Le saumon chilien dévasté par une prolifération d'algues

Avec 800 000 tonnes par an et un chiffre... (PHOTO JAIME PEA, ARCHIVES AFP)

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Avec 800 000 tonnes par an et un chiffre d'affaires de 3,5 milliards de dollars (près de 4,5 milliards de dollars CAN), le Chili est le deuxième producteur mondial de saumon, après la Norvège, et son industrie est l'une des principales sources d'emploi dans de nombreuses régions du sud du pays.

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Giovanna FLEITAS
Agence France-Presse
SANTIAGO DU CHILI

Le Chili, deuxième producteur mondial de saumon, peine à se remettre sur pied après une arrivée massive d'algues le long de ses côtes, sans doute due aux conditions climatiques et qui a causé des ravages, détruisant 12 % de sa production annuelle.

En quelques semaines, entre janvier et mars, 40 000 tonnes de saumons ont péri asphyxiées dans la région de Los Lagos (sud), sous l'effet de cette prolifération de micro-algues, aussi appelée «bloom».

Dans l'ensemble du pays, quelque 106 000 tonnes ont été dévastées.

Ces algues sont habituelles dans les eaux du sud du Chili, mais elles ont surpris cette année en apparaissant là où on ne les voit normalement pas, dans le golfe de Reloncavi et près de l'île de Chiloé, se multipliant de façon incontrôlable.

Provoquant la mort des poissons en consommant leur oxygène, elles auraient bénéficié principalement, selon les autorités chiliennes, du phénomène climatique El Niño, qui provoque un réchauffement des eaux de l'océan Pacifique.

Signe que l'océan était perturbé, la côte chilienne a été le théâtre d'autres phénomènes étranges cette année, comme la présence massive de méduses ou encore la mort de sardines et d'anchois qui se sont échoués en masse sur les plages.

La multiplication des algues a été «un phénomène de très grande ampleur, sur une zone spécifique, et incomparable par rapport aux autres crises» traversées par le saumon chilien, explique à l'AFP Felipe Sandoval, président de l'organisme représentant le secteur, Salmon Chile.

Selon lui, cette crise est la pire depuis l'apparition du virus de l'anémie infectieuse du saumon (ISA) en 2007, qui avait dévasté une partie de la production nationale.

Il se veut toutefois rassurant: «La fourniture de saumon aux pays vers lesquels nous exportons est garantie», assure-t-il, citant les États-Unis, le Japon, la Russie et le Brésil comme les principaux acheteurs de saumon chilien.

4000 licenciements

Avec 800 000 tonnes par an et un chiffre d'affaires de 3,5 milliards de dollars (près de 4,5 milliards de dollars CAN), le Chili est le deuxième producteur mondial de saumon, après la Norvège, et son industrie est l'une des principales sources d'emploi dans de nombreuses régions du sud du pays.

L'attaque soudaine des algues a donc été une très mauvaise nouvelle pour de nombreux salariés.

«Si nous additionnons les effets de la crise des prix de l'an dernier à ce "bloom" des algues, le secteur aura effectué au total quelque 4000 licenciements directs, dont 20 % restent encore à concrétiser», souligne M. Sandoval, selon qui le saumon apporte plus de 70 000 emplois directs et indirects au Chili.

Le géant norvégien Marine Harvest a déjà annoncé qu'il licencierait jusqu'à 500 salariés en mai dans sa filiale chilienne, qui a produit 62 482 tonnes de saumon l'an dernier.

«Notre filiale au Chili perd de l'argent depuis cinq ans et 2015 a été une très mauvaise année. Nous avons perdu 86 millions de dollars (plus de 110 millions de dollars CAN)», s'est justifié le président exécutif du groupe, Alf-Helge Aarskog.

Ces suppressions d'emploi permettront de «rendre la filiale plus efficace», a-t-il confié au journal économique El Financiero, appelant le Chili à modifier sa réglementation pour mieux protéger les producteurs de saumon.

Début mars, le ministre de l'Économie Luis Céspedes avait promis que «le gouvernement (faisait) tous les efforts pour mitiger les effets de cette prolifération (d'algues) sur la production de saumon».

Le gouvernement chilien et le secteur travaillent déjà «sur la question de la réglementation, pour améliorer la compétitivité, car nos coûts sont plus élevés que dans d'autres pays», indique M. Sandoval, appelant aussi à mieux faire connaître le saumon chilien face à la vedette internationale, son concurrent norvégien.

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