Canailles: huit têtes valent mieux qu'une

Sept des membres du «groupe à huit têtes»... (Photo: David Boily, La Presse)

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Sept des membres du «groupe à huit têtes» Canailles: Antoine Tardif, Benjamin Proulx-Mathers, Jean-Philippe Tremblay, Erik Evans, Annie Carpentier, Daphné Brissette et Alice Tougas St-Jacques.

Photo: David Boily, La Presse

Caroline Rodgers
La Presse

Après deux ans de tournée avec Manger du bois, leur premier album, les membres de Canailles avaient besoin de prendre une pause. Ils reprennent leur souffle depuis quelques mois et lancent cette semaine Ronds-points, nouvel opus composé en réclusion dans un chalet, il y a un an. La Presse a rencontré deux membres du groupe: Daphné Brissette, chanteuse, et Erik Evans, multi-instrumentiste.

Rares sont les groupes musicaux qui comptent huit membres. Cela donne à Canailles la réputation d'être un peu bordélique sur scène, mais cela comporte aussi ses avantages.

«La démarche qu'on a suivie pour écrire Ronds-points ne se compare pas du tout à celle de Manger du bois, dit Daphné Brissette. Notre premier album était très naïf et spontané. J'étais nouvellement chanteuse; je n'avais jamais composé. Pour le deuxième, on s'est posé des questions sur les textes, on s'est demandé quelles émotions on voulait créer. Mais la plus grande différence, c'est que, cette fois-ci, le travail d'équipe était beaucoup plus important.»

Ce bouillonnement d'idées à huit a permis de faire de petits miracles en un temps limité.

«Il y a eu des surprises, dit la chanteuse. À un moment donné, j'avais un texte en tête, mais le côté musical n'avançait pas du tout. Je me suis isolée avec Annie Carpentier [voix, planche à laver] et on a trouvé une mélodie. Ça a donné Breakers, une chanson très soul et même pop radiophonique. Jamais on n'aurait pensé sortir quelque chose comme ça. Titanic, aussi, ç'a été une surprise. On l'a écrite en une journée.»

Tout est possible

Ce sont surtout Daphné, Erik, Dan Tremblay et Alice Tougas qui composent les chansons. Ils proposent des idées de textes ou de mélodies au groupe. À partir de là, tout peut arriver.

«Quand l'un de nous arrive avec un squelette de chanson, il y a une multitude de possibilités. C'est la partie la plus intéressante de la création et la beauté de travailler avec des instruments acoustiques. On peut aller dans toutes les directions; l'important, c'est de ne pas se perdre.»

La plupart du temps, la chanson finale ne ressemble pas du tout à l'idée que s'en faisait son auteur au départ.

«Je suis toujours étonné de voir ce que ça donne, dit Erik Evans. Entre l'idée de base et ce qu'elle devient, l'écart est énorme. On sait dans quelle direction on va, mais on ne sait pas comment ça va sonner, à la fin. Une des particularités de travailler à huit, c'est qu'on peut passer trois heures à essayer d'ajouter un élément dans une chanson parce que c'est l'idée d'un membre du groupe, pour finalement l'enlever parce que ça ne fonctionnait pas.»

Quand une idée est écartée, il arrive bien sûr que son auteur ait de la peine, mais il finit généralement par admettre qu'elle ne servait pas la chanson. Huit ego à gérer, ce n'est pas toujours de tout repos!

«C'est un peu comme dans une famille. Il peut y avoir des prises de bec, mais ça ne dure pas. Une heure après, on s'embrasse et on prend une bière ensemble», laisse entendre Erik Evans.

Tournée

«Quand on a sorti Manger du bois, on n'avait pas d'objectif de ventes en tête, dit Daphné. On voulait surtout avoir une carte de visite pour se faire connaître et donner des spectacles. Sur ce plan, ç'a vraiment été une réussite, car on a voyagé partout. Juste l'an dernier, on a donné autour de 150 spectacles.»

Depuis Manger du bois, Canailles a non seulement joué dans tout le Québec, mais le groupe a aussi exploré le Canada - surtout ses deux extrémités, Terre-Neuve et le Yukon - ainsi que la France, la Belgique, l'Allemagne et l'île de La Réunion! La plupart du temps, à l'invitation de festivals.

Avec un spectacle renouvelé par l'arrivée de Ronds-points, l'année 2014 s'annonce tout aussi occupée. L'été de la formation est très chargé et elle retourne en France au mois d'août. La possibilité d'un spectacle à Montréal à l'automne est aussi dans l'air.

«Chaque fois qu'on retourne quelque part, ceux qui étaient venus nous entendre la première fois reviennent et ils amènent leurs chums. La troisième fois, c'est le gros party

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FOLK TRASH. Canailles, Ronds-points, Grosse boîte. Sortie mardi prochain.




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