Grand Prix pour Xavier Dolan, Palme d'or pour Ken Loach

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Le réalisateur Xavier Dolan durant le discours de réception du Grand Prix du Festival de Cannes, dimanche.

Photo Valery HACHE, AFP

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(Cannes) Deux ans après avoir obtenu, ex aequo avec Jean-Luc Godard, un Prix du jury grâce à Mommy, Xavier Dolan est de nouveau primé à Cannes.

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Les réalisateurs Xavier Dolan et Ken Loach à la cérémonie de cloture du Festival, dimanche.

Photo YVES HERMAN, Reuters

Juste la fin du monde, une adaptation de la pièce de Jean-Luc Lagarce, lui vaut même un laurier encore plus glorieux. Le Grand Prix est le deuxième en importance dans la hiérarchie du palmarès cannois. Jamais un film québécois ne s'était rendu si haut auparavant.

Mettant en vedette Marion Cotillard, Nathalie Baye, Léa Seydoux, Vincent Cassel et Gaspard Ulliel, Juste la fin du monde est un huis clos étouffant, dont l'intrigue est construite autour du retour à la maison familiale, après 12 ans d'absence, d'un jeune écrivain qui se sait en train de mourir.

La langue de Lagarce, particulière, se matérialise parfois en un flot de paroles que Xavier Dolan, fidèle à son style, transforme en feu d'artifice. Mais au-delà de ces dialogues qui maquillent ce que les personnages n'osent jamais se dire, le cinéaste a le don de faire parler le sous texte de façon encore plus éloquente. Les non-dits s'y révèlent de façon subtile et émouvante.

Ce Grand Prix vient en outre clore de façon spectaculaire un chapitre éprouvant pour le cinéaste québécois. Pris à partie par la critique américaine d'influence, qui a descendu son nouveau film en flammes dès la fin de la projection destinée à la presse, Xavier Dolan a dû accuser le choc. L'équipe du film fut toutefois ovationnée pendant plus de sept minutes le lendemain, lors de la projection officielle.

Rappelons que samedi, Juste la fin du monde avait déjà obtenu le prix du jury oecuménique.

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Les prix remis :

Palme d'Or: Ken Loach pour I, Daniel Blake

Grand Prix: Xavier Dolan, pour Juste la fin du monde

Prix de la mise en scène: ex aequo Olivier Assayas pour Personal Shopper et Cristian Mungiu pour Bacalaureat

Prix du scénario: l'Iranien Asghar Farhadi, pour Forushande 

Prix d'interprétation féminine: La Philippine Jaclyn Jose, dans Ma' Rosa

Prix du jury : La Britannique Andrea Arnold, pour American Honey

Prix d'interprétation masculine : l'Iranien Shahab Hosseini pour Le Client

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Palme d'or pour Ken Loach

La Palme d'or du Festival de Cannes a été attribuée dimanche au cinéaste britannique Ken Koach pour I, Daniel Blake, film qui suit sur le parcours du combattant d'un chômeur contraint de demander l'aide sociale.

Six fois primé à Cannes, où il avait reçu la Palme d'or en 2006 pour The Wind that Shakes the Barley, Ken Loach, 79 ans, raconte dans ce film l'histoire d'un menuisier qui se bat pour obtenir l'aide sociale.

Mise en scène

Le Prix de la mise en scène a été remis, ex-aequo, au Roumain Cristian Mungiu pour Baccalauréat et au Français Olivier Assayas pour Personal Shopper.

Dans Baccalauréat Cristian Mungiu sonde avec acuité les compromissions et la corruption dans la société roumaine. Personal Shopper, signé Olivier Assayas raconte l'histoire d'une jeune femme, Maureen, qui espère entrer en contact avec son frère jumeau disparu.

Interprétation

Le prix d'interprétation masculine du Festival de Cannes a été attribué dimanche à l'acteur iranien Shahab Hosseini pour le film Le Client d'Asghar Farhadi.

«Je remercie Dieu», a déclaré le comédien de 42 ans qui a dédié son prix à son «peuple». Fidèle d'Asghar Farhadi, Shahab Hosseini avait déjà joué avec le réalisateur iranien dans Une Séparation et À propos d'Elly.

La star philippine Jaclyn Jose a reçu le prix d'interprétation féminine à Cannes pour son rôle dans Ma' Rosa de son compatriote Brillante Mendoza.

Dans ce film, un cri contre la corruption, elle incarne à 52 ans une mère de famille modeste, forcée de réunir une importante somme d'argent pour éviter la prison, ainsi qu'à son mari

Palme d'or d'honneur à l'acteur français Jean-Pierre Léaud

Le comédien Jean-Pierre Léaud a reçu une Palme d'Or d'honneur, le public réservant une ovation debout à celui qui était venu à Cannes pour la première fois à l'âge de 14 ans.

«Je suis né à Cannes en 1959» lors de la présentation des 400 Coups, de François Truffaut, s'est remémoré l'acteur de 72 ans, avec émotion. «À la fin de la projection, j'étais porté en triomphe sous un tonnerre d'applaudissements».

«Je ressens aujourd'hui la même joie profonde qu'il y a 58 ans, lorsque François m'a dit en me remettant le scénario des 400 coups, tiens Jean-Pierre, tu as le rôle principal», a-t-il ajouté.

«Je n'ai jamais voulu construire une carrière mais j'ai choisi de tourner avec des réalisateurs que j'aime et admire», a-t-il poursuivi. «Une phrase de Jean Cocteau m'a traversé l'esprit : "le cinéma est le seul art qui capture la mort au travail"».

Léaud, incarnation de la Nouvelle Vague, était présent cette année à Cannes pour son rôle du Roi Soleil agonisant dans La Mort de Louis XIV.

Il a incarné le personnage d'Antoine Doinel dans plusieurs films de Truffaut, jusqu'à L'Amour en fuite (1979) et a tourné avec Jean-Luc Godard, Jean Eustache ou Bernardo Bertolucci.

- Avec L'Agence France-Presse

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