Villes et États américains mobilisés contre le changement climatique malgré Trump

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Jean-Louis Santini
Agence France-Presse
Washington

Même si Donald Trump désengage l'État fédéral de la lutte contre le changement climatique, nombre de municipalités et d'États américains, même dirigés par des républicains, poursuivent agressivement leurs efforts en faveur des énergies renouvelables et pour réduire leur empreinte carbone.

Une trentaine d'États ont fixé des normes forçant les compagnies d'électricité à fortement accroître leur part d'énergies renouvelables dans la prochaine décennie, au détriment du charbon. Outre les traditionnels bastions démocrates et pro-environnement de la Californie et de New York, on compte aussi des États dirigés par des gouverneurs républicains, comme l'Ohio, l'Illinois, le Michigan, le Texas ou l'Iowa.

«Ce qui m'a surpris, c'est de voir combien des gouverneurs républicains, avec l'appui des démocrates, parient sur le potentiel de développement économique et d'investissement en embrassant de nouvelles technologies dans l'efficience énergétique et les énergies propres, et ce malgré le fait que l'administration Trump s'en détourne et essaye même de dresser des obstacles», explique Dick Munson, chargé de la promotion des énergies renouvelables dans le Midwest pour l'ONG Environnemental Defense Fund.

Dans l'Illinois, le gouverneur républicain Bruce Rauner a ainsi récemment signé un projet de loi négocié avec une Assemblée à majorité démocrate prévoyant plus de 200 millions de dollars d'investissements par an dans les énergies renouvelables.

Selon Dick Munson, «il s'agit probablement de la loi la plus étendue dans le pays pour promouvoir les sources d'énergie propres» avec le potentiel de mobiliser jusqu'à quinze milliards de dollars sur dix ans.

Large mobilisation

Dans l'Ohio, le gouverneur John Kasich, un rival de Donald Trump à la primaire républicaine pour la dernière présidentielle, a mis son veto à un projet de loi qui aurait revu à la baisse les objectifs en matière d'énergies renouvelables.

Et dans le très conservateur Texas, l'ancien gouverneur républicain Rick Perry, devenu secrétaire à l'Énergie du président Trump, avait largement ouvert le marché de l'énergie éolienne, avant de se prononcer récemment pour que les États-Unis restent dans l'accord de Paris sur le climat.

Conclu fin 2015 par plus de 190 pays, l'accord de Paris vise à limiter le réchauffement planétaire à moins de deux degrés Celsius par une réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Le Texas «produit plus d'énergie éolienne que tout autre État» américain, précise Dick Munson, représentant un quart des capacités éoliennes américaines et 12,7 % des besoins texans. Avec les turbines en construction, le vent devrait bientôt fournir 16 % de l'électricité texane.

La part de l'éolien dans la production électrique américaine était de 5,6 % en 2016, selon l'U.S Energy Information Administration.

La large mobilisation des élus démocrates comme républicains au niveau des municipalités, des comtés et des États «offre probablement la possibilité de tenir les engagements américains dans l'accord de Paris, même si l'administration Trump ne coopère pas», juge Mary Anne Hitt, du Sierra Club, la plus grande organisation écologiste américaine.

Transition énergétique amorcée

«Nous ne construisons plus de centrale à charbon dans ce pays», une importante source d'émissions carboniques, souligne-t-elle.

Depuis 2010, 175 centrales ont été fermées, mais il en reste 270, produisant 30 % de l'électricité américaine, contre 33,8 % pour les centrales au gaz naturel, 19,7 % pour le nucléaire et 15 % pour les énergies renouvelables (hydroélectrique, éolien, solaire, biomasse et géothermie).

Avec la révolution de l'énergie propre «devenue bon marché» et l'abondance du gaz naturel produit aux États-Unis, le charbon est de moins en moins compétitif, précise la responsable du Sierra Club. Selon elle, la fermeture de 73 autres centrales est prévue d'ici 2030, malgré le soutien de M. Trump à cette énergie «sale».

«Les États et les municipalités sont les lieux où sont prises les décisions sur l'approvisionnement et la production électrique, ce n'est pas à Washington et Trump ne peut pas faire grand-chose pour peser», pointe Mary Anne Hitt.

«L'engagement des maires et gouverneurs américains en faveur de mesures pour le climat n'a jamais été aussi solide», estime Gino van Begin, secrétaire général du Conseil international pour les initiatives écologiques locales (ICLEI), une association parrainée par l'ONU. Plus de 200 villes et comtés aux États-Unis en sont membres, précise-t-il.

Selon lui, «l'économie américaine a déjà amorcé la transition vers une réduction du carbone». Le PIB du pays a connu 10 % de croissance depuis 10 ans, et en même temps les émissions de CO2 ont diminué de 9 %, a-t-il relevé.




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