Petite avancée à Bonn, six mois avant la conférence climat de Paris

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Les négociations sont «un processus qui avance pas à pas», a fait valoir Christiana Figueres, la responsable climat de l'ONU.

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Dominique SCHROEDER, Catherine HOURS
Agence France-Presse
BONN, Allemagne

Après dix jours de laborieuses discussions à Bonn, les négociateurs sur le climat se sont quittés jeudi sur une note optimiste, avec la promesse d'un «avant-projet» de texte pour la conférence de Paris, au moins un mois avant ce rendez-vous crucial.

«Ces négociations à Bonn ont été utiles, nous ne devrions pas être frustrés et déçus», a estimé Laurence Tubiana, négociatrice pour la France.

«Ce n'est pas du marchandage», c'est une affaire de «volonté» et de confiance, a-t-elle insisté. «Ne soyez pas trop impatients, on va y arriver!», a-t-elle lancé, se disant «optimiste» à six mois de la conférence climat de Paris (COP 21), censée accoucher en décembre du premier accord universel contre le réchauffement climatique.

Un «avant-projet» de texte de négociation pour la conférence de Paris devrait être prêt d'ici fin octobre, ont promis jeudi les deux coprésidents des débats.

«Les gens se demandent peut-être ce que nous avons fait depuis deux semaines, eh bien je pense que nous avons fait beaucoup», a plaidé l'Américain Daniel Reifsnyder lors d'une conférence de presse avec son collègue algérien Ahmed Djoghlaf.

«Les parties ont accepté que nous-mêmes préparions un document de travail» sur la base du texte en discussion, a-t-il déclaré. Jeudi en fin de session, les États ont confié aux coprésidents le soin de continuer à y travailler durant l'été.

Rallier l'ensemble des délégués est un élément clé dans la réussite d'un processus à 196, basé sur le consensus, a encore expliqué l'Américain.

Les négociations sont «un processus qui avance pas à pas», a fait valoir Christiana Figueres, la responsable climat de l'ONU.

Les délégués des 196 membres de la convention de l'ONU sur le climat n'ont pour l'instant mené à bien que le toilettage a minima du texte, dense et confus, issu du précédent round de négociations à Genève, sans trancher sur le fond.

«Les parties ont reconnu qu'elles n'avaient pas fini le travail, parce que c'est impossible de réduire un texte avec tant de participants», a expliqué M. Djoghlaf.

Les coprésidents ont proposé aux délégués de leur remettre le 24 juillet une version amendée sur la forme, mais gardant toutes les options sur le fond.

Les délégations auront ensuite seulement dix jours de négociations officielles, en septembre et octobre, avant le grand rendez-vous de Paris. Une rallonge pourrait toutefois être accordée. «Vous aurez d'ici la fin octobre l'avant-projet» en vue de la conférence, a assuré Ahmed Djoghlaf.

Impulsion politique

Les pays négocient pour trouver un accord sur les moyens de contenir le réchauffement sous les 2 °C par rapport à l'ère pré-industrielle. Faute de quoi, les scientifiques promettent des conséquences dramatiques (inondations, sécheresse, tempêtes, etc.).

Au-delà du travail sur le texte, quelques avancées ont été réalisées au cours de cette session.

C'est le cas notamment sur la question du soutien aux politiques d'adaptation au réchauffement, une revendication très forte des pays en développement déjà affectés par le phénomène climatique.

Mais tous les sujets épineux restent à l'ordre du jour, notamment la concrétisation des promesses financières faites par les pays développés - 100 milliards de dollars par an d'ici 2020.

L'accord est aussi lié aux engagements nationaux en matière de réduction des gaz à effet de serre, responsables du dérèglement climatique.

Quarante-et-un pays ont rendu publiques leurs contributions, les autres devront le faire d'ici fin octobre.

Les premiers calculs montrent que ces mesures auront du mal à ramener le monde sur la voie des 2 °C. Les États devront donc tenter de s'accorder sur des mécanismes permettant de les réviser régulièrement à la hausse.

«On ne va pas laisser les choses se faire sans agir entre maintenant et la rentrée», a souligné jeudi sur BFMTV Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères et futur président de la COP21.

«Il faut que les chefs d'État et de gouvernement donnent l'impulsion politique», a averti Mme Tubiana alors qu'une série de réunions internationales est prévue d'ici décembre.

Des discussions au niveau ministériel doivent se tenir à Paris en juillet et septembre. S'y ajoutent des réunions de la Banque mondiale, du FMI et de l'ONU à l'automne, et un sommet du G20, quinze jours avant la conférence de Paris.

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