COP21 : appels unanimes à sauver la planète

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Les dirigeants français et américains se rencontrent en marge de la conférence sur le climat au restaurant Ambroisie, à Paris.

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Céline SERRAT, Jérôme CARTILLIER
Agence France-Presse
Le Bourget

Les chefs d'État du monde entier ont appelé lundi à une action urgente contre le réchauffement climatique, mais les lignes de fractures Nord-Sud sont vite réapparues à Paris, au premier jour du plus grand sommet sur le climat jamais réuni par l'ONU.

La journée a également été marquée par une violente charge du président russe Vladimir Poutine contre la Turquie, qu'il a accusée d'avoir abattu la semaine dernière un bombardier russe pour couvrir le trafic de pétrole pratiqué par l'organisation jihadiste État islamique (EI).

À l'ouverture de la grand-messe pour la planète, les 150 dirigeants, dont l'Américain Barack Obama, le Chinois Xi Jinping, le Japonais Shinzo Abe et le Français François Hollande, ont observé une minute de silence après les attentats récemment perpétrés dans plusieurs pays, dont la France.

La lutte contre le terrorisme et contre le changement climatique sont «deux grands défis mondiaux que nous devons relever», a souligné François Hollande à la tribune du sommet, organisé au Bourget (nord de Paris).

La COP21 est «un immense espoir que nous n'avons pas le droit de décevoir», a-t-il ajouté.

Un accord sur le climat, dont le réchauffement place le monde «au bord du suicide», doit intervenir «maintenant ou jamais», a exhorté le pape François dans l'avion qui le ramenait à Rome après un déplacement en Afrique.

La conférence est censée accoucher pour le 11 décembre du premier accord mondial visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre, pour limiter le réchauffement à +2°C par rapport à l'ère pré-industrielle.

«Le plus grand rassemblement de chefs d'État sous le même toit la même journée» a été salué par la responsable climat de l'ONU, Christiana Figueres, alors que les ONG restent prudentes sur la suite des négociations.

«Lignes rouges»

Barack Obama, à la tête du deuxième pollueur mondial (après la Chine), a appelé ses pairs à «être à la hauteur» de l'enjeu, rejetant l'argument selon lequel la lutte contre le changement climatique pèserait sur l'économie.

«Nous avons prouvé qu'il n'y a plus de conflit entre croissance économique forte et protection de l'environnement», a-t-il lancé.

Se succédant à la tribune, les dirigeants, chargés de donner une impulsion politique aux négociations qui recommencent mardi, ont redit l'importance de la lutte contre le réchauffement, six ans après l'échec du sommet de Copenhague.

«Vous ne pouvez pas vous permettre d'être indécis (...) L'histoire vous interpelle, je vous exhorte à répondre avec courage et vision», a dit le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

Les négociations s'annoncent ardues car tous les pays ont leurs «lignes rouges». Et les fractures n'ont pas tardé à réapparaître, en particulier sur le partage des responsabilités entre pays industrialisés, riches émergents et en développement - et les conséquences financières qui en découlent.

Les pays développés doivent «assumer leurs engagements» à financer les politiques climatiques du Sud, a prévenu le président chinois Xi.

Narendra Modi,pPremier ministre de l'Inde, autre pays clé des négociations, a estimé que la communauté internationale devait laisser «de la place pour la croissance des pays en développement» et ne pouvait «imposer la fin» des énergies fossiles.

Quarante-trois pays particulièrement exposés aux conséquences du réchauffement (Éthiopie, Maldives, Népal, Bangladesh...) ont présenté une «déclaration» appellant à s'entendre sur un objectif plus ambitieux de limiter le réchauffement à 1,5°C.

Car «nous refusons d'être les sacrifiés de la communauté internationale à Paris», a déclaré Anwar Hossain Manju, le ministre de l'Environnement du Bangladesh, évoquant «l'obligation d'agir» car «ne pas le faire est un crime».

«Baguette magique»

La planète se réchauffe à une vitesse inédite, sous l'effet des émissions issues de la combustion des énergies fossiles, des modes de production agricole et d'une déforestation record. Du Pakistan aux îles du Pacifique, de la Californie aux vignobles du Bordelais en France, le climat déréglé bouleverse des régions entières: canicules, sécheresses, côtes grignotées par la mer...

Au-delà de +2°C, les scientifiques redoutent un emballement: cyclones à répétition, chute des rendements agricoles, submersion de territoires de New York à Bombay...

Pour la conférence, 184 pays (sur 195) ont publié des plans de réduction de leurs émissions, une participation inespérée qui place cependant encore le monde sur une trajectoire de +3°C.

Jean-François Julliard, de Greenpeace France, s'est dit «optimiste parce que l'impulsion politique est là mais il va falloir voir ce que ça donne».

Pour le climatologue Jean Jouzel, cependant, «il faudrait une baguette magique pour que chacun double les contributions» promises.

La conférence a donné lieu à des annonces sur les énergies vertes: les États-Unis, la France et 18 autres pays se sont engagés à doubler leurs investissements dans les énergies dites «propres», et 121 pays les plus ensoleillés du monde ont lancé une «alliance internationale du solaire» (ISA).

«Aider les nations en développement à sauter la phase de développement polluante est vital», a déclaré à ce sujet M. Obama.

Ce sommet aura donné l'occasion à l'Israélien Benjamin Netanyahu et au Palestinien Mahmoud Abbas de se serrer la main en public pour la première fois depuis longtemps.

Au terme de la journée, MM. Hollande et Obama se sont retrouvés pour dîner dans un grand restaurant parisien.

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