Acid Arab: musiques orientales à l'occidentale

Comment décrire la musique d'Acid Arab? «Au-delà du... (Photo: fournie par le groupe)

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Comment décrire la musique d'Acid Arab? «Au-delà du monde arabe, nous intégrons les musiques indiennes, perses ou même grecques. Récemment, nous avons commencé à nous intéresser à la Chine, au Japon, à la Thaïlande», explique le DJ et réalisateur français Guido Minisky.

Photo: fournie par le groupe

D'ascendance acid house? Assurément. Arabes? Aucunement. Inspirés? À coup sûr. Les DJ d'Acid Arab forment un duo parisien dont l'objet est de fondre les musiques orientales dans le beat électronique, qu'il fût house, techno ou toute autre sous-tendance issue de la souche originelle.

«L'acid house, c'est la musique des ghettos américains, créée à la fin des années 80. Musiques de Detroit et de Chicago. L'Orient a longtemps été le ghetto de l'Occident, d'où Acid Arab. Nous essayons de faire des musiques orientales avec une approche occidentale», explique sommairement Guido Minisky, DJ et réalisateur français faisant équipe avec le compatriote Hervé Carvalho.

Ces mecs soutiennent avoir repris ces codes de l'Est et utilisé des technologies analogiques afin de créer du neuf: une musique orientale de facture «acid» opposant «la froidure de la techno au pouvoir dramatique et émotionnel de la musique orientale».

Guido et Hervé, résume-t-on de leur page Facebook, auraient pris la claque lors d'un voyage en Tunisie avec DJ Gilb'R, pointure de l'électro française et propriétaire du label Versatile. Ils ont alors convaincu une quinzaine d'artistes de réaliser chacun une pièce pour la compilation Acid Arab Collections. I:Cube s'est mis à la tâche en recréant «le bon vieux temps», Crackboy a remixé le Syrien Omar Souleyman et ainsi de suite. Les appuis sont venus de partout depuis la sortie de cette compilation en 2013: Gilles Peterson, Radio Nova... Même notre Tiga national a remixé Acid Arab.

«L'année prochaine, prévoit notre interviewé joint à Paris, nous ferons un album exclusivement constitué de nos compositions. Nous espérons d'ailleurs inviter des musiciens à nous accompagner au ney, à l'oud, à la darbouka, etc. Et puisqu'il se trouve plein d'artistes orientaux, moyen-orientaux ou nord-africains à Paris...»

Merci à l'internet

Guido aura 42 ans lors de son escale à Montréal, Hervé en a 31. Avant la naissance d'Acid Arab (il y a deux ans), ils étaient DJ dans les soirées parisiennes et françaises. Hervé était «du côté de la house», Guido faisait «un peu de tout».

«Pour moi, dit ce dernier, la musique orientale a acquis cette place grâce à l'internet. Quand j'ai grandi, il fallait acheter la musique dans un magasin; il fallait quelqu'un pour conseiller. À moins d'être cultivé, bien entouré ou riche, il était impossible de s'intéresser aux musiques du monde pour un adolescent de ma génération. Aujourd'hui, on peut tout découvrir.»

D'autres étapes ont été marquantes, souligne le DJ et réalisateur.

«Il y a quelques années, relate-t-il, je m'étais étonné de découvrir de la musique électronique venue d'ailleurs, des pays du tiers-monde, comme on les nommait autrefois.»

Carvalho et Minisky s'intéressent aussi aux enregistrements classiques de la musique arabe, quoique...

«Farid El-Atrache ou Mohamed Abdel Wahab, c'est passionnant, impeccablement écrit et arrangé, mais... ce n'est pas ce qui nous intéresse le plus. On s'est trouvé plus d'affinités avec des artistes moins connus, à l'exception de Ziad Rahbani [le fils de Fairouz], dont on est ultra-fans. Nous recherchons des enregistrements plus aventureux, en fait.

«Au-delà du monde arabe, nous intégrons les musiques indiennes, perses ou même grecques. Récemment, nous avons commencé à nous intéresser à la Chine, au Japon, à la Thaïlande.»

En France et ailleurs

Guido et Hervé tournent surtout en France (jusqu'à maintenant), mais ils ont quand même pu se produire au Portugal, en Suisse, en Turquie, en Égypte, en Angleterre, en Allemagne.

Et comment le public arabe perçoit-il ces non-Arabes qui font de l'acid arab?

«En Égypte, ce fut fantastique. Oui, on nous a déjà dénigrés parce que nous n'étions pas vraiment arabes. Il n'y avait rien à répondre à cela. Nous ne disons pas que nous sommes arabes; nous disons que notre musique est influencée par le monde arabe et l'Orient. Oui, nous sommes un peu des touristes... et il n'y a aucun problème à l'être. Il faut assumer qui on est.»

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Sur la place des Festivals, ce soir, 20h30, dans le cadre des festivals MEG et Présence autochtone (en partenariat); à la croisière du MEG Boat, demain soir, dès minuit.




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