COP21: une semaine pour trouver un accord sur le climat

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Anthony LUCAS
Agence France-Presse
LE BOURGET

Le plus dur commence: les ministres chargés de négocier un accord mondial sur le climat commençaient à arriver dimanche à Paris avant de lancer lundi matin au Bourget une semaine cruciale pour la planète.

La Conférence de l'ONU sur le climat, qui doit aboutir vendredi à un accord universel d'une ambition inédite permettant de contenir le réchauffement sous le seuil de 2°C par rapport à l'ère préindustrielle, « reste sur la bonne voie », a estimé dimanche le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, qui a rencontré des ministres africains à Paris.

« De façon générale, nous observons une volonté et un esprit positif autour du processus », a-t-il souligné.

Les ministres des quelque 195 pays participant aux négociations ont rendez-vous lundi matin au Bourget pour plancher sur le texte de 48 pages élaboré depuis mardi par les négociateurs. Ils devront trancher sur le fond parmi les nombreuses options encore présentes dans ce texte touffu qui évoque aussi bien l'objectif de 2°C que la question de la répartition des efforts entre les pays, les moyens à mettre en oeuvre pour s'adapter au changement climatique ou la cruciale question des financements.

Cette deuxième phase des discussions, après une première semaine marquée par la présence de plus de 150 chefs d'États et de gouvernement en ouverture, débutera à 10 h (4 h, heure de l'Est). L'optimisme qui soufflait samedi sur la conférence sera-t-il encore de mise? Car le plus dur commence.

L'ébauche d'accord actuellement sur la table constitue un « progrès » mais « il reste à approfondir et concrétiser », a rappelé samedi le résident de la COP, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius. Il a souhaité que l'accord final puisse être achevé dès jeudi, pour permettre son adoption vendredi conformément au calendrier prévu, ce qui en soit constituerait déjà un tour de force pour des négociations qui généralement jouent les prolongations pour au moins 24 heures.

Sur une trajectoire de 3°C 

« Les positions des États sont encore très éloignées sur des points essentiels. Mais nous n'avons plus le temps pour un jeu de poker menteur. Dès leur arrivée à Paris les ministres vont devoir abattre leurs cartes », estime Célia Gautier du collectif d'ONG Réseau action climat.

« La question du financement reste à la traîne, avec très peu de progrès sur la somme dont disposeront les plus pauvres pour s'adapter au changement climatique » à partir de 2020, remarque pour sa part l'ONG Oxfam.

« Soyons francs: tous les sujets politiques difficiles restent non résolus », a indiqué samedi le négociateur de l'Union européenne Miguel Arias Canete. Pour le délégué chinois Su Wei, les négociateurs ont réuni « tous les ingrédients et les assaisonnements pour réaliser une recette ». La semaine prochaine marque « le passage en cuisine », a-t-il ajouté, évoquant le travail des ministres.

Le financement de l'aide climatique aux pays du Sud par ceux du Nord et la question de la répartition des efforts entre pays développés, émergents et en développement ne sont pas les seuls points épineux. La question des « pertes et dommages » portant sur les aides qui pourraient être apportées à certains pays pour faire face aux impacts irréversibles du réchauffement, ou l'instauration de rendez-vous pour revoir les engagements sont également des sujets de tensions.

La quasi-totalité des pays participant aux discussions ont publié leurs engagements pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Mais ces engagements n'empêcheront pas le thermomètre mondial de grimper de quelque 3°C par rapport à l'époque préindustrielle, selon différentes estimations.

Or, les scientifiques redoutent qu'au-delà de 2°C l'adaptation soit impossible dans de nombreuses régions en raison de sécheresses, inondations accrues, baisse des rendements agricoles, érosion des côtes...

« Je refuse de rentrer à la maison sans un accord me permettant de regarder mes petits-enfants dans les yeux et de leur dire: ''Papa est rentré, j'ai un bon accord pour vous'' », a prévenu samedi au Bourget Tony de Brum, ministre des Affaires étrangères des îles Marshall, petit archipel du Pacifique, en première ligne face à la hausse du niveau des océans provoquée par le réchauffement.

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