Bob Dylan au Centre Bell: pas tout de suite, le musée

Bob Dylan... (PHOTO KI PRICE, ARCHIVES REUTERS)

Agrandir

Bob Dylan

PHOTO KI PRICE, ARCHIVES REUTERS

Partager

Francis Cabrel, qui rate rarement un concert de Bob Dylan, est de ceux qui aimeraient bien l'entendre jouer ses classiques comme on les a connus sur disque, mais il sait que ça n'arrivera pas.

«Donc j'attends chaque soir au milieu de tout un tas de chansons un peu déconstruites, un ou deux petits miracles: tout d'un coup il s'applique sur un ou deux titres, comme s'il nous disait ça vous fait plaisir, mais dans cinq minutes je recommence ma façon de revisiter mon propre répertoire», nous disait Cabrel la semaine dernière.

Bob Dylan a moins donné l'impression de jouer à cache-cache avec sa légende, vendredi soir au Centre Bell. Il n'a pas boudé ses immortelles, au contraire, en commençant par I'll Be Your Baby Tonight, servie à la country-boogie. Mais tout de suite après, sa très belle Girl From The North Country était parfaitement méconnaissable. Il a fallu que l'homme au chapeau assis au piano sorte son harmonica pour que les 7192 spectateurs trouvent leurs repères.

Il y a eu de ces petits miracles dont parlait Cabrel: la dynamique intro à l'harmonica de Tangled Up In Blue, par ailleurs très réussie; le blues senti de Early Roman Kings, seule chanson du dernier album Tempest, qui dit bien que le Dylan du 21e siècle est plus proche que jamais des racines de la musique de son pays qui vont particulièrement bien à l'antique Highway 61 Revisited, chaudement applaudie; une Ballad of a Thin Man mordante qui n'avait rien à envier à l'originale; la foisonnante Desolation Row, le cadeau qu'on n'espérait plus; et le doublé Like a Rolling Stone-All Along the Watchtower, juste avant le rappel.

Par contre la superbe ballade To Make You Feel My Love était vraiment desservie par la voix de corneille enrhumée de Dylan. Le charme d'antan n'opère plus tout à fait mais ce n'est sûrement pas parce que Dylan ne se donne pas totalement à sa musique. Hier, il était dangereusement en forme. Si à 71 ans, le monument préfère poursuivre sa tournée sans fin plutôt que se retirer au musée, c'est parce qu'il prend son pied en jouant avec ce groupe de cinq musiciens dont il dit que c'est le meilleur de ses 50 ans de carrière. Mark Knopfler aussi s'amuse vraiment avec ses sept musiciens. Il faisait bon renouer avec sa guitare lyrique et son mélange de country-rock, de folk, de rockabilly et de blues en début de soirée. Le public de Dylan a vraiment goûté ce survol de sa carrière solo qui s'est conclu 75 minutes plus tard par la seule pièce de Dire Straits au programme: So Far Away.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Arts

Tous les plus populaires de la section Arts
sur Lapresse.ca
»

publicité

la boite:1600147:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer