Mort d'André Rousselet, fondateur de Canal+

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André Rousselet en 1982.

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Dominique SCHROEDER
Agence France-Presse
Paris

André Rousselet, qui aura marqué le paysage audiovisuel français en fondant Canal +, propriétaire du groupe de taxis G7, est mort dimanche après-midi à son domicile parisien, à l'âge de 93 ans.

«Il s'est éteint paisiblement chez lui, dans sa 94e année, il était juste fatigué par l'âge», a déclaré à l'AFP l'un de ses fils, Philippe Rousselet.

Fondateur de la chaîne à péage Canal + en 1984 avec le soutien du président François Mitterrand contre plusieurs poids lourds socialistes, André Rousselet avait été son intime.

Il a accompagné la trajectoire du dirigeant socialiste pendant 40 ans avant d'en être l'exécuteur testamentaire.

«André Rousselet était un homme de fidélité. Il avait suivi et servi François Mitterrand», dont il fut le directeur de cabinet après son élection à la présidence, a réagi François Hollande dans un communiqué.

«Il était un des rares à pouvoir s'enorgueillir de son amitié», a souligné le président, saluant un homme qui «a fait de sa vie une grande aventure».

Le premier ministre Manuel Valls a, lui, rappelé qu'André Rousselet était le «fondateur d'une nouvelle chaîne libre et impertinente». Il «était un entrepreneur de gauche, un innovateur hors pair», a-t-il écrit sur Twitter.

«Avec Canal +, c'est un média unique au monde qu'il fonda, aujourd'hui premier partenaire du cinéma français et l'un des moteurs de la création audiovisuelle et cinématographique en Europe», a souligné pour sa part la ministre de la Culture Audrey Azoulay dans un communiqué.

«André Rousselet, grand humaniste, a marqué le monde des entreprises françaises par de très grandes réussites», a estimé le groupe Rousselet (ex groupe G7), soulignant l'attachement de son fondateur «à un modèle d'entreprise qui permet à la fois l'épanouissement des individus et la réussite collective».

Pour la direction de Canal +, André Rousselet «a été un défricheur: il a su développer avec succès un concept de télévision totalement novateur». «Nous lui devons beaucoup. Toutes les équipes de Canal sont profondément émues», a-t-elle souligné dans un communiqué.

De fait, «sans l'intelligence de Rousselet, sans sa combativité, son opiniâtreté, Canal + n'existerait pas», a estimé l'ancien ministre socialiste Jack Lang, saluant «un homme d'une grande fidélité».

«On lui doit tout»

André Rousselet «a changé ma vie, la rendant plus belle», a réagi Pierre Lescure, cofondateur de Canal +, sur Twitter.

«Nous sommes des dizaines, des centaines qui l'avons rencontré en 1984 et dont il a changé la vie». «André Rousselet nous a appris la liberté, la responsabilité, et comment se tenir debout, toujours», a-t-il résumé.

Le journaliste Michel Denisot a salué un «entrepreneur visionnaire». «On lui doit tout. Tristesse. Pensées pour sa famille», a-t-il écrit dans un tweet.

«Au revoir Président», a lancé sur Twitter le réalisateur Dominique Farrugia, qui avait travaillé dès 1984 dans le montage des bandes-annonces de Canal + avant de co-fonder le groupe d'humoristes Les Nuls. «André Rousselet est parti. Sans lui, rien n'aurait été possible».

Première chaîne de télévision à péage française, Canal + avait innové par sa grande liberté de ton dans le paysage audiovisuel français. Lancée dans le scepticisme général, elle avait fini par s'imposer après des débuts chaotiques.

En 1994, André Rousselet avait abandonné son fauteuil de PDG pour protester contre la prise de contrôle de Canal + par un pacte d'actionnaires conclu entre Havas, la Compagnie générale des eaux et la Société générale.

Il en avait rendu directement responsable Édouard Balladur, alors premier ministre, publiant à la une du Monde une tribune dont le titre marquera les esprits: «Édouard m'a tuer».

L'ancien président de l'agence de publicité Havas (1982-86) et ancien député FGDS (gauche non communiste) en 1967-1968, s'était également lancé dans la presse écrite, avec un hebdomadaire, Sports Magazine (1976), qui avait vite cessé sa parution, puis un quotidien, InfoMatin (1994), qui avait fermé dès 1996.

À 93 ans, André Rousselet avait publié ses mémoires, intitulés ironiquement: À mi-parcours.

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