Climat: incertitude sur ce que fera le président Trump

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Jean-Louis Santini
Agence France-Presse
Washington

Une fois président, Donald Trump devra clarifier sa position sur le réchauffement climatique, une des décisions les plus attendues dans le monde: l'Amérique s'alignera-t-elle avec les climato-sceptiques minoritaires ou faut-il voir dans des déclarations plus récentes un signe d'ouverture et de pragmatisme ?

Il avait dit en 2012 que le changement climatique était un canular des Chinois pour saper la compétitivité des industries américaines, promettant à plusieurs reprises pendant sa campagne de retirer les États-Unis de l'accord de Paris sur le climat, cosigné par plus de 190 pays et dans lequel Barack Obama a joué un rôle décisif.

Mais après son élection, Donald Trump a déclaré le 23 novembre dans un long entretien décousu avec le New York Times qu'il «avait l'esprit ouvert» sur cette question, ajoutant dans une suite de déclarations un peu confuses: «nous allons regarder cela très soigneusement».

Le président élu a également dit penser qu'il y avait «un lien, quelque chose» entre le réchauffement et les activités humaines, ajoutant aussitôt que «ça dépendait de l'ampleur de l'impact (...) et de combien ça coûte aux entreprises», suggérant que les mesures de lutte contre le changement climatique affectent leur compétitivité, un critère majeur pour le milliardaire.

M. Trump a ainsi dit qu'il voulait limiter les pouvoirs de l'Agence de protection de l'environnement (EPA), fustigeant les réglementations jugées excessives et anti-compétitives.

L'EPA est le principal outil réglementaire utilisé par M. Obama pour réduire les émissions de CO2, principal gaz à effet de serre des centrales au charbon et les véhicules de transport.

Déclarations plus conciliantes

Les déclarations plus conciliantes similaires ont également été entendues dernièrement par plusieurs des personnes nommées à des postes-clés sur le climat et l'environnement. Celles-ci pourraient aussi laisser penser à un assouplissement de positions antérieures très tranchées mettant en doute ou rejetant carrément les conclusions de la science du climat.

L'ex-PDG du géant pétrolier ExxonMobil, Rex Tillerson, retenu pour diriger la diplomatie américaine, a ainsi estimé lors d'une audition au Sénat qu'il estimait «important» que les États-Unis restent engagés au niveau international pour affronter les menaces globales du réchauffement, acceptant aussi l'idée que les activités humaines puissent avoir un impact. Il avait toutefois ajouté que la science du climat «n'est pas concluante».

Scott Pruitt, nommé à la tête de l'EPA, a tenu des propos similaires devant une commission sénatoriale, estimant que les activités de l'homme affectent le changement climatique, mais que l'ampleur de cet impact faisait encore débat.

Cet ancien ministre de la Justice de l'Oklahoma, perçu comme climato-sceptique, a combattu dans cette fonction d'importantes régulations fédérales sur l'environnement qui affectent le secteur industriel, menant quatorze actions en justice contre l'EPA.

Mais ces déclarations plus nuancées sont loin de convaincre la communauté scientifique.

Rush Holt, le directeur de l'American Association for the Advancement of Science, qui publie la prestigieuse revue Science, estime que «l'incertitude et l'angoisse se sont en fait accrues depuis l'élection, car Trump à travers son équipe continue à envoyer des messages contradictoires sur sa compréhension et le respect des faits scientifiques».

De ce fait, «il est difficile de savoir ce qu'il pense» et va faire sur le climat et l'environnement, explique à l'AFP ce physicien, et ancien élu du Congrès.

L'argument économique

Il pointe notamment une lettre de l'équipe de transition de Trump au département de l'Énergie exigeant les noms des scientifiques qui travaillent sur le climat. Le ministère a refusé dénonçant publiquement une chasse aux sorcières. Peu après, un porte-parole de M. Trump est revenu sur cette décision «non autorisée».

Plus optimiste, Melinda Pierce du Sierra Club, une grande organisation écologique, pense qu'il ne sera pas facile de défaire rapidement les réglementations environnementales complexes qui s'appuient sur la science ou de dénoncer les accords internationaux auxquels sont liés les États-Unis.

«Je crois qu'il y aura une très forte pression internationale pour dissuader Trump de se retirer de l'accord de Paris», dit-elle à l'AFP citant les nombreuses réactions négatives de dirigeants mondiaux. Les États-Unis sont le deuxième plus grand émetteur de gaz à effet de serre après la Chine.

L'argument économique pourrait être décisif pour que Donald Trump tranche en faveur de la lutte contre le réchauffement, fait valoir le climatologue Michael Mann de la Penn State University.

«Le reste du monde ne débat plus du changement climatique, mais s'investit dans la rapide transition vers des énergies sans carbone», explique-t-il à l'AFP.

«Je ne crois pas que les républicains veulent voir le pays distancé dans la grande révolution économique du 21e siècle qui permet de créer de plus en plus d'emplois tout en luttant contre le réchauffement», espère le scientifique.




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