Monica Bellucci: l'envie d'émotions fortes

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Venue à Montréal pour accompagner la sortie de Ville-Marie, Monica Bellucci est reconnaissante au cinéaste québécois Guy Édoin de lui avoir offert un personnage aussi riche.

Dans à peine un peu plus d'un mois, Monica Bellucci sera vue sur les écrans du monde entier dans la peau d'une « James Bond Lady ». Hier, jour de son anniversaire, l'actrice était toutefois de passage dans la métropole québécoise afin d'accompagner la présentation de Ville-Marie, le plus récent film de Guy Édoin (Marécages).

Monica Bellucci a évidemment l'habitude de ce type de grand écart. D'autant que tous les genres l'intéressent. Depuis une vingtaine d'années, son talent a pu s'épanouir autant dans le cinéma d'auteur que dans les films destinés à un plus large public.

« Ce sont surtout les occasions qui viennent à nous, faisait-elle remarquer hier au cours d'un entretien accordé à La Presse. J'ai la chance d'avoir eu accès à des cinéastes de talent qui m'ont donné la possibilité de faire mon chemin de comédienne. Une fois devant la caméra, on exerce son métier de la même façon. Qu'il s'agisse d'un film de Sam Mendes, d'Emir Kusturica ou de Guy Édoin, le travail d'actrice reste le même. »

Un accord immédiat

Quand Guy Édoin lui a fait parvenir le scénario de Ville-Marie, Monica Bellucci n'avait pas encore vu Marécages, son film précédent. Dès la lecture, l'actrice a pourtant donné son accord pour tourner à Montréal ce film dans lequel elle incarne une comédienne qui, au cours du tournage d'un film largement inspiré de sa vie, tente de renouer avec un fils (Aliocha Schneider) qu'elle n'a pas vu depuis trois ans.

« Le scénario était déjà très fort à la lecture, explique-t-elle. Quelques jours plus tard, j'ai vu Marécages et je me suis alors dit que j'avais très bien fait d'accepter. Il y a dans ce film une vraie force, une grande vérité. Et Pascale (Bussières) est tout simplement merveilleuse. Même si le style de Ville-Marie est très différent, on retrouve quand même ce côté profond, très réaliste. Je me suis retrouvée dans les mains d'un super pro ! »

Ville-Marie, dont la première montréalaise a eu lieu hier soir, est un film « choral » dans lequel vont se croiser les destins d'une urgentiste (Pascale Bussières), de deux ambulanciers (Patrick Hivon et Louis Champagne), d'un jeune homme (Aliocha Schneider) et de la mère de ce dernier, Sophie Bernard (Monica Bellucci). Cette dernière est une actrice européenne célèbre, de passage dans la métropole pour tourner un long métrage sous la direction d'un cinéaste avec qui elle a déjà partagé sa vie.

Le récit est construit de telle sorte que le spectateur est aussi invité à suivre le tournage du long métrage dans lequel Sophie est la tête d'affiche. Ainsi, l'actrice devient blonde (comme dans Le deuxième souffle d'Alain Corneau), et joue dans un film qui prend la forme d'un mélodrame des années 50, façon Douglas Sirk.

« Guy est doté d'une vision très claire et il sait ce qu'il veut, souligne Monica Bellucci. Il avait déjà des idées très précises sur le look du personnage. J'ai ressenti la passion d'un réalisateur qui connaît le cinéma et qui fait un hommage à plein de styles, tout en gardant sa propre signature. C'est très beau. C'est un peu comme La grande bellezza, dans lequel on sentait toute l'admiration de Paolo Sorrentino pour le cinéma de Fellini, mais en même temps, il nous proposait un film qui lui était singulier. Le rôle que me proposait Guy était si riche, et comportait tant de facettes, que j'en ai même eu un peu peur. Mais l'envie, l'inspiration, et la petite dose de peur, tout cela fait en sorte que le projet devient très stimulant. »

Rêver de cinéma

Née dans un petit village d'Ombrie le 30 septembre 1964, Monica Anna Maria Bellucci a passé son enfance à rêver de cinéma.

« En Italie à cette époque, c'était très courant, fait-elle remarquer. Tous les Italiens sont des cinéphiles dans l'âme. Gina Lollobrigida, Sophia Loren, Silvana Mangano et Anna Magnani m'ont tellement fait rêver ! Il y a d'ailleurs deux tableaux chez moi : l'un est constitué d'une photo d'Anouk Aimée, qui a tourné dans les plus beaux films de Fellini, et l'autre est un portrait d'Anna Magnani. Encore aujourd'hui, je reste très bonne spectatrice quand je regarde un film. »

Le mois prochain, Monica Bellucci sera de Spectre, la 24aventure du plus célèbre agent de Sa Majesté, réalisée par Sam Mendes (American Beauty, Skyfall).

« J'ai vu je ne sais plus combien de fois James Bond au cinéma dire sa célèbre réplique : « Mon nom est Bond, James Bond ». Et là, j'avais Daniel Craig devant moi, qui me lançait cette réplique directement. J'avoue que ça faisait bizarre ! »

Monica Bellucci terminera aussi au mois de novembre le tournage de On the Milky Road, le nouveau film d'Emir Kusturica (Le temps des gitans, Underground).

« J'ai besoin d'émotions fortes au cinéma autant que ma vie de femme a besoin d'équilibre, dit-elle. J'adore être la mère de mes deux enfants et être bien ancrée dans la vie. Dans les films, je peux cependant être toutes les femmes que je ne suis pas. Je peux tout fantasmer et vivre mille vies. J'adore quand on me propose des choses auxquelles je n'aurais pas pensé moi-même. C'est ce qu'ont fait Guy, Sam et Emir. Je suis comme une muse qui a besoin du talent des cinéastes pour exprimer des facettes inédites de moi-même ! »

Ville-Marie prend l'affiche le 9 octobre et Spectre, le 6 novembre.

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