Mommy remporte le César du meilleur film étranger

Suzanne Clément et Nancy Grant, la productrice de... (Photo Christian Hartmann, Reuters)

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Suzanne Clément et Nancy Grant, la productrice de Mommy.

Photo Christian Hartmann, Reuters

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Jean Philippe Angers
La Presse Canadienne

Les César en France faisaient l'honneur à Xavier Dolan d'une quatrième nomination en six ans pour le meilleur film étranger, et cette fois, le cinéaste québécois a eu la faveur de l'Académie, vendredi soir, pour Mommy, poursuivant son beau parcours dans l'Hexagone.

Son film Mommy, récit poignant du trio d'une mère monoparentale, de son fils au comportement violent et d'une voisine bègue tentant d'apporter son secours, a obtenu l'an dernier au prestigieux Festival de Cannes le Prix du jury, ex aequo avec le célèbre cinéaste français Jean-Luc Godard.

C'est Suzanne Clément, interprétant le rôle de la voisine dans le film, et la productrice Nancy Grant, qui sont montées sur scène pour recevoir le trophée, lisant un texte préparé par le cinéaste pour l'occasion.

>>> À lire sur le blogue de Marc-André Lussier: Le discours de Xavier Dolan

Dans cette lettre, qu'il a lue par la suite en ondes en entrevue à RDI, à la demande de l'animatrice Anne-Marie Dussault, Xavier Dolan a souhaité à tous de travailler avec des comédiens qui ont autant d'imagination et de caractère, y voyant des vertus rares, «parce que les gens recherchent l'uniformité, le non-jeu, et la norme».

Retenu au Québec pour le travail, il a aussi salué la France, disant que le pays avait été pour lui au cours des dernières années «un lieu d'acceptation et de fraternité». Il a notamment remercié le Festival de Cannes et son délégué général Thierry Frémaux, ainsi que les César de lui avoir donné du «courage» et de la «confiance».

«Et il faut tellement de confiance pour réussir dans ce métier. Une confiance qui peut être jugée, mal interprétée, et qui peut s'écrouler souvent, et rapidement», a-t-il ajouté.

Xavier Dolan avait précédemment été cité dans la catégorie du meilleur film étranger aux César pour Laurence Anyways, Les amours imaginaires et son premier long métrage en 2010, J'ai tué ma mère.

La compétition était forte, alors que les autres finalistes incluaient Esclave pendant douze ans de Steve McQueen, Boyhood de Richard Linklater, Deux jours, une nuit réalisé par les Belges Jean-Pierre et Luc Dardenne, le Polonais Ida de Pawel Pawlikowski, The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson, ainsi que Sommeil d'hiver réalisé par le Turc Nuri Bilge Ceylan.

Avec sept César, dont celui du meilleur film, c'est Timbuktu qui a raflé la mise. Le film produit par la France, et réalisé par le Mauritanien Abderrahmane Sissako, a aussi obtenu les prix de meilleur réalisateur, scénario original, musique originale, meilleur son, meilleure photo et meilleur montage.

Timbuktu est un film autour des interdits imposés aux habitants de Tombouctou et des environs par les djihadistes, comme la musique, les cigarettes ou le football. Il s'agit également du récit de Kidane, qui mène une vie simple et paisible dans les dunes, entouré de sa femme Satima, sa fille Toya et de Issan, son petit berger âgé de 12 ans, mais sur qui pèse aussi la menace des extrémistes religieux.

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