Hail, George Clooney!

La ville de Berlin n'est pas mesquine. Depuis le début de la crise, elle a... (PHOTO AFP)

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(Berlin) La ville de Berlin n'est pas mesquine. Depuis le début de la crise, elle a accueilli entre ses murs, pas moins de 80 000 réfugiés. Et aujourd'hui une poignée d'entre eux vont avoir l'insigne honneur de rencontrer Georges Clooney.

Oui messieurs, dames. Quelques heures avant, l'acteur bien connu pour son engagement politique, sera reçu par la chancelière Angela Merkel pour parler de la crise des réfugiés et sans doute de l'état déplorable du monde actuel. C'est ce qu'il nous a appris hier au cours d'une conférence de presse échevelée, quelques heures avant la première européenne de Hail, Cesar! le film d'ouverture de la 66e Berlinale.

La conférence de presse devait en principe être l'occasion d'en savoir d'avantage sur cette nouvelle comédie des frères Coen qui n'arrive pas à se brancher entre l'hommage et la satyre grinçante et dont les critiques sont mitigées. Mais d'entrée de jeu, les frères Ethan et Joel, et leurs amis acteurs, Clooney, Josh Brolin, Tatum Channing, Alden Ehrenreich et Tilda Swinton, semblaient tous pris d'un fou rire contagieux.

Fidèle à lui-même, George Clooney a mutiplié les blagues affirmant que c'était le quatrième film qu'il tournait avec les Coen et que bien qu'ils lui donnent toujours des rôles d'idiots, celui de l'acteur de série B jouant Jules César, était le plus con de tous. «En passant, a-t-il ajouté à la blague, ce ne sont même pas des frères. Seulement des cousins éloignés. Et si jamais j'ai dit des choses gentilles à leur sujet, sachez que j'étais saoul.»

Josh Brolin pour sa part a raconté que les frères Coen voyaient toujours en lui des choses qu'il ne voyait pas en lui-même et qu'un des grand bonheurs du tournage de Hail, Ceasar! était d'avoir pu gifler George Clooney à plusieurs reprises. «Tout le monde rêve de le gifler», a-t-il lancé.

Rappelant aux célèbres Coen le formidable coup de pouce qu'ils ont donné au film Le fils de Saul alors qu'ils étaient présidents du jury à Cannes, une journaliste hongroise leur a demandé d'expliquer leur choix. Mais les frères ont répliqué qu'ils n'étaient pas les seuls responsables du succès du film qui est maintenant en lice pour l'Oscar du meilleur film étranger. «Nous sommes heureux de l'attention que le film obtient, mais à la limite, nous n'y sommes pour rien.» 

Et puis subitement, les choses sont devenues sérieuses. Une journaliste allemande a demandé à George Clooney ce qu'il faisait concrètement pour venir en aide aux réfugiés, sous-entendant qu'il ne faisait rien. Puis, elle s'est adressée aux frères Coen leur demandant pourquoi ils ne tournaient pas un film sur le grand drame humain des réfugiés. Clooney, qui n'a pas apprécié le sous-entendu, lui a retourné la question. «Moi, je sais ce que je fais. Je vais rencontrer des réfugiés demain et je vais en parler avec la chancelière Merkel, mais vous, qu'est-ce que vous avez fait pour eux récemment?» L'acteur tombait mal puisque la dame en question s'est mise à énumérer les actions entreprises dans sa ville.

Un peu penaud, l'acteur s'est alors tourné vers les cinéastes en leur lançant: «Vous, les gars, vous voulez faire un film sur les réfugiés?» Une question que Joel Coen s'est empressé de torpiller en répondant: «C'est absurde de penser que parce qu'on est connu, on doit nécessairement faire un film sur ce sujet. C'est pas comme ça qu'on fait des films.»

Et puis, une dernière bombe a été lancée. Comme Hail, Caesar! se déroule pendant le maccarthysme, un journaliste a voulu savoir s'il fallait y voir un lien entre le sénateur McCarthy d'hier et le Donald Trump d'aujourd'hui. Un ange est passé. Joel Coen s'est mis à bredouiller et à bafouiller tandis qu'Ethan prenait le relais en affirmant que Donald Trump était un phénomène étrange et épeurant, mais qu'il ne voyait pas de lien avec le maccarthysme. Sur ce, George Clooney a conclu que porter une mini-jupe tout le long du tournage de Hail, Caesar! avait été des plus agréables, histoire de détendre l'atmosphère et de passer à un autre appel.

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