Piers Faccini et Vincent Ségal: les atomes crochus

Pour leur premier disque commun, Vincent Ségal (à... (Photo fournie par les artistes)

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Pour leur premier disque commun, Vincent Ségal (à gauche) et Piers Faccini ont volontairemment dépouillées les sonorités entendues, laissant place à la lenteur et la simplicité des arrangements.

Photo fournie par les artistes

Ces jours-ci, Piers Faccini mène de front deux tournées en France. La première avec son inséparable complice Simone Prattico, qui s'arrêtera au Québec le week-end prochain, et l'autre - qui débute - avec le violoncelliste Vincent Ségal, l'ami de toujours avec lequel il vient de lancer le fort bel album Songs of Time Lost.

Ce disque raconte et célèbre l'amitié qui unit depuis 25 ans le chanteur britannique aux racines italiennes, établi depuis longtemps dans la campagne française, au violoncelliste français. Faccini étudiait aux Beaux-Arts quand il a rencontré Ségal dans une fête. Aussitôt, il a pris sa guitare et Ségal, son violoncelle, et ils se sont mis à bosser ensemble. Des années plus tard, c'est Ségal qui aidera Faccini à décrocher un premier contrat de disques avec Label Bleu et qui réalisera son premier album, Leave No Trace.

Contrairement à ce que suggère le titre Songs of Time Lost, ces chansons témoignent de l'évolution des deux musiciens au fil des ans. La première mouture de deux de ces compositions avait même été enregistrée pour un film en 1996, bien avant que Piers Faccini ne lance son premier disque. On y trouve aussi bien des compositions des deux hommes que des versions de chansons qui leur tiennent à coeur, comme l'exquise Quicksilver Daydreams of Maria, empruntée à Townes Van Zandt.

Les fans de Faccini reconnaîtront la chanson napolitaine Cammina Cammina ou encore Mangé pou le coeur, une chanson en créole du Réunionnais Alain Péters que Ségal lui a fait connaître et qui a permis à Faccini de surmonter quelque peu l'appréhension qu'il avait de chanter en français.

«On a toujours fait des concerts à deux, c'est juste qu'on n'avait jamais fait de disque, rappelle Faccini au téléphone. Pour cet album, on a joué comme on le faisait il y a 25 ans. Tout s'est fait tellement facilement, on ne s'est même pas demandé ce qu'on aimait, ce qu'on devrait jouer. Le choix des morceaux est une sorte de bande sonore de notre amitié, des choses que chacun de nous a apportées, mais qu'on connaît par coeur tous les deux. Étant marié à une Napolitaine et à cause de mes origines italiennes, c'est moi qui ai voulu reprendre des morceaux napolitains, mais on les avait déjà joués ensemble en concert il y a quatre ou cinq ans dans un festival à Rennes.»

Le même univers

Songs of Time Lost frappe par son ton d'ensemble. Si le violoncelle y joue parfois un rôle mélodique, il est plus souvent l'instrument rythmique sur lequel se pose la voix nue et, occasionnellement, la guitare acoustique de Faccini. Toutes ces chansons, aussi bien la médiévale Jesce Sole que Make Me a Pallet on Your Floor du bluesman Mississippi John Hurt et la version instrumentale de Wenn ich Mir, Was Wünschen Dürfte que chantait jadis Marlene Dietrich, se fondent dans le même univers.

«C'est un mélange très étrange qui serait absurde si ce n'était pas notre mélange, des choses qu'on a écoutées, qu'on adore et qu'on a partagées pendant des années et des années», laisse entendre Piers Faccini.

Les deux hommes ont poussé un peu plus loin la volonté de dépouillement que manifestait déjà Faccini sur son album Between Dogs and Wolves, paru il y a un an.

«On a posé des micros, un pour la voix, un pour la guitare, un pour le violoncelle, et c'est tout, on n'a rien ajouté par la suite, raconte Faccini. Il y a une lenteur et une simplicité qui viennent avec l'âge que j'aime beaucoup. Je suis vraiment à l'écoute de ce que je suis, de ce qu'est Vincent, de ce qu'on se raconte. Maintenant, on sait s'écouter, on sait donner de la place à l'autre. C'est un peu osé dans le dépouillement, mais c'est comme ça qu'on joue en concert. Je trouve ça tellement génial, ce que Vincent peut faire, sa maîtrise rythmique, sa palette de sons presque infinie, que ce serait dommage d'ajouter autre chose.»

«Il est ma voix», dit Ségal dans un communiqué à propos de son vieux compagnon Faccini. Le chanteur lui renvoie le compliment: «Il y a 25 ans, et même il y a dix ans, si on m'avait offert de faire un disque avec Vincent, peut-être que j'aurais hésité. J'ai tellement d'admiration pour lui, pour sa maîtrise de son instrument, sa sensibilité, son écoute et son intelligence, que j'aurais eu peur de ne pas être à la hauteur. Je suis content d'avoir attendu tout ce temps.»

Piers Faccini espère de tout coeur qu'il aura l'occasion de présenter avec son ami Ségal la matière de Songs of Time Lost au public québécois. Peut-être au prochain Festival de jazz?

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À la Salle André-Mathieu

le 3 octobre, et au Théâtre

du Marais de Val-Morin

le 4 octobre

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FOLK

Piers Faccini

et Vincent Ségal

Songs of Time Lost

No Format




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