La France a «besoin» du Canada pour lutter contre le réchauffement

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Le Canada était devenu en décembre 2011 le premier État à se retirer du protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

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Agence France-Presse

Malgré le retrait du Canada du protocole de Kyoto, la France a «besoin» de ce pays pour réussir la conférence sur le climat dont elle est l'hôte en 2015, a estimé lundi Nicolas Hulot, envoyé spécial du président français pour la protection de la planète.

L'écologiste, qui achève mardi sa visite au Canada par un passage à Ottawa, s'attend à une «discussion difficile» avec le gouvernement canadien si sa demande de rencontre était honorée.

Venu au Canada en vue de la conférence sur le climat de 2015 à Paris, ainsi qu'en préparation de la visite officielle de François Hollande début novembre au Canada, Nicolas Hulot a jugé «important que le président profite de sa rencontre avec les autorités fédérales pour leur dire qu'on a besoin de leur aide».

«Le changement d'attitude des autorités fédérales (canadiennes) sur le climat, en sortant simultanément du Protocole de Kyoto et de la Convention des Nations unies sur la désertification, a été un signal honnêtement assez tragique envoyé aux pays émergents et aux pays en voie de développement», a rappelé l'ancien animateur de télévision.

Le Canada était devenu en décembre 2011 le premier État à se retirer du protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), estimant que cet accord «ne fonctionnait pas».

«Ça, c'était hier. Ce qui est intéressant, c'est ce qu'on peut générer d'ici la convention de Paris», a déclaré à l'AFP l'envoyé spécial de François Hollande.

Lors de sa prochaine visite au Canada, le président français doit notamment se rendre à Calgary, capitale de l'industrie pétrolière canadienne, dans l'ouest du pays. Plusieurs groupes hexagonaux, dont le pétrolier Total, y disposent d'investissements conséquents dans les gisements de sables bitumineux, du pétrole non conventionnel dont l'exploitation est particulièrement polluante.

«À titre personnel, je regrette de voir des entreprises françaises dans ce type d'investissement. Je préfèrerais qu'aujourd'hui notre diplomatie économique soutienne ce qui fait partie de la solution», a fait valoir M. Hulot.

Rappelant que la France avait interdit la fracturation hydraulique, nécessaire pour l'extraction de certains hydrocarbures, M. Hulot a jugé que «le minimum des choses», c'est que «la France fasse en sorte que ses entreprises ne s'exonèrent pas à l'étranger de règles qu'elles appliquent en métropole».

«Les énergies fossiles, conventionnelles ou non conventionnelles, sont les ennemies du climat. Elles ne font pas partie de la solution, mais du problème», a-t-il asséné.

Nicolas Hulot a par ailleurs indiqué avoir eu une «discussion assez franche» avec le ministre québécois de l'Environnement, David Heurtel, à qui il a fait part de «ses réserves» à propos d'un projet de terminal pétrolier controversé, et d'un autre portant sur l'exploitation de pétrole de schiste sur l'île d'Anticosti, joyau du golfe du Saint-Laurent.

«Franchement, les mammifères marins de cet écosystème fragile du Saint-Laurent n'ont pas besoin de soucis ou de toxicité supplémentaires», a souligné M. Hulot, notant que la France voyait «plutôt» le Québec comme «un allié sur les questions climatiques».

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