No Cameras Allowed: entrées musicales par effraction

James Marcus Haney et Christopher Lovello ont marché... (Photo Mark RALSTON, AFP)

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James Marcus Haney et Christopher Lovello ont marché cette semaine sur le tapis rouge au gala des MTV Music Award, à Inglewood (Californie).

Photo Mark RALSTON, AFP

Un spectacle à guichets fermés ou des coulisses sous haute sécurité? C'est l'adrénaline à laquelle a carburé James Marcus Haney pendant trois années.

Depuis qu'il a réussi à entrer sans payer à Coachella, en 2010, l'ex-étudiant en cinéma vit une succession de folles aventures qui lui ont permis de se faire passer pour un photographe professionnel dans plusieurs grands festivals de musique (Glastonbury, Bonnaroo, Ultra) et de tourner avec Mumford & Sons et Edward Sharpe.

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Son imposture l'a même mené aux premières rangées du gala des Grammy, en 2013.

Grâce à un documentaire relatant ses entrées par effraction musicales (le bras garni de faux bracelets ou après avoir passé la nuit dans des toilettes chimiques), le Californien de 26 ans est en voie d'asseoir sa carrière de cinéaste un peu partout dans le monde.

En location sur iTunes, No Camera Allowed - produit par la boîte Fake Empire - a eu droit à une première sur les ondes de MTV, hier soir. Au-delà des images de coulisses inédites, notamment avec le groupe Mumford & Sons (qui est devenu proche du réalisateur), James Marcus Haney rend hommage au sentiment jubilatoire de communion qui anime la foule d'un festival.

Le jeune cinéaste donne aussi une touche personnelle à son film en présentant des témoignages de sa copine Kelly (la raison pour laquelle il est allé au festival Coachella pour la première fois) et de ses parents (découragés que leur fils abandonne ses études en cinéma pour suivre des groupes en tournée).

Haney a consacré la fin de son film à une virée en autocaravane avec une dizaine d'amis, de Los Angeles au festival Austin City Limits. Tous ont réussi à entrer sans billet officiel - même son ami en fauteuil roulant.

L'histoire de James Marcus Haney ne s'invente pas. Jeudi dernier, le réalisateur a répondu à nos questions.

Q+R

Le premier festival où tu as réussi à te faufiler est Coachella, en 2010. Quand as-tu décidé que cela ferait un bon sujet de film?

Après plusieurs festivals, lors de la tournée en train Railroad Revival (avec Mumford&Sons et Edward Sharpe). J'avais tourné plusieurs courts métrages et j'ai envisagé la possibilité d'en faire un long métrage.

As-tu été surpris de constater à quel point la sécurité des festivals comporte des failles?

Oui, mais ce n'est pas ce que je retiens le plus de mon film. Le truc le plus gratifiant est de se retrouver dans la foule. Dans les festivals, il y a un grand esprit de communion. Les gens vivent le sentiment incroyable d'échapper au quotidien.

Tu as décidé de mettre ta vie personnelle en parallèle dans ton film [Marcus Haney s'adresse périodiquement à la caméra], notamment en y montrant tes parents qui voulaient que tu poursuives tes études universitaires. Quand as-tu pris cette décision de scénarisation?

Pendant le montage. Ma vie explique pourquoi j'ai fait tout ça. Et cela distingue mon film d'un simple documentaire rock.

Le film nous donne parfois l'impression que ce que tu vis est trop beau pour être vrai. Est-ce que des gens te demandent si tu n'as pas romancé certains événements?

Oui. Surtout quand les gens voient la bande-annonce. Mais si quelqu'un croit que tout est mis en scène par MTV, il n'a qu'à interroger tous les gens du film. Les artistes n'auraient pas apposé leur nom à un truc qui n'est pas authentique.

Ton film évoque Almost Famous de Cameron Crowe [où un adolescent se retrouve en tournée avec un groupe pour un article du magazine Rolling Stone en 1973]. En 2014, est-ce que la tournée typiquement sexe, drogue et rock'n'roll existe encore?

Je n'ai pas encore vu ce film, mais tout le monde me le recommande! Mais oui, on y vit encore des débauches difficiles à soutenir pour le commun des mortels. Ça dépend des groupes.

La libération de droits des images a-t-elle été ardue? Pour Mumford

Nous sommes devenus amis, alors quand Mumford & Sons a accepté d'apparaître dans le films, les autres groupes ont embarqué et il n'y a pas eu trop d'embûches.

No Cameras Allowed t'a ouvert des portes, a même changé ta vie. Tu as eu la chance de présenter ton film à Montréal, le 30 juillet dernier, dans le loft du Mile End de Nomad Nation. Dans quelles circonstances ta visite a-t-elle eu lieu?

Il y avait 250 personnes réunies dans un loft hyper cool juste à cause du bouche-à-oreille, grâce à mon ami vidéaste montréalais Matt Joycey, que j'ai rencontré au festival South by Southwest (SXSW). Je suis maintenant amoureux de Montréal. J'ai même prolongé mon voyage pour assister à la première journée d'Osheaga. Je devais malheureusement partir pour aller filmer des amis musiciens à Lollapalooza.

Comment se dessine l'avenir de ta carrière de cinéaste? Veux-tu rester dans le domaine de la musique ou réaliser un jour un long métrage de fiction?

Je suis super occupé à tourner avec des groupes importants en ce moment, mais je n'ai pas le droit de les nommer. Je tourne aussi des clips Elysium du groupe londonien Bear Den] et j'ai deux documentaires musicaux en chantier, dont Austin to Boston [bande-annonce ci-dessous]. Je veux certainement rester derrière la caméra. Et tourner un film de fiction est mon rêve.

Pour suivre les aventures de James Marcus Haney: jamesmarcushaney.com




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