La Compagnie créole: 30 ans d'amour!

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La Compagnie créole réchauffe le coeur du Québec depuis plus de 30 ans et c'est pour célébrer ces décennies d'amour que le groupe antillais annonce une nouvelle tournée pour 2018, ainsi que deux nouveaux albums. La Presse a rencontré Clémence Bringtown et José Sébéloué lors d'un récent passage à Montréal pour discuter de l'incroyable longévité de leur groupe.

Une énorme foule avait assisté au spectacle de... (Photo Bernard Brault, archive sLa Presse) - image 1.0

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Une énorme foule avait assisté au spectacle de La Compagnie créole aux FrancoFolies, en 2010.

Photo Bernard Brault, archive sLa Presse

Les maîtres du ver d'oreille

Faites le test dans votre entourage. Tout le monde connaît les chansons de La Compagnie créole, même ceux qui lèvent le nez sur cette joyeuse formation. Et généralement, on ne connaît pas un ou deux de leurs succès, mais bien une douzaine. Ba moin en ti bo, Le bal masqué, Ça fait rire les oiseaux, La machine à danser, C'est bon pour le moral, Collé collé...

La liste est longue et la simple évocation de ces titres, qui se fichent directement dans votre tête pour ne plus jamais en sortir, rappelle vos meilleures soirées de karaoké, des partys de mariage, un voyage dans un tout-inclus, jamais quelque chose de triste.

Qui n'a pas chanté ou dansé au moins une fois sur la musique de La Compagnie créole ? Comment expliquer cet envoûtement qui n'épargne personne ? José Sébéloué a son explication.

« Faire un premier tube, c'est un accident. Faire un deuxième tube, c'est plus difficile. Un troisième, c'est encore pire et ainsi de suite. Je crois qu'on a été bien conseillés. Notre premier producteur n'a pas sauté sur la première occasion pour faire une tournée. On ne s'est pas basés sur un seul succès. On a attendu d'en avoir plusieurs pour pouvoir mener à bien un spectacle. Tenir en haleine le public avec un titre fort, ce n'est pas suffisant. On peut tenir en haleine le public pendant deux heures, je crois que c'est ce qui s'est passé et c'est ce qui se passe encore. »

Le Québec, une relation pribvilégiée

La Compagnie créole est célèbre dans toute la francophonie, mais entretient des liens particulièrement forts avec le Québec, et cela, depuis ses débuts, dans les années 80.

« C'est une grande et belle histoire d'amour, estime Clémence Bringtown. Nous avons découvert le Québec lors d'un téléthon, avec C'est bon pour le moral. Ensuite, le producteur Jean-Claude L'Espérance nous avait organisé une tournée promotionnelle. Nous avions commencé avec le Théâtre St-Denis. Et là, on a vraiment eu un choc. On a capoté, comme vous dites, devant ce qu'on a vu, la réaction des gens. Ça nous a rassurés, car on a compris qu'on était vraiment avec un public qui nous aimait. On a eu envie de le conserver et d'entretenir cette relation, depuis 30 ans. J'en profite pour remercier les Québécois d'avoir eu cet honneur de nous aimer comme ils nous aiment. »

« Le public québécois a été plus réceptif, se souvient José. Je crois que les Québécois ont un point en commun avec les Antillais. Il y a ces mêmes expressions qui se ressemblent. Comme "il fait frette". Quelque part, on parle un peu le même langage, donc on ressent un peu les mêmes choses. Et il y a ici un besoin de soleil... »

Quelques souvenirs

En trois décennies de tournées au Québec, les membres de La Compagnie créole ont accumulé beaucoup de souvenirs, comme lors de leur dernier spectacle aux FrancoFolies en 2010, qui a attiré une énorme foule. José se souvient en particulier de jeunes spectateurs qui tenaient une banderole « La Compagnie créole not dead » ! « Ça fait chaud au coeur. Il n'est pas question de mourir et il n'est pas question d'abandonner notre public. » Il se souvient aussi d'une prestation sur un char allégorique lors d'un carnaval à -30°C... Clémence aime se rappeler les cris du public en délire lors de leur spectacle au Centre Bell ainsi qu'un enfant malade qui adorait le groupe et avec qui elle a entretenu une correspondance. « Il aimait danser sur C'est bon pour le moral et il m'avait écrit qu'il allait guérir et venir la chanter avec nous sur scène. Et il est monté sur scène en 2014. C'était un moment magique, merveilleux. » José se souvient même d'une femme qui lui avait confié que Ça fait rire les oiseaux l'avait empêchée de se suicider. « On se demande si c'est vrai ou pas, mais c'est probable. Aujourd'hui, des anecdotes du genre, nous en avons plein. Nous sommes un peu innocents là-dessus, on ne fait que chanter nos chansons, mais peut-être qu'on le fait avec tellement de sincérité que le public perçoit cela. »

Chanter joyeusement dans un monde triste

Pour les blasés et les cyniques, les chansons de La Compagnie créole, impitoyablement joyeuses et festives, sont probablement une torture auditive, mais ces gens sont un peu morts en dedans. José croit que le groupe peut se vanter, pour l'avoir vécu souvent, de faire réagir « même les plus froids et les plus réticents ».

