Cannes: amour et violence selon Jacques Audiard

Jacques Audiard à la projection du film Dheepan.... (PHOTO ARCHIVES AFP)

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Jacques Audiard à la projection du film Dheepan.

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Sophie Laubie
Agence France-Presse
Cannes

Le parcours en France de réfugiés sri-lankais, confrontés à la vie dans une cité: avec Dheepan, Jacques Audiard signe un nouveau film qui pose la question de la violence et se veut aussi «une histoire d'amour».

Le film raconte l'histoire de trois exilés, un ancien combattant des Tigres tamouls, Dheepan, une jeune femme et une petite fille de neuf ans, qui fuient la guerre civile dans leur pays en se faisant passer pour une famille.

Alors qu'aucun d'entre eux ne parle français, Dheepan trouve un travail de gardien d'immeuble dans une cité sensible de la banlieue parisienne où règnent dealers et bandes organisées. Dheepan et sa famille d'adoption vont chercher à s'intégrer et à comprendre la culture et la société françaises, mais vont se retrouver confrontés à des dangers, d'une autre nature.

«Ce qui m'intéressait là, c'est de partir de «Qu'est-ce que c'est qu'une fausse famille?» et qu'à la fin ça devienne une véritable famille. Cet homme-là, avant, il se battait pour des raisons politiques. Après, il va se battre juste pour ceux qu'il aime», a déclaré Jacques Audiard, fils du célèbre dialoguiste Michel Audiard.

«Le film s'est réorienté autour du couple et d'une histoire d'amour», a-t-il ajouté, lors de la conférence de presse qui a suivi la projection du film.

«Plusieurs genres qui s'emboîtent»

Le réalisateur, récompensé à plusieurs reprises à Cannes - Prix du scénario pour Un héros très discret en 1996, Grand prix en 2009 pour Un prophète - explore dans son septième film un univers sombre, comme il le faisait déjà dans Un prophète sur la vie des clans en prison.

Au départ, «Je me suis dit qu'il y avait une continuité et donc une trop grande proximité avec Un prophète», a-t-il dit à l'AFP. «C'est après, quand la chose s'est ouverte d'une part sur les Tamouls, sur mes acteurs et après sur la possibilité du développement amoureux que j'ai vu que c'était ça qu'il fallait faire.»

Le personnage principal du film est incarné par un acteur non professionnel, Anthonythasan Jesuthasan, aujourd'hui écrivain. C'est lui-même un ancien des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE), qui l'ont enrôlé à 16 ans. Il a fui son pays puis rejoint la France en 1993. «Je ressemble à 50% à ce personnage», a-t-il dit lors de la conférence de presse.

Jacques Audiard n'a cependant pas voulu faire du conflit qui a déchiré ce pays pendant 37 ans un sujet central, ni faire un film politique.

«Ce qui est apparu assez vite pour moi, c'était de ne pas faire ni un documentaire sur la guerre civile sri-lankaise, ni un documentaire sur les cités, mais de considérer ces deux choses comme un papier peint. Ca fait partie du décor, sans qu'on ait besoin de le décrire», a-t-il expliqué.

Avec ce film, «c'est comme s'il y avait plusieurs genres qui s'emboîtaient les uns dans les autres», a-t-il souligné.

«Est-ce que ça va être un film de guerre? Non. Est-ce que ça va être un film social, sur l'intégration des immigrés? Non. Est-ce que ça va être un film de justicier? Non. C'est comme si l'histoire d'amour dérivait de tous ces genres», a-t-il conclu.

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