New York intente une poursuite contre cinq géants pétroliers

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Le maire de New York, Bill de Blasio.

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Agence France-Presse
New York

La ville de New York a assigné en justice cinq géants groupes pétroliers pour leur rôle présumé dans le changement climatique, et annoncé son intention de se débarrasser de quelque 5 milliards d'investissements dans des sociétés actives dans les énergies fossiles.

Le maire démocrate Bill de Blasio a annoncé mercredi que la première ville américaine avait saisi la justice fédérale contre cinq géants pétroliers - BP, Chevron, ConocoPhillips, ExxonMobil et Shell - pour leur responsabilité supposée dans le changement climatique.

Le document de l'assignation, consulté par l'AFP, ne mentionne aucun montant.

Les dommages éventuellement alloués par la justice contribueraient au financement des mesures prises par la ville pour lutter contre les conséquences du changement climatique, a annoncé la municipalité, qui a déjà lancé un programme d'investissement de 20 milliards de dollars.

«ExxonMobil accueille favorablement toute tentative de répondre au changement climatique», a réagi ExxonMobil à l'AFP. «Ce type d'action en justice, (...) contre une industrie qui propose des produits sur lesquels nous nous reposons tous pour faire fonctionner l'économie et vivre au quotidien, n'en est pas une.»

Chevron a dénoncé une action «sans fondement factuel ou juridique», qui «ne fera rien pour répondre à la grave question du changement climatique», tandis que Shell soulignait que le réchauffement devait être traité «par des politiques gouvernementales raisonnables et le changement culturel», «pas par les tribunaux».

Quant au désinvestissement des industries fossiles, il n'interviendra qu'après analyse de l'impact d'une telle décision et examen juridique, a indiqué M. de Blasio dans un communiqué, alors que la capitale Washington avait annoncé un désinvestissement similaire en 2016.

Les 5 milliards d'actifs, qui seraient cédés dans les cinq ans en cas de confirmation du désinvestissement, font partie du portefeuille des fonds de pension municipaux qui assurent les retraites des fonctionnaires.

«New York fait front pour les générations futures et notre planète» et combat aussi «les groupes d'énergies fossiles, qui connaissaient leurs effets et ont sciemment trompé le public pour protéger leurs bénéfices», a expliqué M. De Blasio pour expliquer cette initiative, saluée par plusieurs associations de défense de l'environnement dont Greenpeace.

«Nous nous battons pour notre survie et nous ne pouvons compter sur personne pour le faire à notre place», a-t-il souligné.

Depuis l'ouragan Sandy, qui a fait plus de 40 morts à New York en octobre 2012 et coûté 42 milliards de dollars à l'État de New York, la capitale financière américaine a fait de la lutte contre le changement climatique une priorité, un engagement que le retrait des États-Unis de l'accord de Paris n'a fait que renforcer.

Fin décembre, le gouverneur de l'État de New York, Andrew Cuomo, avait indiqué vouloir geler des investissements du fonds de pension des fonctionnaires de l'État (NYSCRF) dans les énergies fossiles, ainsi qu'un plan de désengagement.

En 2015, le parlement de la Californie avait déjà voté une loi contraignant les deux principaux fonds de pension publics de l'État à céder leurs actifs liés au charbon. Des villes comme San Francisco ou Seattle ont aussi indiqué envisager de désinvestir des énergies fossiles, mais sans passer à l'acte.




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