En 30 ans, le monde ne s'est pas vraiment amélioré, mais la musique du groupe n'a jamais cessé d'avoir un sens pour ses membres.

« Ça nous a toujours frappés, la réception du public par rapport à la gaîté, la joie de vivre, l'optimisme, note Clémence. On a l'impression que le monde a besoin de ça, et de croire en un avenir meilleur. »

« Si on n'a pas d'espoir, je crois qu'on arrête de vivre tout de suite, poursuit José. Je pense que c'est quelque chose qui est en nous naturellement. Je me souviens de ma mère qui, quand elle avait de la misère, chantait. »

Bien sûr, José et Clémence n'ont pas constamment le piton « collé collé » sur le bonheur, mais leur métier a souvent été un baume pour eux-mêmes. « Dans notre vie quotidienne, nous avons des problèmes, comme tout le monde, dit Clémence. Puis, on se rend compte sur scène qu'il y a un tel partage et un tel échange avec le public que, eux, ils oublient leurs problèmes et nous aussi. The show must go on. »

Vivre avec le succès

Vendre plus de 60 millions d'albums dans une carrière, ce n'est vraiment pas rien. Qu'est-ce que le succès a le plus changé dans leur vie ?

« Rien, répond José, du tac au tac. On est restés comme on est. On le prend avec le sourire. On ne tient pas les comptes. Quelque part, nous avons une certaine valeur qu'on ignore parce que nous sommes restés simples. On est conscients d'avoir du succès, on a tout fait pour, sans pour autant croire qu'on est sur un piédestal et au-dessus de tout le monde. »

Clémence précise que le groupe est né dans une période beaucoup plus faste du monde musical. « C'était plus facile pour un artiste de faire carrière, je dirais. Les gens achetaient des disques. Ce qui est important est de ne jamais dormir sur ses lauriers. Si nous n'avions pas entretenu la scène, nous ne serions pas là aujourd'hui. Le public nous suit parce qu'on continue. Il faut travailler dur, aimer son public, avoir de l'humilité et la tête froide. »

LA COMPAGNIE CRÉOLE... NOUVELLE GÉNÉRATION

En plus d'annoncer une nouvelle tournée au Québec pour 2018, qui sera basée sur leurs plus grands succès chez nous, La Compagnie créole sortira le 24 mars deux nouveaux albums. La compilation 30 ans de fêtes au Québec - ce sont des pros de la compil ! - proposera des versions remixées de leurs titres les plus connus. Mais ils sont particulièrement fiers d'avoir créé un album pour enfants, Les comptines de La Compagnie créole. « Je veux demander à tous les Québécois d'écouter cet album, parce que vous allez aimer ça, dit José. Ça peut sembler un peu niais, mais on a été agréablement surpris du résultat. » Clémence précise qu'on y retrouve tout plein de styles, du reggae à la biguine, en passant par le disco. « On s'est vraiment éclatés. On revient au moment de l'enfance et c'est très varié. C'est formidable, car c'est un trait d'union intergénérationnel. » C'est aussi un peu ça, le succès de La Compagnie créole, qui est sans aucun doute un groupe pour les 7 à 77 ans.

Au Théâtre St-Denis, le 1er et le 23 février 2018, et à Québec, à la salle Albert-Rousseau, le 4 mars 2018. La tournée s'arrêtera aussi dans plusieurs villes du Québec. 

La Compagnie créole, c'est....

  • Un groupe fondé en 1975 par Clémence Bringtown, José Sébéloué, Guy Bévert, Julien Tarquin et Arthur Apatout (qui ne fait plus partie du groupe). Ses membres sont originaires de la Martinique, de la Guadeloupe et de la Guyane.
  • 60 millions d'albums vendus en carrière
  • Plus de 30 ans de tournées dans toute la francophonie et des millions de billets vendus
  • Une quarantaine d'albums parmi lesquels une quinzaine de compilations de leurs succès




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