Au NEM : Prévost : présence

Stéphane Tétreault.... (Photo: André Pichette, La Presse)

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Stéphane Tétreault.

Photo: André Pichette, La Presse

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Claude Gingras
La Presse

Les mots nous manquaient lorsque se sont tus, l'un après l'autre, le violoncelle et les instruments qui l'entouraient. Mais, au fait, pourquoi parler, comment même tolérer le moindre bruit, lorsque la musique d'André Prévost avait tout dit et rejoignait son auteur dans l'éternité?

C'est un grand moment de l'histoire de la musique québécoise que nous avons vécu mercredi soir, salle Bourgie, avec cette reprise de Menuhin : Présence. Prévost avait conçu ce «concerto» de 25 minutes pour violoncelle, avec importante partie de violon, comme un hommage au célèbre violoniste qui joua un grand rôle dans sa carrière. Ce devait être son oeuvre ultime. À la création, le 3 décembre 2000, et bien que marchant manifestement vers la mort, le compositeur monta sur scène pour saluer et mourut le 27 janvier suivant.

Lorraine Vaillancourt et le NEM avaient créé l'oeuvre, avec Yegor Dyachkov au violoncelle. Dyachkov était là mercredi soir, comme auditeur. Ayant centré ce concert sur la relève, le NEM avait confié la partie soliste au très jeune Stéphane Tétreault. En 12 ans, l'oeuvre a traversé tout un monde. Si la première exécution laissa une bonne impression, il semble que, dans le grand geste et la grande sonorité du jeune et génial Tétreault, l'oeuvre se soit enfin révélée dans toute sa troublante dimension, comme quelque violent combat intérieur.

Cette mémorable fin de concert éclipsa tout ce qui précédait. Et pourtant, dans l'absolu, les autres pièces n'étaient pas sans mérite. Celle de Christopher Mayo, Canadien vivant à Londres, est un autre exercice de minimalisme, avec des effets «hydrauliques» justifiant le titre, mais ses 13 minutes se développent d'une façon intéressante grâce à une instrumentation constamment renouvelée.

Minimalisme encore dans la longue pièce de 20 minutes du Français Philippe Leroux, professeur à McGill, que le NEM joua en 2006. Cette fois: des arpèges et des gammes, à l'orchestre et, surtout, au violon, magistralement conduit par l'étonnante et très jeune Mira Benjamin, native de Vancouver. La pièce est la deuxième d'une trilogie intitulée Continuons... d'Aller... Plus loin. D'où ce titre d'Aller pour la pièce centrale.

MM. Mayo et Leroux étaient présents, de même que la veuve et les enfants de Prévost. Avant l'oeuvre de Prévost, on projeta l'émouvant film de James Dormeyer réalisé pendant la dernière répétition précédant la création.

NOUVEL ENSEMBLE MODERNE. Dir. Lorraine Vaillancourt. Solistes : Mira Benjamin, violoniste, et Stéphane Tétreault, violoncelliste. Mercredi soir, salle Bourgie du Musée des beaux-arts.

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Programme :

Clean Room Design: sous les mers (2010) - Christopher Mayo

d'Aller, pour violon et ensemble instrumental (1994-95) - Philippe Leroux

Projection du film Menuhin: Présence...je me souviens de James Dormeyer

Menuhin: Présence, pour violoncelle et ensemble instrumental (2000) - André Prévost




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