Timbuktu grand vainqueur des Césars

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La productrice Sylvie Pialat, le réalisateur mauritanien Abderrahmane Sissako et la scénariste Kessen Tall, pour le film franco-mauritanien Timbuktu.

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Sophie LAUBIE
Agence France-Presse
PARIS

Le film franco-mauritanien Timbuktu d'Abderrahmane Sissako, chronique de la vie quotidienne dans le nord du Mali sous la coupe des djihadistes, a triomphé vendredi à la 40e cérémonie des César, au cours d'une soirée qui a voulu célébrer la liberté d'expression.

Timbuktu a reçu sept prix, dont les prestigieux trophées du meilleur film et meilleur réalisateur.

«La France est un pays magnifique, parce qu'elle est capable de se dresser contre l'horreur, contre la violence, l'obscurantisme», a dit Abderrahmane Sissako, en référence aux immenses manifestations dans le pays qui ont suivi les attentats des 7, 8 et 9 janvier à Paris.

«Il n'y a pas de choc des civilisations, ça n'existe pas. Il y a une rencontre des civilisations», a ajouté celui qui est devenu le premier cinéaste d'Afrique noire à recevoir le César du meilleur réalisateur.

Le cinéaste a aussi tenu à remercier la France, «pays extraordinaire, ouvert aux autres» et son pays, la Mauritanie, qui «a accepté de protéger son équipe».

Timbuktu, éclairage sur l'extrémisme qui trouve une résonance particulière dans l'actualité, est également en course pour l'Oscar du meilleur film étranger décerné dimanche.

Célébrant la tolérance face à l'obscurantisme, le film inspiré de faits réels: le nord du Mali est bien tombé en 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda, qui en ont été chassés en grande partie par l'opération militaire «Serval», à l'initiative de la France.

Nommé à huit reprises, Timbuktu -- qui a aussi reçu les César du scénario, du montage, du son, de la photo et de la musique --, était le grand favori de la soirée face à Saint Laurent de Bertrand Bonello, sur la vie du couturier français, qui est reparti presque bredouille.

Film le plus souvent cité, avec dix citations, il n'a remporté que le César des meilleurs costumes, éclipsé par le raz-de-marée Sissako.

Dès le début de la cérémonie au théâtre du Châtelet à Paris, son président Dany Boon avait donné le ton, en soulignant qu'«en ces temps troublés, nous nous devons de montrer l'exemple et de faire preuve d'ouverture d'esprit, de tolérance, de respect, de générosité et d'amour».

«Le monde a bien besoin en ce moment qu'on lui raconte des histoires, de belles histoires pour que le monde continue de croire en son humanité», a-t-il ajouté.

Adèle Haenel et Pierre Niney

Face à cette déferlante Timbuktu, les autres films se sont partagé les prix restants.

Pierre Niney, qui prête sa grâce fragile à Yves Saint Laurent dans le film Yves Saint Laurent de Jalil Lespert, autre biopic sur le couturier français, a reçu le César du meilleur acteur, l'emportant sur son concurrent Gaspard Ulliel dans le film de Bertrand Bonello.

Adèle Haenel, 26 ans, a décroché le César de la meilleure actrice pour son rôle de jeune femme rebelle et impulsive se préparant à l'apocalypse dans le film Les Combattants de Thomas Cailley.

Ce premier long métrage d'un jeune cinéaste de 34 ans, oeuvre la plus représentée derrière Saint Laurent avec neuf nominations, a aussi obtenu le César du meilleur premier film et celui du meilleur espoir masculin pour son interprète Kévin Azaïs.

La comédie La Famille Bélier d'Eric Lartigau, très appréciée du public, a quant à elle été récompensée par le César du meilleur espoir féminin pour la comédienne et chanteuse Louane Emera, 18 ans, découverte dans le télé-crochet The Voice.

L'actrice américaine Kristen Stewart, 24 ans, est devenue vendredi la première Américaine à remporter un César, pour son second rôle dans Sils Maria d'Olivier Assayas.

L'acteur Reda Kateb a quant à lui reçu le César du meilleur second rôle masculin pour son interprétation d'un médecin dans Hippocrate de Thomas Lilti.

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