Donald Trump adoucit sa position sur le climat

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Un environnementaliste portant un masque de Donald Trump manifeste devant l'ambassade des États-Unis à Londres.

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Fanny ANDRE
Agence France-Presse
Washington

Donald Trump a adouci mardi sa position sur le changement climatique, se disant «ouvert» au sujet de l'accord de Paris, après avoir promis pendant toute sa campagne de revenir sur l'engagement des États-Unis.

Le président élu a aussi désavoué un groupe de néo-nazis ayant fêté sa victoire samedi à Washington, après avoir été pressé de questions sur le sujet par des journalistes du New York Times, lors de sa deuxième grande entrevue depuis son élection il y a 15 jours.

L'entretien d'une heure, retranscrit dans un format inédit en direct sur Twitter, a été l'occasion pour Donald Trump d'insister sur sa capacité à diriger les États-Unis à partir du 20 janvier, en dépit du flou qui persiste sur bon nombre de ses propositions de campagne.

«Je regarde ça de très près. Je reste ouvert sur cette question», a-t-il déclaré au sujet de l'accord de Paris conclu fin 2015 par 195 pays.

La position du deuxième plus gros pollueur de la planète est cruciale pour que l'accord puisse porter ses fruits et les appels se sont multipliés lors de la COP22 qui vient de s'achever à Marrakech pour que les États-Unis respectent leurs engagements.

Donald Trump, qui s'est entouré de responsables climatosceptiques, avait qualifié le changement climatique de «canular» inventé par les Chinois bien que le phénomène soit désormais avéré scientifiquement.

Lundi encore, il avait réitéré sa promesse d'annuler les restrictions sur le charbon, le gaz et le pétrole de schiste.

«Je pense qu'il y a un lien (entre l'activité humaine et le changement climatique), il y a quelque chose, mais tout dépend dans quelle mesure», a-t-il dit mardi, en précisant qu'il était préoccupé par le coût et les effets de mesures environnementales sur la compétitivité américaine.

Son gendre en sauveur du Moyen-Orient

Cet entretien lui a aussi permis d'évoquer sa politique diplomatique, qui reste entourée de mystères au moment où défilent les prétendants au poste de ministre des Affaires étrangères, comme l'ancien maire de New York Rudy Giuliani ou l'adversaire de Barack Obama à la présidentielle de 2012, Mitt Romney.

Donald Trump a survolé la question du conflit syrien. «Nous devons régler ce problème», a-t-il lancé et il a assuré avoir «une perspective différente de tout le monde», sans dire en quoi elle consistait.

Il s'est montré plus passionné sur le conflit israélo-palestinien. «J'aimerais être celui qui fera la paix entre Israël et les Palestiniens, ce serait une superbe réussite», a déclaré le républicain qui avait durant la campagne provoqué la colère des Palestiniens en proposant de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël.

Il a ajouté que le mari de sa fille Ivanka, Jared Kushner, un homme d'affaires qui a été son proche conseiller dans la course à la Maison Blanche, pourrait jouer un rôle dans d'éventuels pourparlers de paix.

L'extrême droite désavouée 

Deux semaines après la présidentielle, Donald Trump a nommé des tenants d'une ligne dure sur la sécurité, l'islam ou l'immigration à des postes clés comme la Justice et la CIA, et de nouvelles annonces pourraient avoir lieu mardi sur la constitution du gouvernement. M. Trump a de nouveau encensé le général James Mattis, au légendaire franc-parler et pressenti pour diriger le Pentagone.

Malgré ses efforts pour afficher un ton posé lors de certaines rencontres, notamment avec Barack Obama et le Premier ministre japonais, Donald Trump continue d'attaquer tous ses contradicteurs sur Twitter.

Le New York Times s'était étonné dans son éditorial de mardi qu'il n'ait pas fait usage de son outil de communication préféré pour dénoncer le rassemblement samedi à Washington de 200 militants d'extrême droite ayant célébré sa victoire lors d'une conférence marquée par des saluts nazis.

«Je les désavoue et je les condamne», a-t-il finalement réagi durant l'entretien au siège du quotidien. Concernant son nouveau haut conseiller à la Maison Blanche, Steve Bannon, ex-patron d'un site servant de caisse de résonance à la nébuleuse d'extrême droite baptisée «alt-right», il a déclaré: «Si je pensais qu'il était raciste, ou de «l'alt-right» (...), je ne penserais même pas à l'embaucher».

Ces déclarations au New York Times ont enfin porté sur l'affaire des emails d'Hillary Clinton et de la fondation de son mari Bill, aux sujets desquels il a estimé qu'il fallait aller «de l'avant», laissant entendre qu'il ne poursuivrait pas son ancienne rivale contrairement à ce qu'il avait suggéré durant la campagne.

Accusé de conflit d'intérêt avec ses activités dans l'immobilier, il aussi éludé ce sujet, déclarant: «En théorie, je pourrais parfaitement gérer mes affaires tout en dirigeant parfaitement le pays».

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