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      Emad Burnat: le cinéaste accidentel

      Emad Burnat, documentariste palestinien.... (Photo fournie par la production.)

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      Emad Burnat, documentariste palestinien.

      Photo fournie par la production.

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      Quand il a acheté sa première caméra en 2005, Emad Burnat s'attendait à filmer les premiers pas dans la vie de son quatrième fils, Gibreel. Mais pendant que le poupon faisait ses premiers sourires, un bulldozer israélien déracinait les oliviers que sa famille cultivait avec soin depuis des générations.

      Là où le paysan palestinien travaillait le sol quotidiennement, une barrière de sécurité, mise en place par l'armée israélienne en prévision de la construction d'un «mur de sécurité» plus permanent, voyait le jour. Les habitants de son village de Cisjordanie, Bil'in, ont décidé de s'opposer pacifiquement à la mainmise sur leurs terres.

      Primé à Sundance

      Comme il possédait la seule caméra du village de 1800 habitants, Emad Burnat s'est transformé en cinéaste, un peu à son insu. «Je suis devenu le caméraman du village. Je n'ai jamais réalisé que ça deviendrait un film», dit l'homme emmitouflé dans un anorak que lui a offert le festival Sundance, où son film, 5 Broken Cameras («5 caméras brisées»), coréalisé avec le cinéaste israélien Guy Davidi, a été primé.

      En six ans, Emad Burnat a tourné beaucoup de choses: les manifestations que tenaient les villageois palestiniens le vendredi sur les terres confisquées, les partisans israéliens et du monde entier qui se joignaient à eux régulièrement, les bombes lacrymogènes, les arrestations de ses frères et d'enfants du village, en pleine nuit, les affrontements avec les colons juifs et, surtout, la mort d'un de ses amis proches.

      «J'ai pris la caméra pour suivre les miens dans leur bataille. J'avais l'impression que ma caméra me protégeait et protégeait les gens de mon village. Je l'ai cru, même si ce n'était pas vrai», raconte-t-il aujourd'hui, en rappelant que cinq caméras ont été détruites pendant le processus, tantôt par un coup, tantôt par une balle de plastique.

      Grièvement blessé

      Lui-même ne s'en est pas sorti indemne. Grièvement blessé, il a dû être traité dans un hôpital israélien, mais a dû se débrouiller seul pour payer la facture. L'autorité palestinienne ne considérait pas que son travail de caméraman équivalait à de la résistance.

      Mais selon le réalisateur accidentel, qui a dû choisir parmi les centaines d'heures d'images vidéo qu'il avait amassées pour en faire un film, le jeu en valait la chandelle. «Mon récit est personnel et il touche beaucoup de gens. J'espère changer les mentalités», lance-t-il.

      À force de résistance, Bil'in a eu partiellement gain de cause. «Nous avons réussi à attirer les médias, à montrer notre point de vue et à récupérer la moitié de nos terres», note-t-il.

      Depuis l'an dernier, la vie a repris son cours dans le village qui se trouve à 12 km de Ramallah, loin du conflit qui fait rage entre Israël et le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza. «Les gens se sentent plus en sécurité, mais nous ne pouvons pas dire que nous avons obtenu justice. Il n'y a pas de justice», conclut le Palestinien, en admettant qu'il aura peut-être été l'homme d'un seul film, tout aussi récompensé soit-il.

      D'abord présenté dans le cadre des Rencontres internationales du documentaire de Montréal, 5 Broken Cameras sera présenté à Excentris lundi, mardi et jeudi à 17h.

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