Climat: les États appelés à agir «urgemment»

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La communauté internationale s'est fixé comme objectif de limiter la hausse de la température mondiale à +2°C par rapport à l'ère pré-industrielle, faute de quoi la science prévoit un dérèglement climatique lourd de conséquences sur les sociétés et les économies en particulier des régions les plus pauvres.

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David COURBET, Catherine HOURS
Agence France-Presse
GENÈVE et PARIS

Les négociateurs du climat se sont retrouvés dimanche à Genève pour une semaine de travail autour du texte du futur accord de Paris, le président des négociations les exhortant à travailler efficacement, avec «le sens du compromis et de l'urgence».

Première réunion formelle depuis deux mois, ces discussions, sous l'égide de l'ONU, visent à aboutir en décembre à l'accord le plus ambitieux jamais signé pour lutter contre le réchauffement climatique, entente universelle devant prendre le relais du protocole de Kyoto pour l'après-2020.

«Nous devons travailler avec un sens encore plus aigu de l'urgence», a lancé lors de la séance d'ouverture le Péruvien Manuel Pulgar Vidal, rappelant les avertissements contenus dans le dernier rapport des scientifiques du climat (Giec) et mentionnant que l'année passée fut la plus chaude jamais enregistrée sur terre.

«Je vous demande de travailler avec efficacité, et le sens du compromis. Je vous demande de trouver des solutions novatrices, le temps est compté, chaque jour doit être un succès. Ce n'est pas une compétition entre nous», a déclaré le ministre de l'Environnement du Pérou aux représentants des 195 États, toujours divisés sur plusieurs points clés.

L'objectif est connu: il faut limiter la hausse de la température mondiale à +2°C par rapport à l'ère pré-industrielle, faute de quoi la science prévoit un dérèglement climatique lourd de conséquences sur les écosystèmes, les sociétés et les économies, en particulier des régions les plus pauvres.

Or, au rythme actuel, le monde file vers +4 à 5° à la fin du siècle si aucune mesure draconienne n'est prise pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, liées notamment à l'usage massif d'énergies fossiles.

Lundi encore, l'Organisation météorologique mondiale confirmait que l'année 2014 avait été la plus chaude jamais enregistrée sur la terre, suivant une tendance de fond.

Bonne volonté

Mais les pays restent très divisés sur les moyens à mettre en oeuvre, comme le reflète le brouillon d'accord de 37 pages qui doit être étudié cette semaine, et qui propose tout un éventail d'options.

«La session de Genève est la seule session de négociation d'ici mai; son objectif est de (...) présenter vendredi (13 février) à 18h le texte de négociation de l'accord de Paris sur le climat», a insisté l'Américain Daniel Reifsnyder, qui co-présidera les débats de la semaine avec l'Algérien Ahmed Djoghlaf. Mais le texte devra avant toute chose «refléter les positions de toutes les parties».

Et nombreuses sont encore les questions non résolues.

Comment répartir la charge des réductions d'émissions entre pays du Nord et pays du Sud, nations vulnérables, moins préparées, en demande d'énergie? Quelle place réserver aux grands pays émergents: Chine, Inde...?

Les pays en développement attendent des développés qu'ils mobilisent les fonds promis pour les mesures d'adaptation et de lutte contre le réchauffement climatique (100 milliards de dollars annuels d'ici 2020).

Dimanche, l'Afrique du Sud, au nom d'un très large ensemble de pays émergents et en développement, en a appelé à la bonne volonté - notamment des pays riches, appelés à préciser comment ils comptent tenir leur promesse financière.

«On nous a demandé de faire tellement, en tant que tout premiers pays à supporter les impacts du changement climatique, et nous avons fait tant de concessions dans ces négociations au cours des années. Le groupe attend de voir ce que nos partenaires sont prêts à mettre sur la table», a déclaré la représentante sud-africaine Nozipho Mxakato-Diseko.

Parallèlement aux négociations, les États sont invités à communiquer au cours de l'année leurs engagements en matière de coupes dans leurs émissions. Inconnue du futur accord: quel mécanisme de révision et de progression pour ces engagements, à ce stade insuffisants, pour tenir la trajectoire des 2°?

Et puis quelle forme juridique donner à la future entente de Paris? Et quelle action nouvelle pour la période 2015-2020, que les scientifiques considèrent comme critique?

Sitôt après la plénière d'ouverture, les délégués sont entrés en réunion pour une intense semaine à huis clos. Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius sera présent dimanche soir «pour faire le point des négociations».

Schwarzenegger prononce un discours pour la lutte au réchauffement climatique

L'ancien gouverneur de la Californie, l'acteur Arnold Schwarzenegger, voudrait que davantage soit fait pour combattre le réchauffement climatique, qu'il qualifie «d'enjeu principal de notre ère».

Dans un discours donné dimanche devant un petit groupe à la conférence de Munich sur la sécurité, M. Schwarzenegger a indiqué que son expérience en Californie lui avait démontré que l'adoption de l'énergie verte permettait de créer des emplois et d'atteindre l'indépendance énergétique.

Il applaudit les efforts formels visant à conclure de nouveaux accords de réduction d'émissions de gaz carbonique et de lutte au réchauffement climatique, mais il estime que les gouvernements ne devraient pas attendre la tenue de sommets pour poser des gestes.

Selon lui, «nous devons combattre le réchauffement climatique maintenant».

M. Schwarzenegger juge que l'enjeu ne devrait pas être politisé et que les gens devraient collaborer pour trouver des solutions.

Il rappelle que «nous respirons tous le même air».

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