Immense et «fantastique» Symphonie n° 5 de Bruckner

Yannick Nézet-Séguin a su mener son navire en... (PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE)

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Yannick Nézet-Séguin a su mener son navire en évitant les écueils, c'est-à-dire en excluant toute surenchère dans les phases les plus intenses de l'exécution, d'après notre journaliste Alain Brunet.

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Musicologues, critiques et connaisseurs considèrent la 5e Symphonie d'Anton Bruckner comme sa plus complexe, sa plus monumentale, sa « fantastique » pour reprendre son propre qualificatif.

Avec l'enregistrement public de cet immense édifice compositionnel par l'étiquette ATMA, Yannick Nézet-Séguin complète ainsi le cycle entier des symphonies de Bruckner, amorcé en 2007. On imagine bien que la fameuse 5e était la destination finale de cet ambitieux périple, puisque qu'elle pose le défi de sa plus difficile exécution. 

Chef d'oeuvre contrapuntique, « proportions parfaites » dans chacun des quatre mouvements, prouesses combinatoires, trame dramatique méticuleusement érigée, utilisation judicieuse des thèmes, « si bémol majeur triomphant » et plus encore.

« Clef de voûte » du langage brucknérien, renchérissait hier le chef et directeur artistique de l'Orchestre Métropolitain. Mercredi, le maestro québécois avait cassé la glace à Verdun, il était jeudi à la Maison symphonique pour y entamer la saison de l'OM avec cette oeuvre colossale.

Yannick Nézet-Séguin a su mener son navire en évitant les écueils, c'est-à-dire en excluant toute surenchère dans les phases les plus intenses de l'exécution, en révélant la grâce et la volupté des parties les plus chantantes de l'oeuvre, aussi en magnifiant cette quête mystique au coeur de la démarche brucknérienne, chrétien fervent comme on le sait.

Pour toutes ces raisons et facteurs de motivation, l'Orchestre Métropolitain a atteint des altitudes supérieures, ses interprètes se sont dépassés dans l'urgence de relever un tel défi . On l'a dit et on le redit encore une fois, la direction de YNS galvanise le jeu d'ensemble de cet orchestre symphonique, son rapport entre les sections, ses performances individuelles.

Enfin bref, la clarté, la puissance, la passion et la subtilité ont caractérisé l'interprétation de cette symphonie dont la durée dépasse l'heure et quart, dont le finale est un pinacle méticuleusement gravi et triomphalement atteint.

En première partie, la pianiste canadienne Angela Cheng, «  grande amie de l'Orchestre métropolitain » que Yannick Nézet-Séguin « admire depuis l'âge de 13 ans », a interprété Burlesque en ré mineur. Cette oeuvre concertante pour piano et orchestre de Richard Strauss est très influencée par Brahms, les historiens de la musique indiquent cependant que cet exercice d'évocation avait permis au jeune compositeur de préciser son propre style. On l'a d'ailleurs constaté hier, notamment dans la relation  entre le piano, les percussions, les cuivres et les bois. On aura en outre observé l'attaque très franche d'Angela Cheng aux ivoires, un sens des nuances et... quelques petits accrocs dans les parties véloces de l'oeuvre. Qui s'en plaindra?

***

ORCHESTRE MÉTROPOLITAIN

Chef d'orchestre: Yannick Nézet-Séguin

Soliste : Angela Cheng

Jeudi soir, Maison symphonique. Reprise: vendredi, 19h30, Église Saint-Joachim de Pointe-Claire. Programme: Burlesque en ré mineur, pièce concertante pour piano et orchestre (1886), Richard Strauss;  Symphonie n° 5 en si bémol majeur, WAB 105  (1875- 1879) d'Anton Bruckner




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