GES: les véhicules plombent les progrès des industries

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Le rapport montre du doigt l'augmentation importante du nombre de camions légers (180% depuis 1990) et de camions lourds (31%), ce qui explique la hausse des émissions dans le secteur du transport, pourtant marqué par des avancées importantes des constructeurs en matière d'économie de carburant, précise le rapport.

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(Québec) Les progrès réalisés par les industries québécoises en matière de lutte contre les changements climatiques ces dernières années ont été plombés par la hausse du nombre de véhicules sur nos routes, confirment des données rendues publiques par Québec hier.

Selon l'Inventaire québécois des émissions de gaz à effet de serre, que le gouvernement Couillard a dévoilé hier, la province a atteint et même dépassé la cible qu'elle s'était fixée dans le cadre du protocole de Kyoto. Ses émissions ont reculé de 8% en 2012 par rapport au niveau de 1990.

Les progrès les plus importants ont été réalisés dans les industries (- 21% par rapport à 1990), dans le chauffage des bâtiments (- 31%) et dans la gestion des matières résiduelles (- 40,9%).

Mais une grande partie de ces avancées ont été annulées par le secteur du transport, dont les émissions ont crû de 25,7% depuis 1990. Bien que les émissions totales des voitures et camions aient très légèrement reculé au cours des dernières années, le secteur est maintenant responsable de 44% des rejets de GES de la province.

Le rapport montre du doigt l'augmentation importante du nombre de camions légers (180% depuis 1990) et de camions lourds (31%), ce qui explique la hausse des émissions dans le secteur du transport, pourtant marqué par des avancées importantes des constructeurs en matière d'économie de carburant, précise le rapport. En outre, les distances parcourues s'allongent.

«Il faut noter que la meilleure performance sur le plan énergétique des moteurs des véhicules ne se traduit pas nécessairement par une diminution des émissions de GES, car cet avantage potentiel est diminué, voire annulé, par l'augmentation de la puissance, du poids et des accessoires des véhicules ainsi que du kilométrage parcouru», précise le rapport.

Patrick Bonin, porte-parole de Greenpeace, estime que Québec devra engager des sommes importantes pour poursuivre le développement du transport collectif s'il veut infléchir la courbe des émissions des véhicules.

M. Bonin qualifie de «positif» le bilan. Mais il prévient que les efforts de Québec pourraient rapidement être effacés. «Le Québec a un devoir de cohérence», a résumé M. Bonin.

Il rappelle que Québec vient d'accorder une aide financière pour la construction d'une nouvelle cimenterie à Port-Daniel, en Gaspésie, qui deviendra le plus important pollueur industriel de la province. Il envisage aussi de donner le feu vert à l'exploitation du pétrole à l'île d'Anticosti, et la construction du pipeline Énergie Est pourrait encourager l'industrie albertaine des sables bitumineux.

Le ministre de l'Environnement, David Heurtel, n'était «pas disponible» pour commenter le rapport hier, a-t-on indiqué à son bureau.

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