Violon : le 2e et dernier soir

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Claude Gingras
La Presse

Les juges du Concours de violon - parmi lesquels Rodney Friend, Régis Pasquier et le Montréalais Vladimir Landsman, appelé à quelques jours d'avis à en remplacer un autre - ont choisi le Belge Marc Bouchkov pour le grand prix de 30 000 $. On a le droit d'être un peu déçu. Mais il faut se rappeler que les juges ont entendu les finalistes en deux autres épreuves précédentes et qu'ils font sans doute une évaluation globale. Se rappeler aussi que ces juges sont des praticiens du violon et qu'ils entendent et voient inévitablement, dans la façon avec laquelle chaque concurrent manie l'instrument et y traduit le texte musical, des choses qui échappent à ceux qui ne sont pas violonistes.

Les commentaires exprimés ici sont donc ceux d'un auditeur qui n'a suivi que l'épreuve finale avec orchestre. Pour cet auditeur, le choix était Stephen Waarts, le dernier entendu et, à 16 ans, le plus jeune des six finalistes. L'autre finaliste de 16 ans, Zeyu Victor Li, est né une semaine avant Waarts!

Comme on le sait, c'est par pur hasard que l'épreuve finale comportait quatre fois le Concerto de Tchaïkovsky et deux fois le Concerto de Brahms - lesquels, hasard encore, sont tous deux en ré majeur. En fait, pour l'éventualité d'un accès à la finale, sept concurrents avaient choisi le Tchaïkovsky et trois, le Brahms.

Stephen Waarts, comme conscient qu'il n'a pas précisément l'allure d'une star de cinéma, semble avoir mis tout son être dans une seule chose: son violon. Il en tire dans le Brahms une sonorité noble qui rappelle Milstein et y imprime une pensée continue, du commencement à la fin, y compris dans la cadence virtuose (il a aussi choisi celle de Joachim). Une seule réserve: le suraigu est parfois légèrement faux.

Zeyu Victor Li, déjà nommé, ouvrait la séance d'hier soir. À 16 ans lui aussi, il montre dans le Tchaïkovsky une personnalité étonnante pour cet âge, de l'imagination aussi: accents nouveaux, grande variété dans le son. Il a cependant connu quelques moments difficiles sur le plan de la justesse.

Le finaliste suivant avait aussi choisi le Tchaïkovsky (entendu les quatre fois dans sa version intégrale, sans les coupures opérées au finale). Alors que Waarts et Li sont des musiciens raffinés, dignes disciples d'Aaron Rosand, le finaliste Roudine est un produit de l'école brutale de Zakhar Bron dont est sorti Maxim Vengerov, violoniste devenu chef de l'OSM pour cette compétition.

Vengerov accompagne avec soin, comme le premier soir. Mais ce qu'on entend au violon n'est pas très musical, plutôt ordinaire, gros, pas toujours très juste et finalemenrt sans intérêt. Roudine prend le finale tellement vite que l'orchestre a parfois du mal à le suivre. Mais la foule ovationne à tout rompre. En fait, elle ovationne tous les finalistes de la même façon, sans exception et sans discernement.

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DOUZIÈME CONCOURS MUSICAL INTERNATIONAL DE MONTRÉAL. Discipline: violon. Épreuve finale avec l'Orchestre Symphonique de Montréal. Chef invité: Maxim Vengerov. Maison symphonique, Place des Arts. Deuxième et dernière séance hier soir. Programme: Concerto en ré majeur, op. 35 (Tchaïkovsky), et Concerto en ré majeur, op. 77 (Brahms).

Participants:

Zeyu Victor Li, 16 ans (Chine): Tchaïkovsky

Fédor Roudine, 20 ans (France): Tchaïkovsky

Stephen Waarts, 16 ans (États-Unis): Brahms




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