Arnaldur Indridason: les débuts d'Erlendur

Avec Les nuits de Reykjavik, l'Islandais Arnaldur Indridason... (Photo: fournie par Métailié)

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Avec Les nuits de Reykjavik, l'Islandais Arnaldur Indridason prouve une fois de plus qu'il n'est pas nécessaire d'inventer des crimes spectaculaires pour produire de passionnantes intrigues policières.

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Rares sont les héros islandais qui, à l'instar du commissaire Erlendur, ont su s'imposer hors de leurs frontières et nourrir l'imaginaire de lecteurs autour du monde. Plus de 10 ans après sa première enquête, Arnaldur Indridason revient à la genèse de la carrière de son personnage fétiche, policier taciturne et solitaire.

Fidèle à la tradition des polars scandinaves, le romancier islandais construit une intrigue sans artifices ni coups d'éclat. L'atmosphère grisante et familière qu'il sait créer autour d'un simple fait divers, ainsi que sa compréhension troublante des travers de la «société des hommes», suffisent à nous tenir suspendus à chacun de ses mots.

Dans Les nuits de Reykjavik, le patrouilleur de 28 ans cultive déjà une obsession inhabituelle pour les disparitions et se demande si ce n'est pas sa passion pour les destins tragiques qui l'a conduit à s'engager dans la police. Il consacre ses temps libres à étudier des affaires non classées, alors qu'il n'est pas habilité à enquêter. La mort d'un sans-abri, jugée accidentelle, le hante en particulier et le pousse à arpenter les recoins mal famés de la capitale à la recherche de la moindre parcelle d'information.

Erlendur, qui se compare à un «voyageur solitaire et sans but, condamné à une éternelle errance dans l'existence», est l'un de ces héros à qui l'on s'attache sans hésiter, malgré leur caractère renfermé et leur refus de se lier à quiconque - à l'image du Suédois Kurt Wallander ou du Norvégien Harry Hole.

Que l'on connaisse déjà Erlendur ou que ce roman fièrement islandais soit un point de départ, la plume d'Arnaldur Indridason et sa façon de s'immiscer dans l'intimité de ses personnages peut difficilement laisser le lecteur indifférent.

L'écrivain a une fois de plus su prouver qu'il n'est pas nécessaire d'inventer des crimes spectaculaires pour produire de passionnantes intrigues policières. Et celle-ci, en plus de nous transporter dans les nuits d'été «si étrangement claires» de Reykjavik, est l'un de ces romans que les mordus de polars dévorent avec avidité en attendant impatiemment le prochain.

Extrait Les nuits de Reykjavik

«Sentant le sommeil le gagner, il reposa son livre. Il pensait aux nuits de Reykjavik, si étrangement limpides, si étrangement claires, si étrangement sombres et glaciales. Nuit après nuit, ils sillonnaient la ville à bord d'une voiture de police et voyaient ce qui était caché aux autres: ils voyaient ceux que la nuit agitait et attirait, ceux qu'elle blessait et terrifiait. Lui-même n'était pas un oiseau nocturne, il lui avait fallu du temps pour consentir à quitter le jour et à entrer dans la nuit, mais maintenant qu'il avait franchi cette frontière, il ne s'en trouvait pas plus mal. C'était plutôt la nuit que la ville lui plaisait. Quand, dans les rues désertes et enfin silencieuses, on n'entendait plus que le vent et le moteur de leur voiture.»

* * * *

Les nuits de Reykjavik. Arnaldur Indridason. Traduit par Éric Boury. Métailié, 261 pages.

Arnaldur Indridason en quatre romans

La Cité des Jarres

C'est la première enquête du commissaire Erlendur traduite en français, et la seule à avoir été adaptée au cinéma à ce jour par le réalisateur islandais Baltasar Kormákur. Le roman, qui a remporté de nombreux prix et permis aux lecteurs francophones de découvrir l'enquêteur acharné, a notamment servi de prétexte à l'auteur pour remonter dans l'histoire de la société islandaise. Il s'agit d'un incontournable de la série.

La femme en vert

Cette deuxième enquête a également été largement récompensée, entre autres par le Grand Prix des lectrices d'Elle. Arnaldur Indridason, historien de formation, aborde à nouveau son sujet de prédilection lorsque la découverte d'un os humain entraîne Erlendur sur une piste datant de la Seconde Guerre mondiale. Le roman plonge par ailleurs dans la relation problématique qu'Erlendur entretient avec sa fille, Eva Lind.

La rivière noire

Avec La muraille de lave, c'est le premier de deux livres où Erlendur est absent, en vacances dans les fjords de l'Est. Son adjointe, l'inspectrice Elinborg, et son collègue Sigurdur Oli tiennent respectivement le rôle principal dans ces deux enquêtes. Tout aussi prenants que les précédents, ces romans permettent de découvrir des personnages récurrents intrigants et entretiennent le mystère autour d'Erlendur, que l'on est encore plus impatient de retrouver.

Le duel

À la sortie de ce livre, Arnaldur Indridason avait révélé en entrevue au magazine L'Express qu'il s'agissait de la première étape dans la découverte des premières années d'Erlendur dans la police - même si celui-ci n'y apparaît qu'à la toute fin. L'action se déroule en 1972, soit peu de temps avant Les nuits de Reykjavik. C'est le commissaire Marion Briem qui mène l'enquête, un «personnage incontournable à la Criminelle», dira Erlendur quelques années plus tard.

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