Climat : premier obstacle franchi et vent d'optimisme à Paris

Une sculpture géante d'une baleine est exposée le... (PHOTO BENOIT TESSIER, REUTERS)

Agrandir

Une sculpture géante d'une baleine est exposée le long de la rivière Seine, à Paris, vendredi, à l'occasion de la conférence mondiale sur le climat.

PHOTO BENOIT TESSIER, REUTERS

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Dominique Schroeder
Agence France-Presse
LE BOURGET

La conférence de Paris sur le climat a franchi samedi une étape clé, avec l'adoption d'une ébauche d'accord mondial pour lutter contre le réchauffement de la planète, suscitant un vent d'optimisme même si l'essentiel reste à faire sur de nombreux points litigieux.

Les ministres de 195 pays réunis au Bourget, près de Paris, plancheront à partir de lundi sur ce texte de 48 pages et devront trancher sur le fond, pour aboutir à l'adoption d'un pacte universel d'ici au 11 décembre, date à laquelle la COP21 est censée se terminer.

« Si je devais résumer, je dirais il y a un progrès qui reste à approfondir et à concrétiser d'ici vendredi », a déclaré le président de la conférence, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, devant des parlementaires du monde entier réunis à l'Assemblée nationale.

« Nous disposons d'une nouvelle base de négociations acceptée par tous (...) Il s'agit d'écrire la suite », a déclaré pour sa part la négociatrice française Laurence Tubiana, devant les délégations réunies au Bourget.

Pour le délégué chinois Su Wei, les négociateurs ont réuni « tous les ingrédients et les assaisonnements pour réaliser une recette ». La semaine prochaine, « ce sera le passage en cuisine », a-t-il ajouté, évoquant le travail des ministres.

Le groupe des G77 + Chine, qui regroupe 134 pays en développement et émergents et joue un rôle clé dans les négociations, s'est dit « prêt à négocier aussi loin que possible sur la base de ce texte ». « Comme disait Nelson Mandela, ça a toujours l'air impossible jusqu'à ce que ce soit fait », a commenté la présidente de ce groupe, l'ambassadrice sud-africaine Nozipho Mxakato-Diseko.

Délégués et ONG ont cependant rappelé l'ampleur de la tâche qui reste à accomplir en cinq jours.

« Ce sera un véritable sprint pour les ministres » s'ils veulent aboutir à « un accord solide d'ici à vendredi », a résumé Tasneem Essop, du WWF.

Le « temps de l'action »

Aucun sujet clé n'est tranché sur le fond par le nouveau texte qui laisse encore ouvertes de nombreuses options, par exemple sur l'objectif à long terme de limitation du réchauffement de la planète - 1,5 degré, comme réclamé par les petits Etats insulaires, ou 2 degrés.

Le financement de l'aide climatique aux pays du Sud et la répartition des efforts pour lutter contre le changement climatique entre pays développés, émergents et en développement, sont les points d'achoppement les plus durs.

La quasi-totalité des pays présents à la COP21 ont présenté les mesures qu'ils entendent prendre contre le changement climatique. Or, même à un rythme moins soutenu, les émissions de gaz à effet de serre vont continuer de progresser, plaçant le monde sur une trajectoire d'un réchauffement de +3 °C par rapport à l'ère préindustrielle, quand l'objectif est de le limiter à 2 °C.

Au-delà, les scientifiques promettent des impacts irréversibles : sécheresses, inondations accrues, baisse des rendements agricoles, érosion des côtes....

Un des objectifs de l'accord de Paris est donc de bâtir un mécanisme de révision de ces engagements - très probablement tous les cinq ans - pour bloquer la hausse du mercure au niveau souhaité.

« La science nous dit que nous avons seulement une petite fenêtre d'action », a averti samedi la responsable climat de l'ONU, Christiana Figueres.

D'après le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), l'Humanité ne peut plus émettre que 1000 gigatonnes de CO2 pour rester à + 2 °C : c'est son « budget carbone ». Avec les engagements actuels des pays, 72 à 75 % de ce « budget » auront été consommés en 2030.

« Le temps des illusions a cédé la place au temps de l'action », a estimé l'acteur américain Sean Penn, qui participait samedi à un événement en marge de la conférence, la Journée de l'Action.

Cette Journée, qui réunissait plusieurs dizaines de personnalités du monde entier mobilisées dans la lutte contre le changement climatique, doit être clôturée par le président François Hollande. Il s'entretiendra auparavant avec l'ancien vice-président américain Al Gore, colauréat du prix Nobel de la paix en 2007 avec le GIEC, les scientifiques qui ont alerté depuis plusieurs années sur le climat.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer