Un road trip électrique

Le 26 août, Brian Kent entreprendra un road... (PHOTO FOURNIE PAR BRIAN KENT)

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Le 26 août, Brian Kent entreprendra un road trip des 48 États contigus americains a bord de sa Nissan Leaf, un voyage de 40 000 kilometres.

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Un Américain de l'État de New York s'apprête à parcourir avec sa voiture électrique les 48 États contigus américains et à planter un arbre par État, histoire de réaliser le premier road trip qui «retire plus de dioxyde de carbone qu'il n'en génère». Un voyage de 40 000 kilomètres en 100 jours, sans brûler une goutte d'essence. La Presse a discuté avec Brian Kent des défis qui l'attendent.

Quelle est l'idée derrière le voyage?

Je veux montrer aux gens les possibilités de la voiture électrique - et aussi ses limitations. Tant que vous ne voyez pas les deux côtés de la médaille, vous ne pourrez pas prendre une décision éclairée à savoir si une voiture électrique est un bon choix pour vous. Et puis c'est un projet excitant! J'ai toujours voulu visiter mon pays. Et maintenant, je peux le faire sans devoir acheter de l'essence.

Quelle voiture avez-vous?

J'ai une Nissan Leaf, une voiture 100% électrique achetée en Virginie en décembre 2013. J'ai fait mes recherches, j'ai tout analysé, et c'était vraiment la voiture pour moi. J'ai pris l'autobus jusqu'à Washington, puis le train, pour aller l'acheter. Revenir chez moi avec la Leaf représentait un voyage de plus de 850 kilomètres: mon premier road trip électrique. À plusieurs moments, je me suis dit, «Mon Dieu, dans quoi me suis-je embarqué?» Dans les montagnes de la Pennsylvanie, la batterie se vidait et je me suis dit: «Ça y est, je ne me rendrai pas à la prochaine borne de recharge.» Vous développez alors une excellente aptitude à repérer les prises de courant dans votre environnement... Finalement, je me suis arrêté à un petit restaurant où ils servaient du chili maison. J'ai demandé à la dame si je pouvais brancher ma voiture, et elle a dit oui. J'étais sauvé. C'est la situation la plus critique que j'aie rencontrée.

Certains États ont un bon réseau de bornes de recharge, mais d'autres sont de véritables déserts. Comment allez-vous faire?

C'est vrai: dans un État comme le Dakota-du-Nord, les bornes de recharge rapide sont pratiquement inexistantes, alors qu'en Californie, elles sont partout! C'est un des défis du voyage. J'ai déjà tracé mon parcours en fonction du réseau de bornes sur le site Plugshare.com. Je vais emprunter les routes secondaires, qui sont plus belles que les autoroutes de toute façon. Rouler un peu moins vite va améliorer la durée de ma charge. Et je vais recharger ma batterie plusieurs fois par jour, quatre ou cinq fois, sans qu'elle soit à plat. C'est l'une des particularités des batteries: les recharger à 80% est beaucoup, beaucoup plus rapide que les recharger à 100%. Avec les chargeurs les plus puissants, vous pouvez recharger 80% de la batterie en 30 minutes. À ce rythme, je vais pouvoir faire le voyage en 100 jours. Les 48 arbres que je veux planter dans les 48 États vont retirer environ 100 tonnes de CO2 durant leur vie. C'est symbolique, mais ça aide les gens à penser différemment à leurs émissions de gaz à effet de serre.

Observez-vous de l'engouement autour de vous pour les voitures électriques?

Les voitures électriques sont si nouvelles que les gens ne les connaissent pas. Mais il y a beaucoup de curiosité. Un type m'a déjà suivi en voiture dans ma ville pour me poser des questions sur ma voiture. Avoir une voiture électrique aujourd'hui, c'est un peu comme avoir un ordinateur personnel en 1980: les gens ont 1001 questions à vous poser. Les gens demandent toujours: quelle distance pouvez-vous franchir? Ça dépend. Sur des petites routes, j'ai déjà fait 200 km. Mais si je roule très vite, avec l'air conditionné, je peux faire 100 kilomètres.

Ce n'est pas énorme...

Les gens ont peur d'avoir une batterie à plat avec une voiture électrique. Mais faites l'exercice suivant: pendant un mois, notez chaque jour le kilométrage que vous faites avec votre voiture. Vous allez voir que vous ne faites pas 130 ou 150 kilomètres par jour... Personnellement, j'ai fait plusieurs journées de plus de 150 kilomètres. Je n'ai qu'à brancher ma voiture à ma destination, et elle se recharge pendant que je fais autre chose. Les gens font aussi la comparaison du coût de l'électricité et de la pollution contre le coût de l'essence... Même lorsqu'elle est produite par une centrale au charbon, l'électricité est beaucoup moins polluante, et beaucoup moins chère que l'essence pour se déplacer. Les économies sont réelles: un «plein» à l'électricité ne coûte que quelques dollars. Et vous n'avez pas à changer l'huile, le liquide de refroidissement, etc. La voiture ne demande pratiquement pas d'entretien. Je veux faire passer un message écologique, mais sans prêcher, ou être négatif. Je crois que nous devons commencer à regarder les voitures électriques comme une solution, et non pas en fonction du nombre de kilomètres qu'on peut faire avec un plein. En 2015, le transport est le plus grand émetteur de gaz à effet de serre dans nos vies. C'est à nous de prendre les choses en main.

Pour suivre Brian Kent: http://www.quora.com/Brian-Kent-5

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