La liste de François Papineau

François Papineau... (Photo Olivier Pontbriand, La Presse)

Agrandir

François Papineau

Photo Olivier Pontbriand, La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Luc Boulanger
La Presse

«C'est un beau défi, un très gros morceau sur lequel je travaille sans relâche depuis des mois. Plus je creuse, plus je découvre de nouvelles choses.» François Papineau parle ainsi du rôle d'Alceste, dans Le misanthrope, qu'il joue au Rideau Vert dès mardi, sous la direction de Michel Monty.

Il s'agit de la comédie la plus sombre et amère de Molière. L'auteur l'a écrite en 1666. Alors au sommet de sa gloire, Molière dérange et multiplie les ennemis. Ses pièces précédentes, Tartuffe et Don Juan, ont semé la controverse. Molière doit se défendre contre les poursuites et les attaques des intégristes et des dévots. Plus ça change...

«La modernité de l'oeuvre est incroyable, poursuit Papineau. Il y a 350 ans, Molière a fait le portrait de l'orgueil et de l'entêtement des hommes. Dans le monde où on vit, il est très difficile de dire non sans se sentir coupable. C'est toujours l'intérêt qui domine. C'est rare que les hommes agissent par pur altruisme, sans rien attendre en retour...»

L'acteur qu'on peut voir dans Unité 9 estime que Molière démontre, par les contrastes entre les personnages, que la société nous a conditionnés à manoeuvrer pour atteindre nos buts. «Au départ, c'est une blessure d'amitié qui pousse Alceste, homme extrêmement orgueilleux, à s'entêter à dire la vérité à chacun. Or, ça ne donne rien de traiter tout le monde d'hypocrites. Il finira par se retirer de la compagnie des hommes.»

Son premier Molière depuis l'École nationale de théâtre, Le misanthrope, est aussi sa première pièce en alexandrins. «C'est vertigineux, lance Papineau. Il faut dire chaque vers avec clarté, tout en faisant ressortir l'idée derrière l'alexandrin. Selon nous, l'idée doit ressortir avant la musique des alexandrins.»

C'est le parti pris de Michel Monty qui a aussi modernisé l'action à l'époque des médias sociaux. Bénédicte Décary sera Célimène, une jeune coquette nouvellement veuve, dont Alceste est amoureux. Célimène vit dans un loft au centre-ville. Alceste lit des textos. Pour leur donner la réplique, la production peut compter sur des Stradivarius tels qu'Isabelle Vincent, David Savard, Catherine de Léan...

***

OPÉRA: Anne Boleyn

«Ma blonde [Bénédicte Décary] m'a fait découvrir la grande chanteuse Anna Netrebko. Nous sommes allés la voir dans le rôle-titre de la reine tragique de Donizetti, dans une retransmission de la production du Met au cinéma. Cette interprète est un exemple de justesse et de précision dans le jeu. Sans parler de sa voix hallucinante! J'adore les enjeux mythologiques des opéras. J'ai tellement embarqué dans l'histoire de Turandot que j'ai pleuré la moitié du show!»

CINÉMA : Les Plouffe

«Le film de Gilles Carle, dans sa version longue réalisée en 1981, est un éternel classique du cinéma québécois. Il y a plein de scènes d'anthologie. À la fin, lorsque maman Plouffe [Juliette Huot] apprend le contenu des lettres de guerre de son fils [Serge Dupire] et crie sur le balcon: «Mon Guillaume qui tue des hommes!!!» C'est terriblement émouvant!»

MUSIQUE : Rock Swings de Paul Anka

«On surnomme ce chanteur orginaire d'Ottawa «l'homme à la voix de velours». J'adore ce disque où il interprète des standards pop et rock des années 80 et 90. Comme It's a Sin des Pet Shop Boys, True de Spandau Ballet, It's My Life de Bon Jovi et Smells Like Teen Spirit de Nirvana avec un big band de 17 musiciens... C'est capoté!»

TÉLÉVISION : La voix

«C'est mon rendez-vous télévisuel de la semaine. C'est renversant de voir le talent qu'il y a un peu partout au Québec. Et la beauté du talent brut. C'est très «renforcement positif» comme émission.» À TVA les dimanches à 19h30.

LIVRE : Ça s'est fait comme ça de Gérard Depardieu

«Un petit livre [176 pages] qui est une autobiographie de l'acteur. Ça lui ressemble. On entend sa voix en lisant. Ça explique bien son parcours de bum. Il dit d'ailleurs: «Je grandis dans la rue, bien plus qu'à l'école où j'ai tout juste appris à lire et à écrire. La rue ne te laisse rien passer, tu dois croire en ta bonne étoile, ne compter que sur toi-même.» Ça replace en contexte les événements qui ont fait parler de lui ces dernières années.»

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Arts

Tous les plus populaires de la section Arts
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer