Un film polémique sur la Shoah présenté en Israël

Le documentariste et producteur français Claude Lanzmann... (PHOTO ARCHIVES AFP)

Agrandir

Le documentariste et producteur français Claude Lanzmann

PHOTO ARCHIVES AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Agence France-Presse
Tel-Aviv

Le réalisateur français Claude Lanzmann est venu présenter mardi son documentaire polémique Le dernier des injustes en Israël, qui réhabilite un responsable juif compromis avec les nazis.

«Il était fondamental de présenter mon film en Israël, mais pour la première fois de ma carrière de cinéaste, j'attaque Israël, même si mon empathie pour ce pays ne s'est jamais démentie», a déclaré M. Lanzmann lors d'une conférence de presse à Tel-Aviv.

Le sujet de son dernier documentaire, sorti en France en mai 2013, est Benjamin Murmelstein (1905-1989), ancien Grand rabbin de Vienne et dernier président du Conseil juif du ghetto de Terezin (Theresienstadt en allemand), en République tchèque.

Les Conseils juifs avaient été mis en place par les nazis pour faire régner l'ordre dans les ghettos dont les habitants étaient ensuite déportés vers les camps de la mort.

Arrêté en 1945 et détenu quelques mois pour collaboration avec les Allemands après la guerre, il sera acquitté en 1946 par un tribunal tchèque et vivra jusqu'à sa mort à Rome, «en exil», selon l'expression de Claude Lanzmann.

Ce dernier, qui a rencontré le rabbin Murmelstein en 1975, a décidé d'en faire un film afin de montrer que «la collaboration juive n'a rien à voir avec l'autre, celle de ceux qui soutenaient l'idéologie nazie».

«Ces Juifs ont collaboré avec un pistolet sur la tempe», a expliqué le documentariste, qui prend la défense d'«un homme d'une intelligence hors pair, fascinant et courageux, d'une absolue sincérité».

«Il a sauvé plus de 120 000 Juifs viennois de la déportation en leur permettant en 1939 d'immigrer vers l'Angleterre», a précisé M. Lanzmann.

Israël a longtemps considéré les Conseils juifs comme des organes de collaboration avec l'Allemagne nazie.

Lors du procès d'Adolf Eichmann, un des principaux architectes de la solution finale, à Jérusalem en 1961, Israël a refusé d'entendre Benjamin Murmelstein comme témoin, jugeant que son témoignage manquait de fiabilité.

Dans son film, Claude Lanzmann a déploré l'absence du président du Conseil juif de Theresienstadt au procès Eichmann, dirigé selon le cinéaste par «un imbécile», le procureur général Guidon Hausner.

«Il est temps que le public israélien voit cette réhabilitation du rôle des Conseils juifs», a conclu Claude Lanzmann.

Neuf projections du Dernier des injustes seront présentées au public israélien dans les semaines à venir, toutes précédées par un exposé d'un conférencier choisi par le mémorial de la Shoah, Yad Vashem, installé à Jérusalem.




publicité

publicité

Les plus populaires : Cinéma

Tous les plus populaires de la section Cinéma
sur Lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer