Une entente au rabais à Copenhague

Le président Obama quitte la salle de conférence.... (Photo AFP)

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Le président Obama quitte la salle de conférence. Il a qualifié l'entente conclue d'«insuffisante».

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Conférence de Copenhague
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La Presse est à Copenhague à l'occasion de la Conférence internationale sur le climat. Consultez notre dossier complet sur le sujet. »

(Copenhague) Les plus importants pays réunis à Copenhague ont péniblement réussi à trouver un terrain d'entente, ce soir, plus de cinq heures après la clôture prévue de la conférence sur le climat.

Les États-Unis, la Chine, l'Inde et le Brésil ont en effet donné leur accord de principe peu avant 23h, heure locale, à un texte qui réitère leur engagement à lutter contre les changements climatiques, afin de limiter la hausse des températures mondiales à 2 degrés.

On attend toujours, cependant, qu'un vote des 193 pays présents ait lieu sur le texte. Si la plupart des délégués prennent son adoption pour acquis, d'autres estiment qu'il existe encore une faible possibilité qu'il soit rejeté, vu la grogne des pays en développement. Aux Nations Unies, les décisions sont prises à l'unanimité. 

Réagissez sur le blogue de François Cardinal.

Persuadé que l'entente serait bel et bien adoptée, le président américain, Barack Obama, a néanmoins reconnu que celle-ci était «insuffisante». Son homologue français, Nicolas Sarkozy, a ajouté que l'accord «n'est pas parfait», même si c'est «le meilleur possible».

«C'est une première étape, a renchéri M. Obama. La science nous enseigne que beaucoup plus doit être fait.» Selon le texte, les pays doivent déposer en janvier prochain leurs objectifs chiffrés et écrits de réduction des émissions, qui seraient ensuite ajoutés dans une annexe à l'accord.

Cela entamerait les négociations devant mener à l'élaboration d'un traité international lors de la prochaine conférence annuelle sur le climat, toujours prévue en novembre, à Mexico. Celle-ci serait précédée d'une rencontre préparatoire dans les six premiers mois de l'année, à Bonn.

Le président américain a cependant reconnu que malgré l'existence d'une entente, il sera «difficile» pour la communauté internationale d'élaborer et de ratifier un accord contraignant au cours de la prochaine année.

Lui donnant raison, le délégué soudanais Lumumba Stanislas Dia-Ping, dont le pays préside le G77, a soutenu que l'accord était «le pire de l'histoire», une réaction qui montre la grande division qui règne toujours entre les pays.

La déception des pays en développement était d'ailleurs partagée par la plupart des écologistes, dont Les Amis de la Terre, qui ont qualifié l'accord d'«échec abject». «Les négociateurs doivent retourner à la table et accoucher d'une véritable entente pour les gens et la planète d'ici la fin juin», a renchéri Graham Saul, directeur général du Réseau action climat Canada, organisme parapluie des groupes environnementaux du pays.

Épée de Damoclès

La journée a par ailleurs été passablement ardue, de l'aveu même des chefs d'État réunis. Un échec, telle une épée de Damoclès, a pendu au-dessus des pourparlers de l'aurore jusqu'au soir.

Malgré la tenue de deux rencontres entre le président américain et le premier ministre chinois, Wen Jiabao, le moment clé des négociations serait survenu lorsque M. Obama est entré sans s'annoncer dans une rencontre réunissant la Chine, l'Inde et le Brésil, selon le New York Times.

Faisant fi des protestations des responsables chinois du protocole, M. Obama aurait alors affirmé que les négociations ne devaient pas se tenir en secret, geste qui aurait permis aux pays de se rapprocher et ainsi, de dénouer l'impasse.

La proposition européenne de fournir aux pays en développement des fonds dès l'an prochain, et pour les deux années subséquentes, a été retenue. Une somme de 30 milliard sur trois ans sera débloquée, dont 3,6 milliards proviendra des Américains, servira à aider les pays en développement à s'adapter au réchauffement de la planète.

Ottawa, pour sa part, a confirmé qu'il participerait à ce fonds, mais il n'a pas jugé bon chiffrer son aide. «Le Canada est prêt à apporter sa juste part de soutien financier, en particulier aux pays les plus pauvres et les plus vulnérables», s'est contenté de déclarer le premier ministre, Stephen Harper.

Cela dit, plusieurs critiquaient de façon véhémente le président de la conférence, le premier ministre danois Lars Loekke Rasmussen. On l'accuse d'avoir nui aux pourparlers en prenant de mauvaises décisions, qui ont mené à un blocage de plus de 36 heures, grand responsable de l'issue décevante du sommet.

 

 

 

 

 

 

 

 




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