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Sécheresse en Californie: peindre sa pelouse pour qu'elle reste verte

D'un simple «pschit», l'herbe desséchée récupère son vert... (PHOTO MARK RALSTON, AFP)

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D'un simple «pschit», l'herbe desséchée récupère son vert tendre sous les yeux ravis de leurs propriétaires. Une forme de maquillage qui fait beaucoup d'adeptes en Californie, où sévit une sécheresse historique depuis déjà quatre ans.

PHOTO MARK RALSTON, AFP

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Agence France-Presse
ESCONDIDO, Californie

La chaleur est étouffante, la terre aride et une nouvelle loi interdisent d'arroser aussi souvent que par le passé. Mais loin de dire adieu à leur cher gazon, certains Californiens affrontent la sécheresse en le peignant... en vert.

D'un simple «pschit», l'herbe desséchée récupère son vert tendre sous les yeux ravis de leurs propriétaires. Une forme de maquillage qui fait beaucoup d'adeptes en Californie, où sévit une sécheresse historique depuis déjà quatre ans.

C'est le cas de Paula Pearson. Depuis que le gouverneur démocrate Jerry Brown a annoncé en avril des mesures exceptionnelles d'économie d'eau, cette habitante d'Escondido, juste à côté de San Diego, a rangé ses tuyaux d'arrosage.

Sans surprise, sa pelouse a très rapidement tourné au jaune grillé. Mais elle veut lutter contre la fatalité. «Pour moi, une pelouse, ça doit être vert», raconte cette blonde aux yeux protégés par des lunettes de soleil.

La première fois que Paula a entendu parler de la possibilité de peindre son gazon, elle a ri. Avant de se dire que ce serait peut-être une bonne idée.

Les maisons bourgeoises et leur belle pelouse verte donnant sur la rue, et souvent aussi à l'arrière («front yard», «back yard»), font partie intégrante de la culture américaine et des paysages urbains aux États-Unis, et se retrouvent dans des milliers de banlieues et de quartiers résidentiels.

Potion de jouvence

Bien s'occuper de son jardin, et entretenir sa pelouse, est considéré comme le «reflet de ce qu'on est en tant que propriétaire», remarque Jim Power, fondateur de la société spécialisée dans la peinture de gazons Lawnlift.

Laisser sa pelouse dépérir peut donc avoir un effet négatif sur la valeur d'une maison. M. Power a comme clients «des gens qui ne veulent pas voir leur parterre de gazon mort chaque fois qu'ils arrivent chez eux». Or «quand on n'a plus le droit d'arroser, il n'y a pas beaucoup d'options», dit-il.

Sans perdre de temps, un employé de Lawnlift commence les opérations de peinture dans le jardin de Paula en mixant dans une bonbonne électrique une potion de jouvence composée d'eau et de pigments naturels semblables à ceux des cosmétiques utilisés par les femmes.

En un clin d'oeil, la pelouse ressuscite, devant les yeux ébahis de sa propriétaire. «Elle aurait cette couleur si je l'arrosais tous les jours, je le sais, car je vis dans cette maison depuis 25 ans!», s'exclame-t-elle.

Le produit n'est pas toxique, dure douze semaines et résiste à la pluie... même si l'absence de cette dernière est bien la principale menace qui pèse sur les jardins californiens.

La sécheresse extrême a aussi poussé beaucoup d'habitants à substituer leur pelouse à un jardin de plantes du désert, de cactus, agaves et succulentes, qui demandent peu d'eau.

Certaines cités californiennes offrent même des incitations financières pour sauter le pas, comme Los Angeles avec son programme «Cash for grass», ou San Francisco avec le concours du «carré de jardin le plus laid», le gagnant bénéficiant gratuitement du remplacement de sa pelouse à l'abandon par un bijou de jardin sec.

Les ventes ont doublé

Jim Power estime toutefois que les jardins classiques doivent «survivre à la sécheresse».

«Dans les années 70, nous avons vécu une sécheresse similaire en (Californie) et les gens ont alors arraché leurs pelouses... avant d'en replanter quelques années plus tard», fait-il remarquer.

Il reconnaît que son entreprise a largement bénéficié de la sécheresse, en particulier sur les douze derniers mois : «les ventes ont doublé en mars» comparé au même mois l'année précédente.

Sa société n'exporte pour l'instant que vers le Canada, mais il y a quelques semaines elle a vendu pour 15 000 $ de produits vers l'Algérie.

En attendant, Jim Power construit son succès en Californie. Et devant sa pelouse d'un vert insolent, Paula Pearson conclut en riant : «Je vais devoir mettre un panneau pour dire que mon jardin a été peint, sinon mes voisins vont penser que j'arrose tout le temps et ils vont me dénoncer...»

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