaient prises dans des gréements pour le crabe des neiges cet été, et que deux étaient mortes.

Le 18 septembre, une baleine noire morte avait été amenée sur le rivage encore attachée à un large piège pour crabe des neiges. Mme Monsell a aussi fait valoir que le Canada avait doublé ses quotas pour le crabe des neiges cette année.

Mme Monsell a affirmé que les groupes n'en sont que dans les premières étapes sur la manière d'aborder le problème canadien, ce qui fait qu'ils n'ont pas encore interpellé le gouvernement américain sur l'interdiction des importations de crabes des neiges.

Le secteur d'exportation du crabe des neiges constitue le deuxième plus profitable pour le Canada du côté des poissons ou des fruits de mer et environ les trois quarts des exportations vont aux États-Unis, signifiant que la menace d'une perte d'accès au marché américain serait d'une importance considérable.

Le groupe de Mme Monsell figure parmi quatre organisations ayant publié conjointement une lettre de 15 pages au premier ministre, Justin Trudeau, et au ministre des Pêches, Dominic LeBlanc, le 2 octobre, appelant à des actions d'urgence. Elle a affirmé que les groupes n'avaient pas encore obtenu de réponse.

Dans une déclaration à La Presse canadienne, M. LeBlanc a affirmé que le gouvernement envisageait toutes les options pour protéger les baleines, incluant la gestion des pêches.

«Notre gouvernement prend très au sérieux la protection, la préservation et le rétablissement de la baleine noire de l'Atlantique Nord, et nous sommes engagés à prendre toutes les mesures nécessaires pour aider à prévenir les décès de baleines à l'avenir», a dit M. Leblanc.

Le ministre sera l'hôte d'une rencontre d'officiels des secteurs de la pêche, du tourisme et du transport, de même que de groupes environnementaux, de communautés autochtones et de responsables américains à Moncton, le 9 novembre, où, a-t-il indiqué, le seul élément à l'ordre du jour sera la manière d'éviter une répétition des décès survenus cet été.




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