Négos sur le climat: Washington, acteur incontournable et inconstant

Des manifestants ont pris part à une marche... (Photo Joshua Roberts, archives REUTERS)

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Des manifestants ont pris part à une marche en faveur du climat et se sont rendus devant la Maison-Blanche, le 29 avril à Washington.

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Mariëtte Le Roux
Agence France-Presse
BONN

Deux pas en avant, un pas en arrière, ainsi va la relation des présidents américains au combat climatique, au gré des changements de majorités politiques, relèvent les experts.

Bien avant Donald Trump, d'autres présidents auront freiné, au cours des 20 dernières années, les négociations internationales contre le réchauffement. D'autres, en particulier Barack Obama en 2015, ont permis des avancées spectaculaires.

Tout commence en 1992 au Sommet de la Terre de Rio. Le rendez-vous installe la Convention de l'ONU sur les changements climatiques et lance les négociations en vue d'un accord mondial, qui passe par la réduction des émissions de gaz à effet de serre issues notamment des énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon).

Déjà, les États-Unis, premier pollueur mondial, résistent à toute idée de restrictions imposées d'« en haut » pour leurs émissions.

« Le mode de vie américain ne se négocie pas. Point final », déclare le président George H. W. Bush à Rio.

« À cette époque déjà, les intérêts du pétrole se font sentir dans le processus », note Mohamed Adow, responsable climat de l'ONG Christian Aid.

Kyoto

Pour le protocole de Kyoto, là encore Washington refuse de se voir imposer des obligations, et estime que les pays en développement doivent assumer une part du fardeau. Les tractations durent jusqu'à ce qu'un accord soit finalement scellé en 1997, satisfaisant les demandes américaines.

Le traité est signé par le vice-président démocrate Al Gore, mais n'a pas le soutien du Sénat.

Le républicain George W. Bush qualifie le texte d'« injuste et inefficace », et en 2001, annonce qu'il ne sera pas ratifié.

Pourquoi ? De peur que la Chine et d'autres pays émergents trouvent là un avantage pour exploiter les énergies fossiles, estiment les experts.

Le protocole de Kyoto entre en vigueur en 2005, engageant 37 pays développés à réduire leurs émissions, mais pas les États-Unis. Le retrait américain facilitera plus tard celui du Canada, de la Nouvelle-Zélande, du Japon et de la Russie.

Le plan de Bali

En 2007, les négociateurs climat se retrouvent à Bali pour leurs négociations annuelles et tenter de remplacer Kyoto.

L'administration Bush de nouveau s'oppose à tout traitement différent entre les pays développés, pollueurs historiques, et les pays en développement. Mais cette fois la délégation américaine est huée.

Finalement, un « plan d'action de Bali » est entériné, visant à l'adoption d'un nouveau traité climat en 2009.

Pourtant la COP Copenhague cette année-là s'achève sur un âpre conflit entre pays du nord et du sud. Les États-Unis, soutenus par d'autres Etats, refusent que l'accord soit contraignant. La conférence se termine sans le pacte mondial espéré.

Paris

L'accord de Paris, signé en 2015, est finalement un compromis, avec des principes contraignants accompagnés d'engagements nationaux fixés par chaque pays sur la base du volontariat.

La forme très souple du texte et des obligations permet aussi à l'administration Obama de se passer de la ratification d'un Sénat hostile.

Mais c'est justement cette souplesse, et l'absence de sanctions, qui permettraient aujourd'hui à Donald Trump de renoncer aux engagements américains sans répercussions immédiates.

Pour Chai Qimin, du Centre national pour la stratégie climatique, un think tank chinois, le rôle des États-Unis fonctionne par cycles, en fonction des résultats électoraux.

Après l'échec de Kyoto, « il a fallu attendre près de 10 ans » avant Paris, relève-t-il. « Allons-nous devoir attendre de nouveau ? Peut-être. Et après [Trump], un président proclimat sera-t-il élu ? Peut-être pas ».




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