Prince, mentor de dizaines de jeunes artistes

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Prince avait aussi envoyé l'an dernier aux médias un téléchargement gratuit du premier album de la chanteuse de R&B Judith Hill, enregistré chez lui à Paisley Park. Selon Prince, la jeune femme va devenir une superstar.

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Shaun Tandon
Agence France-Presse
New York

Prince n'a pas d'enfant biologique, mais il laisse derrière lui de nombreux protégés, pour qui l'icône de la pop représentait un mentor bienveillant, et parfois même davantage.

Pour des dizaines d'artistes, principalement des femmes qu'il a sorties de l'anonymat, Prince était devenu à la fois un producteur et une figure paternelle qui les invitait dans le sanctuaire de Paisley Park, sa propriété de Minneapolis.

Prince, décédé brutalement la semaine passée à l'âge de 57 ans, était connu pour son énergie débordante et sa capacité à jouer de n'importe quel instrument avec talent. Mais il adorait également travailler avec des musiciens moins connus, certains ayant même joué avec lui dans un de ses précédents groupes, The Revolution.

La percussionniste Sheila E. et la chanteuse Sheena Easton, la «reine du funk» Chaka Khan ou la danseuse-chanteuse-actrice Carmen Electra font ainsi partie des artistes qui ont vu leur carrière décoller grâce à Prince.

Cet infatigable créateur a également écrit des titres à succès pour d'autres chanteurs, dont Nothing Compares 2 U pour Sinead O'Connor, ou Manic Monday pour The Bangles, mais avec la plupart de ses protégés, il semblait préférer rester en retrait plutôt que de pousser ses propres créations.

Ingrid Chavez, poète, auteur et photographe, a rencontré Prince en 1987 dans un bar, quand elle vivait à Minneapolis. Elle lui a montré quelques textes et il l'a recontactée quelques nuits plus tard.

«Il m'a dit: «J'ai un studio et je veux que tu viennes produire quelque chose»», raconte-t-elle à l'AFP.

Peu après, la jeune femme chantait sur l'album Lovesexy de Prince et elle allait même jouer le rôle de sa petite amie dans le film Graffiti Bridge en 1990, suite du classique Purple Rain.

«C'était très surprenant, je n'avais jamais joué la comédie auparavant, et je n'ai plus jamais joué depuis», explique en riant l'artiste qui a aujourd'hui 51 ans.

«Je sais que ça peut sembler idiot, mais je pense qu'il aimait vraiment voir les rêves des gens devenir réalité, s'il pensait que vous aviez assez de potentiel et de confiance en vous», reprend Ingrid Chavez, qui a par ailleurs également coécrit la chanson osée Justify My Love de Madonna.

«Notre confident, notre frère»

Les collaborations entre chanteurs ne sont pas rares, notamment dans le monde du hip-hop, mais la particularité de Prince est d'avoir découvert et promu tant d'artistes, dont beaucoup ne sont pas de grands noms.

Durant les derniers mois de sa vie, il faisait des recommandations chaque semaine sur le site de musique en ligne Tidal, où il a récemment par exemple comblé d'éloges la chanteuse soul peu connue Sidibe.

L'icône de Minneapolis, qui défiait les conventions dans sa manière de sortir ses albums, avait aussi envoyé l'an dernier aux médias un téléchargement gratuit du premier album de la chanteuse de R&B Judith Hill, enregistré chez lui à Paisley Park. Selon Prince, la jeune femme va devenir une superstar.

Connue auparavant pour être une candidate du téléréalité The Voice, Judith Hill a écrit sur Twitter après la mort de Prince qu'elle se sentait dorénavant «toute seule et effrayée», sans l'appui de son mentor.

«Prince aimait être notre sauveur, il aimait nous promettre le monde et être le gars qui pouvait vous l'apporter, qui pouvait vous faire vous sentir invincible», racontait en 2009 Wendy Melvoin, guitariste de The Revolution. Elle notait que si Prince croyait sincèrement dans le talent de ses protégés, ceux-ci n'auraient jamais vendu autant de disques sans son soutien.

«Prince est rapidement devenu plus que «l'artiste» pour nous», a encore confié ces derniers jours sur les réseaux sociaux Hannah Welton, qui assurait la batterie dans le dernier groupe avec lequel Prince jouait, 3rdeyegirl. «Il n'était pas notre «patron», en fait il détestait quand les gens l'appelaient comme ça. Il était notre GRAND ami. Notre mentor. Notre confident. Notre frère. Et il était même devenu une figure paternelle protectrice pour nous».

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