L'Arctique au plus chaud depuis 1900

L'Arctique se réchauffe deux fois plus vite que... (PHOTO PC)

Agrandir

L'Arctique se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la planète, qui devrait enregistrer en 2016 son année la plus chaude des temps modernes et ce pour la troisième année consécutive.

PHOTO PC

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Changements climatiques

Environnement

Changements climatiques

Tout sur les changements climatiques »

Jean-Louis SANTINI
Agence France-Presse
Washington

L'Arctique vient de connaître ses douze mois les plus chauds depuis le début des relevés de températures dans cette région en 1900, ce qui a entraîné une fonte de la banquise sans précédent et retardé la formation de nouvelle glace à l'automne.

«Rarement nous avons observé l'Arctique produire un signal aussi fort et clair d'un réchauffement persistant et de ses effets en cascade sur l'environnement que cette année», a pointé mardi Jeremy Mathis, directeur du programme de la recherche arctique de l'Agence océanique et atmosphérique américaine (NOAA).

«La température annuelle moyenne de l'air au-dessus du sol a été la plus élevée jamais enregistrée», souligne le rapport annuel sur l'Arctique publié par la NOAA.

Entre octobre 2015 et septembre 2016, la température a été en moyenne 3,5 degrés Celsius au-dessus de celle de 1900.

L'Arctique se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la planète, qui devrait enregistrer en 2016 son année la plus chaude des temps modernes et ce pour la troisième année consécutive. Les premiers relevés de températures sur le globe remontent à 1880.

Le rapport, sur lequel ont travaillé 61 scientifiques dans le monde, souligne que cette chaleur a retardé à l'automne le moment où les eaux de l'océan arctique regèlent, et a aussi entraîné une fonte étendue des glaces du Groenland et des couches de neige sur le sol.

L'étendue de la banquise arctique de la mi-octobre à la fin novembre 2016 a été la plus faible depuis le début des observations par satellites en 1979, et 28% inférieure à la moyenne de 1981 à 2010, précise également la NOAA.

La température de l'eau de l'océan a été encore plus chaude que celle de l'air. Ainsi en août 2016 elle était 5°C supérieure à la moyenne de 1982-2010 dans la mers des Tchouktches (entre l'Alaska et la Sibérie) et la mer de Barents (au nord de la Russie et de la Norvège), ainsi qu'au large des côtes est et ouest du Groenland.

«Il est clair que ces records de température de l'air et des eaux de l'océan ont retardé la formation de glace cet automne», concluent les auteurs du rapport.

Fonte du permafrost 

Pour les climatologues, ce réchauffement résulte en grande partie des émissions de gaz à effet de serre émis dans l'atmosphère par la combustion des énergies fossiles, exacerbées cette année par le courant équatorial chaud du Pacifique El Nino. Celui-ci s'est dissipé au printemps.

La couverture neigeuse au printemps dans l'Arctique nord-américain a aussi connu sa plus petite étendue en mai avec seulement 4 millions de km2. C'est la plus faible depuis le début des observations par satellites en 1967.

Cette fonte des glaces et des neiges combinée à un recul de la banquise permet aux rayons du soleil de pénétrer davantage dans l'océan, favorisant la prolifération d'algues, et de faire fondre le sol gelé de la toundra, un riche puits de carbone.

«La toundra libère désormais plus de dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère qu'elle n'en absorbe», estime le rapport.

Une fonte du permafrost «pourrait avoir des effets drastiques sur la météo et le climat dans l'Arctique et le reste de la planète», préviennent ces scientifiques.

Ils expliquent que le permafrost dans la région arctique contient deux fois plus de carbone organique que celui se trouvant actuellement dans l'atmosphère terrestre.

S'il était libéré il pourrait bouleverser encore plus le climat, faisant fondre davantage les glaces du pôle et provoquant une nette montée du niveau des océans.

Ce onzième rapport de la NOAA sur l'Arctique relève également que la faune et les populations humaines de la région subissent les effets néfastes de ce changement climatique.

Ainsi, l'acidification de l'océan résultant du réchauffement accroît le stress notamment sur les crustacés, qui ont besoin de carbonate de calcium pour former leur coquille. Cela affecte aussi les populations autochtones qui dépendent de la pêche pour se nourrir.

Enfin, le rapport note que la montée des températures entraîne une augmentation du nombre de parasites qui touchent surtout de petits rongeurs comme les musaraignes. Ces mêmes parasites n'infectaient auparavant que les oiseaux du littoral: cela laisse penser que certaines espèces animales se déplacent vers le nord.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer