Nick Cave inspiré par sa ville d'origine

Nick Cave lors de son passage à la... (Photo: archives AFP)

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Nick Cave lors de son passage à la Berlinale en février dernier.

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Shaun Tandon
Agence France-Presse
New York

Au fil d'une carrière de quarante ans, le chanteur et écrivain australien Nick Cave n'a cessé de rechercher la nature profonde à la fois de Dieu et du désir sexuel dans ses chansons de post-punk et rock gothique.

Même s'il a quitté l'Australie en 1980, l'artiste reconnaît que Wangaratta - sa ville d'origine située dans l'État de Victoria et peuplée de 17 000 âmes - continue de «l'inspirer dans presque tous les aspects» de sa vision artistique.

«Elle a eu un énorme impact sur les différentes ambiances que l'on retrouve dans mes chansons», a-t-il raconté lors de la présentation à New York ce week-end d'un film mi-documentaire, mi-fiction sur sa vie, 20 000 jours sur Terre, dans lequel il interprète son propre rôle.

«L'idée d'une rivière, d'un espace ouvert, d'une petite ville... Cela vient inévitablement de ma vie passée dans cette horrible ville», note l'artiste.

«Ce n'était pas facile de grandir dans cet endroit, parce qu'il y avait une forte présence policière et ils faisaient de notre vie à tous un enfer», s'est-il rappelé.

Le musicien a quitté sa ville natale pour Melbourne puis Londres avec son groupe punk The Birthday Party, dont la musique sombre laisse déjà entrevoir les prémices du mouvement gothique. Leurs concerts étaient connus pour leur ambiance bagarreuse et provocatrice.

Le film montre notamment un spectateur urinant sur le bassiste Tracy Pew.

Selon Cave, ses origines australiennes ont compliqué ses débuts à Londres et ce n'est qu'en se rendant à Berlin-Ouest que le groupe trouve enfin la liberté de se développer artistiquement.

Les médias britanniques «n'ont pas compris à l'époque qu'un groupe australien puisse faire une musique un tant soit peu originale. Ils ont cru que nous avions passé énormément de temps avec la population indigène», a-t-il expliqué.

Étrange relation à Dieu

L'artiste va cependant évoluer. Avec son nouveau groupe Nick Cave and The Bad Seeds, il devient plus expérimental, incorpore des éléments du blues américain dans l'atmosphère sombre et gothique de ses chansons.

La chanson The Mercy Seat (1988), foisonnante de références bibliques, raconte l'histoire d'un condamné en passe d'être exécuté sur la chaise électrique.

Malgré un travail à forte connotation religieuse, le musicien et écrivain explique dans le film avoir «une étrange relation avec le concept de Dieu».

«Dans mes textes, il existe un être de ce type. Quelqu'un qui relève les scores», explique-t-il à son thérapeute, dans une séquence du film.

Mais «dans le monde réel, je ne crois pas en quelque chose de ce genre. Les seules fois où je me suis vraiment intéressé à la religion, c'est quand je prenais beaucoup de drogues», souligne l'artiste, qui fête lundi ses 57 ans.

20 000 jours sur Terre défie tout style narratif. Il commence en montrant Nick Cave le 20 000e jour de sa vie, alors qu'il a entre 54 et 55 ans, une journée apparemment banale.

Le chanteur conduit une Jaguar sous le ciel gris de la station balnéaire de Brighton, au sud de l'Angleterre, où il vit aujourd'hui avec sa femme, le mannequin Susie Bick.

Il parle à une passagère assise sur la banquette arrière qui n'est autre que Kylie Minogue - chanteuse australienne avec laquelle il a enregistré le succès Where the Wild Roses Grow. Sa compatriote prend conscience de la peur de Cave de tomber dans l'oubli.

Le film - présenté en avant-première au festival américain de Sundance et au festival international de Berlin - montre aussi Cave mangeant une pizza avec ses jumeaux devant un film violent, ou déjeunant d'un plat d'anguilles avec son collaborateur de longue date Warren Ellis.

Cave - dont le deuxième roman The Death of Bunny Munro et de nombreuses chansons sont empreintes de références sexuelles - raconte également à son thérapeute sa première expérience sexuelle et comment son père avait l'habitude de lui lire le controversé chef d'oeuvre de Nabokov Lolita.

Iain Forsyth, qui a réalisé le film avec Jane Pollard, explique que dans ce documentaire «le mythe fait autant partie de l'histoire que le reste. En fait, il est l'histoire».




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