Nickolas Rossi: de l'influence tranquille d'Elliott Smith

Nickolas Rossi signe un documentaire sur la musique... (Photo: Olivier Pontbriand, archives La Presse)

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Nickolas Rossi signe un documentaire sur la musique d'Elliott Smith, mort tragiquement en 2003.

Photo: Olivier Pontbriand, archives La Presse

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Avec sa voix paisible et enveloppante, ses mélodies acoustiques prenantes et sa dégaine de gars qui semble être sorti du sommeil il y a cinq minutes, Elliott Smith faisait contrepoids à l'image de l'Amérique belliqueuse du début des années 2000.

Or, l'auteur-compositeur-interprète avait ses démons et est mort dans des circonstances tragiques en 2003, rappelle Heaven Adores You, long métrage documentaire de Nickolas Rossi présenté au Festival du nouveau cinéma.

Qu'à cela ne tienne, sa musique aura une emprise marquante sur une partie de sa génération et semble être parfaitement moulée pour résister à l'usure du temps. C'est l'idée générale qu'on retient du documentaire.

«Au milieu des années 90, j'ai déménagé de Chicago à Portland, se rappelle Nickolas Rossi, qui a aussi séjourné à deux reprises à Montréal. À l'époque, plusieurs nouveaux groupes émergeaient. Nous étions dans une période post-punk et pop. J'allais avoir 21 ans, donc l'âge de sortir dans les bars, et j'allais rapidement me rapprocher de cette communauté de nouveaux musiciens. Pour moi, au départ, Smith était uniquement le guitariste du groupe Heatmiser. Mais lorsqu'il a commencé à faire de la musique en solo et qu'on se passait des enregistrements, j'ai dit: «Wow! qui est ce gars?»»

À ses débuts, Smith était un héros local, aimé par les gens de Portland. Mais lorsqu'il s'est retrouvé en nomination aux Oscars pour sa musique du film Good Will Hunting et qu'il a chanté Miss Misery devant des dizaines de millions de téléspectateurs, sa renommée a explosé.

Smith n'est pas à l'aise devant tant d'attention. Il continue à travailler, mais sa vie déboule et le 21 octobre 2003, on le retrouve mort à Los Angeles après qu'il eut reçu deux coups de poignard dans le ventre. Si certains concluent à un suicide, la version officielle parle encore aujourd'hui de circonstances non résolues...

«Lorsqu'il est mort, je ne croyais pas qu'il était très connu et j'avais tort. Le nombre de ses admirateurs à travers le monde était énorme, dit M. Rossi. En faisant ce documentaire, j'ai voulu explorer son influence et son impact dans le monde musical. J'ai été surpris de voir à quel point, des années après sa mort, il se fait encore de nouveaux fans. Plusieurs musiciens et groupes évoquent son influence.»

Des exemples? Conor Oberst, Bright Eyes ou encore Earlimart, énumère le réalisateur, qui signe ici son premier long métrage documentaire.

«Lorsqu'il est mort, les médias s'intéressaient davantage à son côté sombre, au fait qu'il se serait suicidé, les choses qui font vendre, quoi, alors qu'il a tellement fait de belles choses en matière musicale! Le documentaire se veut un hommage, une célébration, à son oeuvre», enchaîne Nick Rossi.

Le film est construit à partir d'extraits de concerts de Smith, de passage en studio et d'entrevues avec des proches. Il y a aussi quantité de plans-séquences de paysages urbains qui nous ramènent constamment au milieu de nulle part. Dans Heaven Adores You, on traverse des ponts, on visite des ruelles sales, on erre sur des quais abandonnés.

«Il y a trois personnages secondaires dans le film, dit M. Rossi. Portland, New York et Los Angeles. Trois villes où Elliott a vécu et où j'ai aussi vécu. Je trouvais que ces images s'agençaient bien à sa musique.»

Même si les dernières années de sa vie ont été sombres, les amis de Smith n'ont pas été trop réticents à parler de lui. Peut-être en raison de la distance qui s'est faite avec les années, mais aussi parce que Nickolas Rossi a choisi d'axer son film sur l'homme en tant qu'artiste.

«On ne peut utiliser que de bons mots pour qualifier la musique d'Elliott, conclut-il. Avec lui, tout est une question de sentiments. Lorsque j'écoute ses chansons, tout est différent. Ses harmonies, ses mélodies vous entrent dans la peau.»

Samedi, 13h15, au Cinéma du Parc

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