Arcade Fire à sa forme classique? Sur scène, cependant...

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Arcade Fire était en prestation mercredi soir au Centre Bell de Montréal.

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Fausses publicités projetées au-dessus de la scène, fausses promesses, fausses pressions exercées sur le consommateur, contenus infiniment vides, assortis de l'animation exagérément quétaine d'un personnage virtuel autour duquel deux boules disco faisaient réfléchir une lumière bleutée dans les gradins.

Et quoi encore?

Au terme de ce préambule pour le moins évocateur, le concert de la tournée Infinite Content 2017 d'Arcade Fire a très vite décollé en ce mercredi soir de septembre, au Centre Bell.

Sur un riff disco portant un air de Beethoven enchaîné d'un montage sonore des plus criards, les musiciens du supergroupe montréalais se sont dirigés vers une scène centrale évoquant un immense ring de boxe. La chanson titre du nouvel album, ABBAesque comme on l'avait déjà noté, a dressé la nappe. Signs of Life baignée de bleu et de rouge, fut ensuite exécutée sur un rythme non sans rappeler le style dance punk de James Murphy. La tension festive a monté d'un cran, inutile de le souligner. 

Le groupe montréalais a eu alors recours à des valeurs sûres, soit un retour vers l'album Funeral avec Rebellion (Lies) question de faire exploser la place avec une longue conclusion percussive. L'énergie de la scène centrale était à son max lorsque Win Butler et ses collègues nous ont balancé une version tonitruante de Here Comes the Night Time, conclue sur un furieux mélange de rock et de rara haïtien.

Avant que Régine Chassagne ne procède à l'interprétation d'Haïti sous de nouveaux arrangements, son conjoint a livré un vibrant plaidoyer pour l'ouverture montréalaise aux migrants. Dans le tapis, le rock a repris ses droits avec l'exécution de No Cars Go, autre incontournable coiffée par la répétition de cette phrase à la manière d'un mantra:  « Between the click of the light and the start of the dream », le tout enveloppé d'un choeur de masse. Très beau!

Sous une averse de faisceaux bleus, Régine a exploré ses plus hautes fréquences de la chanson Electric Blue, criante de lucidité, certes l'une des plus pertinentes de l'opus Everything Now. Win poursuivait ensuite avec Put Your Money On Me, dont le titre résume parfaitement l'état du narrateur. Les gradins se sont illuminés, Neon Bible était chantée sous un ciel étoilé, néanmoins inquiétant.... « It's the neon Bible, the neon Bible Not much chance for survival... »

Caractérisée par de superbes chants monodiques, Neighborhood #1 (Tunnels) nous rappelait la fureur et la puissance de l'album Funeral. C'était un peu moins évident avec la relecture subséquente de The Suburbs, une pièce au tempo moyen, de facture quasi générique, suivie de la planante The Suburbs (Continued) et d'un net regain d'énergie avec Ready to Start, rock typique d'Arcade Fire. Les boules disco à facettes se sont remises en marche et, sous les rayons multicolores, la voix aiguë de Régine fut le véhicule de Sprawl II (Mountains Beyond Mountains), autre extrait de The Suburbs.

Retour à la patte LCD Soundsystem avec la pièce titre de l'album Reflektor, l'occasion d'une rare avancée bilingue « ...Entre la nuit, la nuit et l'aurore Entre les royaumes, des vivants et des morts If this is heaven I don't know what it's for... »  Comme son titre l'indique, Reflektor était aussi le moment  idéal pour orchestrer une pluie de lasers, de servir Afterlife et augmenter le tempo avec Infinite Content avant de nous plonger dans un audacieux maelström sonore.

L'auditoire était fin prêt pour recevoir Creature Comfort, l'un des grands crus d'Everything Now,  ainsi que le classique Neighborhood #3 (Power Out), applaudi à tout rompre avant les rappels pendant que le groupe s'éclipsait dans un épais brouillard de glace sèche.

Arcade Fire réapparaîtra sur le ring, Win Butler arpentera le parterre en chantant We Don't Deserve Love, au croisement de la synthpop et de l'americana.  L'air d'Everything Now (Continued) sera entonné par le groupe et son public, ce sera une fausse conclusion. Wake Up, hymne absolu d'Arcade Fire, sera la vraie.

Est-ce vraiment nécessaire d'ajouter que la foule de 14 400 fans était beaucoup plus considérable que celle de 5000 recensée la veille à Québec... comme prévu et pour les raisons que l'on sait. À Montréal , Arcade Fire demeure un fleuron même si le supergroupe ne soulève peut-être plus des passions aussi ferventes. 

L'accueil du dernier album est moins considérable, le noyau des fans a vieilli un tantinet, AC n'a pas procédé à d'importantes réformes esthétiques, il y a même lieu de se demander s'il  a atteint sa forme classique mais bon... L'avenir nous le dira. En attendant, on ne peut bouder son plaisir devant une performance de cette envergure.

Modeste... Wolf Parade

Il y avait bien peu de fans lorsque Wolf Parade a amorcé sa prestation, vers 19 h 35, certes davantage une demi-heure plus tard mais. Dommage pour la qualité de l'écoute et l'intelligibilité relative du son... les fans d'Arcade Fire auraient pu découvrir ou redécouvrir deux des meilleurs songwriters canadiens en pleine possession de leurs moyens, soit Spencer Krug (voix, claviers) et Dan Boeckner (voix, guitare, claviers) auxquels se joignent le batteur Arlen Thompson et le multi-instrumentiste Dante DeCaro (basse , guitares, claviers).

L'an dernier à Osheaga, ces messieurs avaient repris leurs activités au sein de cette formation mise en suspens au tournant de la décennie. Cry Cry Cry, un premier album depuis 2010 sera lancé en octobre chez Sub Pop, on en a d'ailleurs goûté quelques exclusivités... visiblement en rodage. Avant de se prononcer sur la qualité de son nouveau matériel, il faudra assurément revoir cette formation cruciale pour le son indie rock montréalais des années 2000. De prime abord, rien n'indique quelque virage majeur après toutes ces années d'accalmie et quelques mois de reprise d'activités. Ne nous fions pas à cette impression d'aréna, c'est une histoire à suivre.

LISTE DES CHANSONS AU PROGRAMME 

1. Everything Now - Everything Now

2. Signs of Life - Eveything Now

3. Rebellion (Lies) - Funeral

4. Here Comes the Night Time - Reflektor

5. Haïti -Funeral  

6. No Cars Go - Neon Bible

7. Electric Blue - Everything Now  

8. Put Your Money on Me - Everything Now

9. Neon Bible - Neon Bible

10. Neighborhood #1 (Tunnels) - Funeral

11. The Suburbs - The Suburbs

12. The Suburbs (Continued) - The Suburbs

13. Ready to Start - The Suburbs

14. Sprawl II (Mountains Beyond Mountains) - The Suburbs   

15. Reflektor - Reflektor

16. Afterlife - Reflektor

17. Infinite Content  - Everything Now                                                                                                                                                                    

18. Creature Comfort - Everything Now

19. Neighborhood #3 (Power Out) - Funeral

RAPPELS

20. We Don't Deserve Love - Everything Now 

21. Everything Now (Continued) - Everything Now

22. Wake Up  - Funeral




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