Environnement: la science au secours de l'optimisme

Elena Bennett, professeure d'écologie de l'Université McGill... (PHOTO FOURNIE PAR L'UNIVERSITÉ McGILL)

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Elena Bennett, professeure d'écologie de l'Université McGill

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« L'avenir n'est pas nécessairement lugubre. » C'est ce qu'affirme la professeure d'écologie de l'Université McGill Elena Bennett dans un article scientifique publié récemment dans la revue Frontiers in Ecology de l'Ecological Society of America. Cette étude réalisée avec une vingtaine de collègues sur trois continents affirme qu'il y a aujourd'hui des centaines de « semences » d'innovations sociales, agricoles ou urbanistiques qui pourraient conduire à un avenir  plus juste et plus respectueux de l'environnement. Entrevue.

En quoi consiste votre recherche ?

Nous avons constaté que les grandes études internationales qui proposent des scénarios futurs regardent les tendances de très haut. Il y a, par exemple, les scénarios d'émissions de gaz à effet de serre du GIEC (le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat). Il y a eu aussi le grand projet qui m'a amenée à McGill en 2005, le Millennium Ecosystem Assessment. Mais les paramètres de base de ces démarches accordent trop d'importance aux politiques publiques ou à la technologie. Et en plus, ces scénarios ne sont pas très inspirants, ils sont plutôt plates [boring] ! On voulait plutôt s'intéresser à la petite échelle avec ce qu'on appelle des « semences » [seeds]. Et voir ce qui se passe quand on met plusieurs de ces semences ensemble. Je crois qu'on obtient des histoires plus intéressantes et aussi plus réalistes parce qu'elles sont basées sur ce qui se fait actuellement.

On dirait que cet article s'éloigne de votre domaine d'expertise...

Oui, en effet. Ma spécialité est l'étude des services écosystémiques, en particulier dans la Montérégie. Mais ce projet de recherche fait appel à une foule de domaines scientifiques et parle de sujets sur tous les continents. Certains pourraient estimer que cette recherche est un peu à côté de la science parce qu'elle repose sur un désir de construire un monde meilleur. Mais en même temps, nous n'avons pas imposé notre vision du « bon anthropocène ». Il y a une section sur notre site où les gens donnent leur propre vision de ce que cela signifie pour eux.

On dirait que vous tentez de fournir une base scientifique à l'optimisme en matière d'environnement ?

Oui, on pourrait dire ça. On essaie de comprendre quelles sont les bases de l'optimisme en étudiant ce qui se fait aujourd'hui.

Pouvez-vous me donner des exemples ?

Il y a le mouvement des villes en transition, qui a démarré en 2006 et qui s'est répandu rapidement. Il y a le mouvement de désinvestissement dans le secteur des hydrocarbures.

Les propositions de « semences » viennent du public. Est-ce que vous avez des critères pour en écarter certaines ?

On essaie de retenir seulement celles qui ont un potentiel transformationnel. Ce n'est pas toujours évident parce qu'il y a des projets qui vont devenir transformationnels seulement quand il y aura une crise ou une situation du genre. Et à l'occasion, on a inclus un projet qui peut sembler prometteur, mais on nous informe qu'il y a un problème, que c'est peut-être aussi une spoliation de terres, par exemple.

Dans la conclusion de votre article, vous reconnaissez qu'il est « difficile de penser de manière radicale mais réaliste à l'avenir ». Comment votre projet de recherche peut-il amoindrir cette difficulté ?

C'est dans l'engagement des gens. Ils veulent résoudre les problèmes et ils ont soif de solutions. Ils veulent contribuer positivement et même de manière transformationnelle, mais ne savent pas comment. Quand on regarde l'histoire, on voit beaucoup de tournants imprévus et surprenants. On a tendance à ne pas les inclure dans nos scénarios, mais les surprises arrivent. Évidemment ces jours-ci, l'élection de Donald Trump est la surprise qui est dans tous les esprits. Mais chacune de nos « semences » est une surprise à sa façon.




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