Benoît Brière: pour ou contre

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Chaque semaine, un invité de La Presse prend position sur des sujets qui marquent son actualité. Cette semaine: Benoît Brière.

Après avoir été présentée à Super Écran, la première saison de Madame Lebrun, une comédie burlesque le mettant en vedette, est rediffusée à Canal D, dès ce soir, à 20 h. Benoît Brière jouera aussi dans la pièce Les 3 ténors avec ses complices Luc Guérin et Martin Drainville au Théâtre du Vieux-Terrebonne, dès le 8 juin.

Les auditions libres: contre

«Je suis totalement, profondément et viscéralement contre. On prétend - en ouvrant les auditions aux interprètes autodidactes et non professionnels - qu'on cherche la perle rare. C'est possible, car le talent est inné. Mais, en plus du talent, un comédien a besoin d'avoir une formation, d'étudier des techniques de jeu, de peaufiner son "instrument". Ça prend du métier en maudit pour monter sur les planches! À la limite, prétendre qu'un acteur autodidacte peut aussi jouer un premier rôle, c'est manquer de respect au milieu, aux comédiens et au public. C'est sûr que l'inexpérience et l'absence de formation vont se voir sur la scène, qu'on va comparer avec les autres professionnels. Ça ne rend service à personne.»

Le théâtre d'été: pour

«Comme je suis directeur artistique d'une compagnie qui présente du théâtre en été [le Théâtre du Vieux-Terrebonne], je suis bien sûr pour. À condition d'offrir au public des productions d'aussi bonne qualité qu'en saison. Au cours des 20 dernières années, il s'est fait une sorte de sélection naturelle : il reste une trentaine de théâtres d'été au Québec. Le public est plus exigeant et il y a une plus grande offre culturelle en ville. On doit absolument offrir des spectacles de qualité.»

Les acteurs qui se travestissent: pour

«Je suis pour, parce que j'en ai fait plusieurs, des douzaines, au théâtre et à la télévision. C'est une convention dans le théâtre comique depuis des lustres. Mais j'ai bien hâte de voir des actrices se déguiser en hommes (rires). Pour moi, masculin ou féminin, c'est la même chose. J'aborde l'interprétation de la même manière: trouver la vérité du personnage. Après tout, le jeu, c'est un prétexte pour se déguiser et devenir une autre personne.»

Le blackface: contre

«En général, je suis contre. Je comprends que, historiquement et culturellement, le blackface est une pratique horrible, raciste. Mais il ne faut pas virer fou! Nous ne sommes plus dans les années 50. Actuellement, il y a une chasse aux sorcières et ça devient indécent. Il faut mettre un numéro dans son contexte, regarder les intentions artistiques. Par exemple, un sketch avec P.K. Subban joué par un acteur blanc dans une revue de fin d'année du Rideau Vert, je suis pour. On riait de l'intervieweur, pas de P.K. À la limite, on oublie que P.K. est noir. Idem avec la promo de Mariana Mazza, qui avait un concept où chaque visage est neutre pour montrer qu'on est semblables malgré les races. Il y a 12 ans, j'ai fait une publicité pour Bell dans laquelle j'incarne 18 enfants de toutes les nationalités. Si on ressortait cette pub aujourd'hui, je me ferais lapider sur la place publique!»

Les blagues sur les handicapés: contre

«J'ai un réel malaise avec ce type d'humour. On parle de personnes déjà vulnérables, stigmatisées, et qui peuvent se sentir diminuées dans le regard des autres au quotidien. Pas besoin d'en rajouter pour faire rire la galerie. Je trouve ça facile. Je suis pour la liberté d'expression, mais il y a des limites. Comme comédien et personnalité, je profite d'une tribune avec laquelle j'ai le privilège de m'exprimer devant un large auditoire. Or, cette tribune vient aussi avec des devoirs et des responsabilités.»

La critique: pour

«Je suis pour la critique en général. Elle nous permet de nous améliorer en tant qu'artistes et en tant que personnes. Mais si on parle de la critique de théâtre, je l'accepte si elle est constructive, rigoureuse et écrite au "je". Dites-moi: "Je pense que cette mise en scène a telle ou telle faiblesse"; et non: "Ce spectacle est raté"! Aujourd'hui, la critique culturelle occupe de moins en moins d'espace dans les médias. Elle a été remplacée par des comptes rendus, de la chronique, des papiers d'humeur, pour vendre de la copie...»




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