GES: la cible des conservateurs sera le plancher, dit McKenna

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L'ancien gouvernement conservateur s'était donné comme but de réduire de 30 % les émissions par rapport aux niveaux de 2005 d'ici 2030.

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Bruce Cheadle
La Presse Canadienne
OTTAWA

La nouvelle ministre canadienne de l'Environnement a déclaré que la cible de réduction des gaz à effet de serre fixée par les conservateurs doit être vue comme un plancher.

Catherine McKenna est à Paris pour participer à des rencontres ministérielles préparatoires en vue du sommet des Nations unies sur les changements climatiques qui s'amorcera à la fin du mois.

Les libéraux refusent d'établir un objectif clair en matière de réduction des émissions de GES, soutenant que le gouvernement fédéral doit d'abord élaborer un plan crédible en collaboration avec les provinces.

Depuis son entrée en poste, Mme McKenna esquive les questions sur les cibles concrètes à atteindre et les écologistes se sont plaints que Justin Trudeau allait présenter à la communauté internationale le plan de son prédecesseur, Stephen Harper.

La ministre a ainsi indiqué que la proposition des conservateurs serait le plancher, mais que les libéraux souhaitaient faire mieux. « Ce sera le plancher, mais nous tenterons certainement de faire mieux », a-t-elle déclaré lors d'une conférence téléphonique avec des journalistes, lundi.

L'ancien gouvernement conservateur s'était donné comme but de réduire de 30 % les émissions par rapport aux niveaux de 2005 d'ici 2030. Le Canada, cependant, est encore bien loin d'atteindre les cibles de 2020 en vertu de l'accord de Copenhague et les conservateurs n'avaient pas annoncé de mesures pour respecter l'objectif ambitieux de 2030.

Le but, selon Mme McKenna, est d'abord « de prendre conscience ce qu'on peut faire ». « On peut avoir des cibles, mais on doit être capable d'atteindre ces cibles et on doit poser des actions concrètes [pour y arriver] », a-t-elle expliqué.

Les précédents gouvernements canadiens - tant libéraux que conservateurs - ont déjà donné leur accord à des réductions de carbone, mais n'ont jamais adopté la réglementation nécessaire pour faire de ce principe une réalité. Les conservateurs ont échoué dans leur tentative de réglementer les secteurs pétrolier et gazier malgré des promesses en ce sens.

« C'est pour cette raison qu'il est si important de s'asseoir avec les provinces et les territoires et de voir comment nous pouvons tous faire notre part. La plupart des [responsabilités] tombent dans les compétences des provinces », a soutenu la ministre canadienne.

Les premiers ministres des provinces ont été invités par le premier ministre Trudeau à Paris au début du mois de décembre, mais on ne sait pas encore ce que le Canada proposera à la conférence internationale.

Catherine McKenna, une avocate en commerce international qui a travaillé aux Nations unies notamment pour négocier un accord de paix au Timor oriental, affirme qu'elle a participé à des rencontres bilatérales avec des ministres français et mexicains. Elle devrait s'entretenir avec son homologue américain avant de revenir au Canada, mercredi.

Elle se joint à des négociations qui font l'objet de préparation depuis des années, alors que plusieurs désaccords demeurent à seulement quelques jours du début de la conférence - dont le financement des pays en voie de développement pour qu'ils réduisent leurs émissions de GES.

Mme McKenna a souligné le rôle important du Canada dans d'autres organisations internationales, dont l'organisation de la Francophonie et le Commonwealth.

« D'une certaine manière, c'est un bon moment pour arriver. C'est ce que mes collègues m'ont dit, nous amenons une nouvelle vitalité », a-t-elle ajouté.

Or, tout ce nouvel élan, la bonne foi et l'ouverture à négocier avec les provinces ne suffiront pas, selon les groupes environnementaux.

Ce dialogue entre le gouvernement fédéral et les provinces est positif en soi, selon Steven Guilbault, de l'organisme Équiterre. Mais il rappelle que les libéraux devront prendre des décisions difficiles éventuellement.

Il a entre autres mentionné le cas de Brad Wall, premier ministre de la Saskatchewan. « Est-ce que Brad Wall aura une prise de conscience et dira: ''Oui, allons-y. Je suis totalement prêt?'' Non, nous devons être réalistes sur cela. Ce n'est pas tout le monde qui sera d'accord », a-t-il indiqué.

Mme McKenna n'a pas été en mesure d'indiquer comment les promesses des libéraux sur l'environnement allaient avoir un impact sur les demandes d'autorisation d'oléoducs qui sont déjà en cours.

Elle se rendra en Alberta la semaine prochaine pour rencontrer la première ministre Rachel Notley.

« Nous aurons beaucoup de difficulté à mettre nos ressources sur le marché si nous ne pouvons pas démontrer que nous posons des actions crédibles pour s'attaquer aux changements climatiques », a-t-elle conclu.

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