Sean Penn rate son rendez-vous à Cannes avec The Last Face

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«J'ai terminé le film, donc je ne peux pas vraiment ajouter grand-chose à la discussion», s'est contenté de dire Sean Penn, visage fermé, lors de la conférence de presse.

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Sophie LAUBIE
Agence France-Presse
CANNES

Des huées, des rires sarcastiques, des critiques catastrophiques: The Last Face de l'Américain Sean Penn, avec Charlize Theron et Javier Bardem, histoire d'amour sur fond d'action humanitaire dans une Afrique déchirée par la guerre, a été éreinté par la presse vendredi à Cannes.

Attendu, ce cinquième long métrage de Sean Penn, en course pour la Palme d'or, raconte l'histoire du docteur Miguel Leon (Javier Bardem), médecin humanitaire, et de sa consoeur Wren Peterson (Charlize Theron), qui tombent amoureux lors d'une mission au Liberia et en Sierra Leone en 2003.

Ils y travaillent avec d'autres médecins, interprétés notamment par Jean Reno et Adèle Exarchopoulos. Dix ans plus tard, ils se retrouvent en Afrique du Sud.

À partir de cette trame, l'acteur et réalisateur américain de 55 ans, connu pour ses prises de position politique et son engagement humanitaire - notamment en Haïti où il a fondé une ONG après le tremblement de terre en 2010 -, raconte l'histoire de ce couple en mêlant scènes d'amour et de guerre.

Romance et images d'attaques, de charniers, d'enfants soldats, d'amputations ou de blessés graves s'entremêlent sans jamais traiter en profondeur la situation dans les pays où se déroule l'intrigue.

D'emblée, le mélange des genres a embarrassé la salle. Un prologue évoque les guerres au Liberia et au Soudan du Sud pour dire que «la brutalité de ces conflits» est «comparable seulement pour l'Occident à celle d'un amour impossible». Une phrase qui a suscité rires et malaise lors de la projection de presse.

Le reste du film de Sean Penn, acteur deux fois oscarisé (pour Mystic River et Harvey Milk) et réalisateur de Into the Wild ou The Pledge, en compétition à Cannes en 2001, n'a pas dissipé la gêne.

«Le pire film»

Avec un lyrisme pompeux, Sean Penn opère un va-et-vient entre les différentes périodes du récit, de la rencontre aux retrouvailles des deux personnages, le tout accompagné par la voix off du personnage de Charlize Theron et une musique assourdissante signée Hans Zimmer.

Quelques dialogues ont suscité des rires dans la salle, tels une réplique du personnage de Jean Reno, maladroitement nommé docteur Love, qui expose la différence entre «choper» et «aimer» une femme.

Considéré par de nombreux journalistes comme «le pire film» du 69e Festival, The Last Face, dont l'accueil a rappelé celui fait au film de Gus Van Sant Nos souvenirs l'an dernier à Cannes, a été étrillé sur Twitter et dans les premières critiques.

«On a trouvé le pire film de la compétition», titre le quotidien français Le Figaro, pour qui «l'Américain a pondu un mélo insipide et même scandaleux», tandis que pour l'hebdomadaire L'Express, The Last Face est «un mélo dégoulinant de bons sentiments», et que Télérama le qualifie de «grotesque».

Ce long métrage est «un ratage total» et «le pire film» de Sean Penn, selon le site américain spécialisé Indiewire, tandis que le magazine Hollywood Reporter y voit «une sortie de route fatale».

«J'ai terminé le film, donc je ne peux pas vraiment ajouter grand-chose à la discussion», s'est contenté de dire Sean Penn, visage fermé, lors de la conférence de presse.

«Je soutiens mon film et chacun a le droit d'en penser ce qu'il veut», a-t-il ajouté.

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